Une dernière danse de Victoria Hislop

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Victoria Hislop, Une dernière danse, Les Escales / Le Livrede Poche, Paris, 2014 / 2015

une dernière danseLes romans de Victoria Hislop m’ont longtemps fait les yeux doux et voilà qu’enfin, je m’y suis mise ! La petite histoire dans la Grande, constante de ses romans, est la grande force de cette auteur et je suis tout à fait conquise !

Sonia est une anglaise d’une trentaine d’années qui s’ennuie ferme dans son couple. Quand elle se décide à prendre des cours de salsa, elle ne s’imagine pas jusqu’où cela va la mener… Sa meilleure amie Maggie la convainc de partir quelques jours à Grenade pour prendre des cours sur place, s’exercer dans des bars et pourquoi pas, s’initier au flamenco. Au gré de ses pérégrinations dans la ville, elle s’installe dans un café, El Barril, et commence à discuter avec le patron : de l’histoire de Grenade, des photographies d’un torero et d’une danseuse de flamenco accrochées au mur. L’entente entre Miguel et Sonia est immédiate, et les confidences du vieil homme tout à fait fascinantes et terribles : il va lui conter l’histoire de la famille Ramirez, ancienne propriétaire du café, en plein coeur de la Guerre d’Espagne. La fille, Mercedes, est adorée de ces trois frères qui ne parviennent pas à s’entendre : Ignacio, le torrero aux idées franquistes ; Antonio, le républicain convaincu ; Emilio, le doux rêveur arrimé d’une guitare, qui partage les idées d’Antonio. Les événements de Grenade, l’arrivée en force des franquistes, les persécutions et arrestations aléatoires, vont se mêler aux destins des trois frères et de Mercedes, tombée amoureuse d’un joueur de guitare gitan pour qui elle danse le flamenco. Au coeur de cette guerre civile qui va déchirer l’Espagne, chacun va poursuivre sa destinée, au coeur de Grenade et plus loin, suivre ses idéaux et tenter de survivre coûte que coûte.

Je ne sais même pas par où commencer ma chronique, j’en perds les mots tant ce roman m’a touchée, tant je l’ai trouvé fort, beau et d’une richesse historique inouïe. Ce qui m’a attiré en premier lieu, ce sont les événements historiques que l’auteur nous conte au travers de la famille Ramirez, cette guerre civile dont on parle bien peu dans les programmes scolaires, alors même qu’elle est tellement liée à la Seconde Guerre mondiale et nous montre les ambitions d’Hitler qui a appuyé moralement et militairement Franco et son coup d’Etat. On en sait tellement peu, si ce n’est qu’il y a eu Guernica – merci Picasso – et les brigades internationales – ce qui nous montre tout de même la portée internationale de ces événements à cette époque, et puis aussi que les Républicains se sont opposés au franquisme. Mais ensuite… Pour moi qui ai grandi à la frontière catalane, avec de nombreuses familles aux noms espagnols, cette Histoire est peut-être encore plus importante – nous avons nous aussi une histoire peu fameuse de camps de réfugiés espagnols où ces derniers étaient loin d’être correctement traités et bien mal considérés… Lire ce roman, c’est un condensé de cours d’Histoire qui nous manque, alors même que l’Espagne est un pays prisé des touristes français. Rien que pour cela, je suis plus que ravie d’avoir lu ce merveilleux roman qui m’a permis, enfin, d’en savoir plus – bien que je m’y étais intéressée de moi-même par ailleurs.

Ensuite, les personnages sont extrêmement bien construits, même les secondaires. Il y a évidemment deux histoires, dont on devine le lien assez vite. Tout d’abord Sonia, dans laquelle toutes les trentenaires sans enfants et qui ne sont pas pleinement épanouies se reconnaîtront. Son mari ne supporte pas son attirance pour la danse, et encore moins ces fréquents voyages à Grenade. Elle ne supporte plus son mari alcoolique avec lequel elle n’est plus heureuse et avec lequel elle s’est construite une vie superficielle. Maggie, la voix de la raison, par ses emportements, ses choix de vie marqués au fer rouge des mots “Carpe Diem”, est la compagne idéale dont elle a besoin pour réinventer sa vie. Ensuite, bien entendu, tous les membres de la famille Ramirez, si différents les uns des autres, tous tellement entiers dans leurs opinions et leurs choix, mais se retrouvent toujours autour de leurs parents et notamment leur mère, qui est tellement minée par la mésentente de ses fils et inquiète de la fougue de sa fille. Leurs destins sont à l’image de leurs caractères, et si on sait l’étendue du massacre auquel ils vont faire face, on suit leurs destinées avec un grand empressement. Ce livre est un formidable page turner ! Même si on se doute un peu de la fin…

Comme va si bien le dire Miguel à Sonia, le destin de la famille Ramirez, aussi dramatique soit-il, n’était pas unique en Espagne en ses temps troublés. Mais on ne peut qu’avoir le cœur déchiré en lisant le roman de Victoria Hislop…

Un seul conseil : lisez-le vite !

Ma note : 5/5

J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur lors d’une soirée organisée par le Livre de Poche et Les Escales pour la sortie d’Une dernière danse, et de sa nouveauté parue chez Les Escales, La ville orpheline. Et elle est à l’image de ses livres : généreuse, disponible, s’intéressant aux autres et prête à répondre à toutes les questions possibles. Un moment incroyable que j’ai passé entourée d’autres blogueurs partenaires du Livre de Poche, Emily et Oihana de Café Powell et Michèle de Book’inons, et de Marjorie du Livre de Poche. Encore de superbes rencontres autour des livres !

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