Archives de Catégorie: Kids

Le plus beau des vœux d’Alyson Noël

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Alysin Noël, Le plus beau des vœux, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

LE_PLUS_BEAU_DES_V_UX_hdEn cette période féérique, pleine de magie, que j’affectionne particulièrement, j’aime lire des romans enchanteurs. Quand j’ai découvert cette nouveauté Michel Lafon, la couverture m’a indéniablement attirée. Cette histoire pour adolescents avait tout pour me plaire, bien que l’intrigue ne soit pas d’une très grande originalité et que la fin était prévisible. Mais cela ne m’arrête pas en général, et j’arrive toujours à passer un bon moment. Ici, si le moment a été plutôt bon, je n’ai pas été conquise. Voilà pourquoi.

Mais d’abord, le résumé. Nick Dashaway n’est pas cool. Ses amis ne le sont pas non plus. Or, il rêve de faire partie de cette caste de mecs qui attirent les filles, qui sont bien vus de tous, respectés et assis aux meilleures tables du réfectoire, entourés de copains branchés qui boivent leurs paroles. Alors, quand un concours de chant est organisé dans son collège par une jeune rock star ayant fait ses études dans ce même collège, il y voit sa chance. Il va tout déchirer, sortir un disque, être une star, être au sommet de la coolitude. Et les filles le remarqueront. Mais tout ne se passe pas comme prévu… Quand une amie bien peu cool lui offre une bougie en lui intimant de faire un vœu réfléchi avant de souffler la flamme après sa déconvenue, il finit par tenter sa chance… Et c’est complètement ahuri qu’il se retrouve propulsé dans une nouvelle vie. Une vie où il a tout ce qu’il a toujours voulu : il est célèbre, riche, cool. Il attire toutes les filles, est invité à toutes les fêtes et il a un talent fou. Mais cette popularité est-elle un cadeau si incroyable ? Ne laisse-t-il pas quelque chose de précieux derrière lui ?

Le message de ce roman, s’il peut paraître banal, est plutôt intéressant au vu du public auquel s’adresse l’auteur. Montrer aux adolescents que les rêves de paillettes, la popularité et les succès faciles ne rendent pas forcément heureux, qu’il faut avant tout être soi-même et fidèle à ses principes sont des messages qui ne seront jamais assez martelés à des adolescents. En cela, le roman d’Alyson Noël remplit pleinement son office. Mais au-delà de cela, j’ai trouvé que l’intrigue était bien creuse.

Si, comme je l’ai déjà dit, on s’attend à ce qui va pouvoir arriver au jeune Nick, il reste très ennuyeux de comprendre la construction exacte du roman, ainsi que chaque événement, chaque évolution des pensées du personnage principal. Et ennuyeux est le bon mot : je me suis profondément ennuyée. Les personnages sont caricaturaux, de la jeune fille ambitieuse et opportuniste dont Nick croit être amoureux, le manager qui ne pense qu’à l’argent, la famille qui ne pense plus à l’adolescent qu’uniquement pour obtenir quelque chose, le meilleur ami qui ne profite que de sa popularité, jusqu’à la fille rebelle de l’employé de maison qui l’envoie sur les roses et ne le supporte pas.

On dit qu’il y a plusieurs étapes au deuil. Ici, il semble y avoir plusieurs étapes à la construction de ce type de roman, et chaque partie en développe une : d’abord le souhait de changer de vie, la propulsion dans une nouvelle et la perte de repères, l’enchantement et l’envie de profiter de toutes ces nouveautés inattendues, le début du désenchantement, la décision de repartir dans sa vraie vie, et enfin… la dernière partie dont je ne dirai rien, même si vous devinez expressément de quoi il retourne. Ce que je viens de faire peut s’apparenter à du spoil si tout cela n’était pas évident à la lecture du roman. Et c’est bien dommage.

Parce que si les personnages sont un peu caricaturaux et les aventures du héro un peu convenues, l’auteur aurait pu instiller un peu de subtilité et une pointe de profondeur pour rendre tout ceci moins prévisible. On a tous lu des romans dont on connaissait par avance la fin, et c’est aussi pour cela qu’on les dévore. Que ce soit une histoire d’amour ou autre, on arrive pourtant, dans la plupart des cas, à faire abstraction de la construction du roman ou des caricatures pour plonger dans un environnement qu’on a envie de retrouver. Et bien plus que s’attendre à la fin, on la souhaite. C’est pour cette raison qu’on lit ce genre de roman, autrement on aurait passé son chemin. Ce n’est donc pas tellement la fin prévisible que je regrette, mais bien de ne pas avoir pu faire abstraction de tout le reste. De tourner la page et de me dire, il va se passer cela, untel va venir gâcher la fête, elle n’est pas ce qu’elle prétend, et de ne pouvoir mettre mon cerveau en off pour juste profiter de la lecture.

Il s’agit d’un roman pour adolescents, et j’espère vraiment que c’est parce que je suis adulte que je ne l’ai pas apprécié comme je l’aurais aimé. Mais pour autant, je lis beaucoup de romans pour enfants, adolescents et jeunes adultes, et ce genre de chose m’arrive rarement. Pourtant le personnage de Nick reste attachant, ses craintes et ses peurs, ses souhaits et déconvenues restent crédibles au vu de son âge (bien qu’il nous semble parfois qu’il a 5 à 10 ans de plus). J’espère vraiment que les plus jeunes sauront apprécier ce roman.

Ma note : 2/5

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Alfie Bloom et la sorcière de l’île du Démon de Gabrielle Kent

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Gabrielle Kent, Alfie Bloom et la sorcière de l’île du Démon, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

POUR EVITER TOUS SPOILER ? JE VOUS INVITE À VOUS RÉFÉRER À MES CHRONIQUES DES TOMES 1 ET 2 !

Alfie_Bloom_-_tome_3_hdAlfie Bloom est, depuis deux ans, un rendez-vous incontournable de ma fin d’année. Plein de magie, les romans de Gabrielle Kent sont parfaits pour cette période de l’année. C’est donc pleine d’enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce troisième tome, et encore une fois, la magie a opéré !

Alfie a depuis quelques mois maintenant cette magie enfouie en lui qui veut prendre le contrôle, de plus en plus fort, au point que le druide Orin Hopcraft qui avait caché ces pouvoirs en ce jeune garçon décide de débuter son apprentissage de la magie. Mais Orin ne vit pas dans le même siècle qu’Alfie… Voici donc le jeune sorcier, accompagné d’Amy, sa meilleure amie, de Robin et Maddie, ses cousins, et enfin d’Ashford, la maître d’hôtel qui les supervise, en route vers le passé ! Commencent cours de magie pour Alfie, cours de botanique, herboristerie, runes et autres joyeusetés pour les autres. Mais rapidement, quelque chose cloche dans le village d’à côté, Amy a de drôles de rêves qui semblent plus vrais que nature. Elle y voit une créature des ténèbres qui prend la force vitale d’humains, les laissant à peine vivants. Quand Orin et Ashford sont touchés et qu’ils comprennent que cette créature en a après les pouvoirs d’Alfie, les quatre amis, accompagnés de Bryn, un ami très spécial d’Orin, partent en quête d’aide en la personne d’une sorcière réfugiée sur une île à plusieurs jours de marche du château d’Hexbridge… Une quête pleine de dangers et d’aventures !

Nous retrouvons avec bonheur nos héros pour une nouvelle aventure en plein cœur du passé. Et quelle bonne idée que celle-là ! Ils y découvrent une période inconnue et font face à de nouveaux défis, comme la suspicion envers les étrangers des personnes locales. Mais ce nouveau cadre permet surtout d’amener une nouvelle aventure pleine de rebondissements et de découvertes, obligeant chaque ami à découvrir ses dons et à s’en servir, et pas seulement Alfie. Ce tome, pour Alfie, au-delà d’accepter et de contrôler ses pouvoirs, c’est aussi d’accepter qu’il ne peut maîtriser tous les enseignements d’Orin à lui seul, qu’il faut qu’il compte sur ses amis. Il doit accepter leur implication et comprendre qu’il ne peut tout gérer seul. C’est finalement une étape assez importante dans l’accomplissement du jeune adolescent.

L’auteur parvient à nous livrer un univers cohérent avec les tomes précédents et continue d’approfondir les personnages. Si le personnage d’Orin reste toujours énigmatique, on en apprend beaucoup sur Bryn, personnage aperçu dans le tome 1 lorsqu’Alfie et Robin avaient malencontreusement effectué un rapide saut dans le temps. Et de fait, on en apprend plus sur un personnage du présent, mais je n’en dirai pas plus, c’est la chouette révélation de ce tome ! Mais au-delà de Bryn, on en apprend plus sur le personnage qui se cache derrière ce spectre maléfique qui vient les hanter. Il est loin d’être anodin puisqu’il est la cause qui a poussé Orin à cacher les pouvoirs en Alfie, qui s’en serait bien passé.

Ce tome marque donc un tournant. Alfie apprend à accepter ses pouvoirs, comprend qu’il peut les contrôler et qu’il doit y faire attention parce que même la meilleure volonté du monde peut amener à des résultats catastrophiques. Il apprend qu’il ne peut pas tout maîtriser et qu’il doit s’appuyer sur ses amis. On en apprend un peu plus sur les origines de cette magie, sur ceux qui la convoitent depuis toujours. Et surtout, on découvre un Hexbridge ancien, toujours autant enchanteur, ainsi que de nouveaux personnages tout à fait fascinants. Le tout grâce à la très belle plume de l’auteur, parfaite pour le lectorat visé.

Encore une fois, Gabrielle Kent nous enchante avec les aventures de son jeune héros. Je suis triste d’apprendre qu’il s’agit du dernier tome, surtout qu’il y avait encore beaucoup de choses à approfondir. J’avoue que je reste sur ma faim, et j’espère que l’auteur changera un jour d’avis et reprendra les aventures d’Alfie !

Ma note : 5/5

Mémoires d’une jeune guenon dérangée, le journal intime de Cléopâtre Wellington de Maureen Wingrove

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Maureen Wingrove, Mémoires d’une jeune guenon dérangée, Le journal intime de Cléopâtre Wellington, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

MEMOIRES_D_UNE_JEUNE_GUENON_DERANGEE_hdConnaissez-vous Diglee ? Si c’est le cas, sachez que c’est le pseudonyme de l’auteur de l’excellent roman que je vous présente aujourd’hui, et rien que cela devrait vous donner envie de foncer. Et vous auriez raison. Si ce n’est pas le cas, sachez que c’est une illustratrice qui s’est fait connaître notamment par son blog diglee.com mais aussi par ses bandes dessinées humoristiques. Et que vous devez lire ce roman. A bon entendeur.

Cléopâtre est adolescente, avec tout ce qui va avec : des parents divorcés, une mère qui lui court sur le haricot, une petite sœur mignonne mais un peu spéciale, un père un peu timbré, un beau-père décalé, des potesses qu’elle adore et des crush sur des garçons qui se moquent d’elle en permanence. Elle-même n’est pas la plus classique des ados : elle a une pilosité débordante et un goût prononcé pour tout ce qui est kitsh et sort de l’ordinaire. Et ses occupations sont pour le moins originales : tourner un film d’horreur amateur, espionner sa voisine en mission commando et jeter des sorts et autres joyeusetés pour se porter chance ou se venger de Clément qui l’humilie en permanence. Dire que la rentrée la stresse est un euphémisme. Avec sa BFF Chloé, elles voudraient que tout change. Et quand deux nouveaux se pointent dans la classe, il se peut que leurs vœux s’exaucent.

Ce roman pour ado est un petit bonheur de chaque instant, bourré d’humour et de bonne humeur. Se plonger dans le roman de Mauree Wingrove, c’est retrouver ses quatorze ans, les sensations associées, se remémorer bons et moins bons moments (mais surtout les bons), c’est plonger dans une chouette nostalgie. Parce que toute la beauté de se roman, c’est bien la justesse des propos, des sensations de Cléo et de ses amies, c’est ce sentiment d’injustice constant dont on arrive à rire aujourd’hui, vu d’un peu plus loin. Mais tous les ados adoreront ce roman, qui n’est que le premier tome d’une série que j’espère longue !

La famille de Cléo est fantasque en tout point, mais pour autant assez réaliste. Ou est-ce la manière dont elle est présentée par Cléo et grâce à l’écriture pleine de drôlerie de l’auteur ? Un peu de chaque certainement. Mais ce qui est certain, c’est qu’on a définitivement envie de faire partie de cette famille recomposée, avec cette mère un brin autoritaire, mais qui n’est pas du tout appuyée par le père dont elle est divorcée et qui est d’un laxisme effrayant, avec ce beau-père au sens de l’humour embarrassant mais qui fait rire le lecteur – à défaut de Cléopâtre -, et enfin avec cette petite sœur mignonne à souhait, passionnée de phoques, un peu givrée, complice de Cléo. Une famille qui donne envie et qui est parfaite pour rendre le journal intime de Cléopâtre très intéressant !

Quant aux amies de Cléo… Elles sont toutes différentes, avec leurs particularités spécifiques bien appuyées : l’une est obnubilée par le physique, une autre est d’une grande timidité, une autre encore est un vrai garçons manqué. Le groupe de cinq filles, les potesses de Cléo, nous offre un concentré d’adolescence dans ce qu’elle a de plus compliqué et d’éclectique, mais surtout permet la mise en scène de situations très drôles.

En clair, ce roman nous fait revivre les meilleurs moments de notre adolescence, le tout arrosé de références culturelles actuelles – il est presque certain que j’aurais aussi adoré Lady Gaga – et connecté aux réseaux sociaux. Parce que moi aussi, je serai allée chercher mon crush du moment sur facebook et instagram, j’aurais attendu une demande d’ami, un like ou un texto.

Ce roman nous fait penser aux romans de Louise Rennison, Le journal intime de Georgia Nicholson, qui ont bercé l’adolescence de plus d’un, nous avaient enchanté et fait rire. L’auteur d’ailleurs ne s’en cache pas dans ses remerciements, et lui rend un bel hommage par l’écriture de ces Mémoires d’une jeune guenon déjantée.

Ce roman devrait plaire à tous les adocescents et rendre nostalgiques tous les adultes. Diglee a un côté déjanté qui transparaît dans chaque page, dans les expressions de Cléo qui nous prend à partie – n’oublions pas qu’il s’agit d’un journal intime – et nous emmène avec jubilation et humour à sa suite, durant cette rentrée scolaire et jusqu’à Halloween.

Ce roman est fichtrement bien fait, vraiment drôle et devrait enchanter jeunes et moins jeunes. Vite, la suite !

Ma note : 5/5

Le silence des sirènes de Sarah Ockler

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Sarah Ockler, Le silence des sirènes, Nathan, Paris, 2017

le silence des sirènesVoici un roman pour jeunes adultes rafraîchissant, avec lequel on passe un bon moment et qui aborde des sujets divers, certains conventionnels, et d’autres un peu plus profonds, ainsi que des thèmes un peu différents de ce genre de romans. Une jolie découverte !

Elyse a une voix exceptionnelle. Sur Tobago, une île dans les Caraïbes où elle a grandi, elle est promise à une belle carrière de chanteuse avec sa sœur jumelle. Mais un accident en mer change la donne : elle perd la voix. Incapable de rester sur l’île et près de sa sœur, elle se réfugie chez sa tante à Atargatis Cove. Elle vit isolée, passe son temps à écrire des poèmes, notamment sur un bateau échoué sur la plage. C’est son refuge, son antre, là où elle peut exprimer ses regrets, sa colère et ses tourments. Mais un soir, elle a de la visite et elle comprend que le bateau n’est pas si abandonné que cela. Christian, bad boy du coin et fils du propriétaire du bateau, se voit contraint de participer à une course navale qui l’oblige à remettre le bateau en état. Elyse sent le danger… Mais si il s’agissait plutôt d’une forme de rédemption et de nouveau départ ?

L’histoire est touchante car elle nous entraîne à la suite d’une jeune femme qui porte un handicap avec lequel elle ne sait comment vivre. Elle ne peut l’assumer, puisque sa voix était son identité, sa carrière et sa vie. Elle doit réinventer complètement sa vie tout en combattant la colère qui la consume, la douleur et la peur. En cela, le personnage d’Elyse est la grande force de ce roman auquel de nombreux jeunes lecteurs devraient facilement s’identifier.

Si l’histoire n’était que la reconstruction d’Elyse, ce serait trop simple. L’auteur instille d’autres péripéties à son roman, déclencheurs d’un rétablissement chez ce personnage. Parce que la ville d’Atargatis Cove est en danger. En effet, un promoteur immobilier veut racheter des villas non pas pour les louer à nouveau ou les améliorer mais pour les détruire et créer une ville balnéaire qui rapportera gros aux investisseurs. Evidemment, la tante et la cousine d’Elyse subiront de plein fouet ce changement. Et Christian est pris en pleine tourmente : lors d’un pari auquel il ne peut résister, son père est prêt à céder leur maison si son fils ne remporte pas une régate. Or, cette maison de vacances est importante pour le petit frère de Christian, passionné de sirènes qui font partie du folklore local, et au cœur d’une famille en train de se déliter. Christian se plonge corps et âme dans cette régate qui commence par la restauration du bateau « squatté » par Elyse. Or, comme on pouvait s’y attendre, cette dernière ne reste pas insensible au charme de Christian, et inversement. Le fait qu’elle vienne d’une île et connaisse la navigation est un atout, mais son traumatisme dont elle parle très peu est au contraire un sacré désavantage.

Tout ceci donne plus de profondeur à l’histoire et nous fait découvrir de nombreux éléments sur les sirènes, les îles Trinitad-et-Tobago, le folklore local de ces îles. Mais aussi rend compte de thèmes universels comme l’acceptation de soi et des autres, le pardon, l’ouverture aux autres, la bienveillance et la confiance, le tout soutenu par une jolie plume. Les personnages sont intéressants, parfois un peu matures pour leur âge. Les personnages secondaires, un peu plus légers, dont la cousine d’Elyse, donne un souffle de légèreté sur cette histoire destinée à de jeunes adultes. Si l’histoire d’amour est prévisible, elle est aussi jolie et bien menée.

En somme, un roman frais, bien écrit, aux thèmes universels, à l’héroïne forte, riche de folklores peu connus. Un roman qui vise parfaitement sa cible de lecteurs. A découvrir.

Ma note : 4/5

Timelapse de Nadia Richard

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Nadia Richard, Timelapse, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, Paris, 2017

TimelapseJ’ai pour habitude de toujours trouver des points positifs sur chacun des romans que je lis, même si je n’adhère pas complètement à l’histoire. Après tout, certains romans, s’ils ne me plaisent pas ou peu, si les héros, l’histoire ou le style ne m’ont pas convaincue, peuvent plaire à d’autres. Et j’arrive toujours à y voir des choses intéressantes. J’avoue que pour ce roman, ce sera malheureusement plus compliqué. Et c’est un « malheureusement » sincère, le pitch m’ayant enthousiasmée, aimant lire ce genre de romans young adult de temps en temps. Dommage.

Aujourd’hui, Sam, étudiante à l’université, fête ses 18 ans. Alors qu’elle se prépare rapidement à aller au restaurant avec sa famille, le temps s’arrête. Elle se retrouve coincée dans un monde fait de poupées de cire stoppées en plein mouvement. Elle semble être la seule à être épargnée. L’incompréhension fait place à la peur. Que va-t-il se passer maintenant ? Le temps va-t-il repartir ? Va-t-elle devoir continuer seule dans ce monde devenu sans intérêt ? Mais sans savoir comment, le temps reprend ses droits et repart pile à l’instant où il s’était arrêté. Sam pense pouvoir laisser ça derrière elle, mais elle se rend rapidement compte qu’elle est la cause de cet étrange phénomène. Tout se complique quand un nouveau venu, charmant de surcroit, s’installe à côté de chez elle et fréquente son université. Or, Matthias ne semble pas touché par son pouvoir, voire lui aussi en posséder un. Mais le plus étrange peut-être est le comportement d’un de ses professeurs, M. Delatour, qui commence à s’intéresser à elle. Que se passe-t-il ? Que lui arrive-t-il ? Pourquoi elle ? Et qui est vraiment M. Delatour ? Pourquoi, alors qu’elle aurait connu Matthias étant enfant, n’en a-t-elle aucun souvenir ?

Le résumé était donc assez prometteur, offrant un mystère, plein d’énigmes à creuser, des personnages assez intéressants, et un univers avec une pointe de surnaturel qui avait su marquer mon intérêt. Or, le tout est malheureusement sans relief, d’une platitude exaspérante. Et sans aucune crédibilité.

Je suis très dure avec ce roman et je n’aime pas ça. Il est vrai qu’une fois embarquée dans l’histoire, elle se lit. On veut savoir ce qu’il va se passer, ce que l’auteur nous a concocté. C’est le genre de roman qui se lit bien malgré tout, surtout en vacances. Ca détend. Mais on se rend bien compte que quelque chose cloche : l’université où se rend chaque jour Sam n’est pas crédible, mêmes cours tous les jours aux mêmes horaires, on se pense plus dans un lycée que sur un campus ; l’histoire surnaturelle qui sous-tend le tout, si elle peut paraître intéressante de prime abord, devient vite sans queue ni tête. La fin tombe comme un cheveu sur la soupe, et si on comprend le rôle de ces pouvoirs de contrôle du temps, si on comprend les motivations du professeur de Sam, le tout est mal agencé et bien peu crédible.

Il n’en reste pas moins que le personnage de Sam est attachant, sa relation avec Matthias l’est également, et on se prend à détester les midinettes écervelées qui gravitent autour de Matthias. Je dois avouer que le mystère qui plane à un certain moment sur Matthias est assez prenant, mais j’ai été finalement assez déçue de la révélation : ajouter du surnaturel sur une histoire autour du contrôle du temps ne fait que complexifier une intrigue qui n’avait pas besoin de l’être. Cela ne fait qu’ajouter du surnaturel à une histoire dont l’intrigue principale aurait méritée d’être plus travaillée. Parce que finalement, c’est bien la romance, les réactions de Matthias et celles des jeunes filles qui gravitent autour de lui qui prennent le pas sur le reste. Et ce professeur, qui a clairement quelque chose à cacher, vous l’aurez compris, développe une stratégie pour atteindre Sam à la limite du harcèlement et du détournement de mineur.

Si nous revenons rapidement sur la fin, je dirais juste que je cherche encore à la comprendre. Aurais-je manqué quelque chose ? Je me le demande ! Ce que je peux simplement dire, c’est qu’en fermant le livre, je me suis demandée : tout ça pour ça ? Ou il manque un chapitre pour nous éclairer, ou il aurait fallu trouver une autre fin. Quelque part, on a l’impression que l’auteur ne savait pas bien où elle allait elle-même et qu’elle n’avait pas vraiment construit son intrigue.

Restons-en là, vous aurez compris que je n’ai pas été convaincue du tout par ce roman. Si il se laisse lire, il ne me laissera pas un grand souvenir. Dommage.

Ma note : 2/5

Alfie Bloom et le voleur de talisman de Gabrielle Kent

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Gabrielle Kent, Alfie Bloom et le voleur de talisman, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2016

ATTENTION SPOILERS SUR LE TOME 1 ! SI VOUS DECOUVREZ LA SÉRIE ALFIE BLOOM, RÉFÉREZ-VOUS À MA CHRONIQUE DU PREMIER TOME ICI.

AlfieBloomFRT2.inddVoici un roman pour enfants que j’attendais de pied ferme ! Ayant adoré le premier tome des aventures magiques d’Alfie Bloom, je ne pouvais que me précipiter sur ses nouvelles péripéties. Et grand bien m’en a pris ! Gabrielle Kent poursuit les aventures de son jeune héros, et nous régale de magie, de mystères, avec des personnages plein de courage, et reprend donc les ingrédients du premier tome, pour ma plus grande joie !

Voilà quelques mois qu’ont eu lieu les péripéties racontées dans le premier tome. Alfie profite des vacances dans son château d’Hexbridge, en compagnie de son amie Amy et de ses cousins Robin et Maddie. Mais les cauchemars l’assaillent depuis qu’il a intégré la magie de transformation de ses deux anciennes directrices maléfiques. Seules les sorties nocturnes sur le dos d’Artan, sa peau d’ours magique, le calment un peu. Lorsqu’il rentre d’une de ces escapades, il voit une drôle de lumière bleue émaner d’un arbre devant le château, et Ashford, le majordome et son ami, près de l’arbre. Intrigué, il rentre au château pour assister ensuite à l’enlèvement d’Ashford par de drôles de créatures qui ne sont rien d’autre que des fées qui souhaitent récupérer une lentille magique qui leur a été dérobée par Ashford. Or, cette lentille, c’est Alfie qui la détient, puisqu’elle est l’ornement principal de son talisman qui l’aide à contrôler la magie qu’on a mis en lui ! Commence alors pour Alfie une étrange aventure, où le danger est partout et où il est difficile de savoir à qui se fier…

Quelles aventures ! Et quel plaisir de retrouver Alfie, ses amis, son château et cette magie qui imprègne chaque mot de cette fantastique histoire ! Le deuxième tome est à la hauteur du premier, et promet de magnifiques prochains tomes. L’auteur nous entraîne dans son univers avec une facilité déconcertante, et propose un roman pour enfant qui saura enchanter les plus jeunes comme les plus vieux, en quête de magie et d’une lecture plaisante et facile.

L’auteur utilise tous les éléments qu’elle avait introduit dans son premier tome et réussit à lier les deux intrigues. Plus qu’un roman d’aventure et de magie, elle interroge aussi sur l’enfance, la recherche de soi et de son identité au tout début de l’adolescence. Parce qu’Alfie doit faire face à bon nombre de changements et de modifications de sa personnalité. D’abord, il doit faire face à la magie qui sommeille en lui et doit commencer à la maîtriser. Mais en plus, le voilà affublé d’une magie puissante depuis qu’il a terrassé ses anciennes directrices maléfiques qui étaient en réalité des dragons, une magie de transformation pernicieuse, qui a tendance à ne pas se laisser contrôler et à prendre vie seule. Or, il n’en a jamais voulu ! Comme les sautes d’humeur des adolescents, difficilement contrôlables… L’auteur parvient donc à parler d’autres choses que de magie, derrière ce voile qui lui permet plus de liberté. Enfin, bien entendu, ce n’est que mon ressenti !

L’aventure en elle-même qui nous est proposée dans ce tome est pleine de rebondissements inattendus, et nous happe complètement dès les premières pages. Il faut dire que l’enlèvement d’Ashford se produit dès le premier chapitre… Et c’est très bien vu, puisque l’enfant qui lira le roman sera de suite plongé dans l’histoire. Le reste s’enchaîne tout seul, on lit, on dévore jusqu’à la dernière page. L’auteur ajoute à chaque roman de nouveaux personnages de ce monde fantastiques, à savoir les fées ici, et étoffe le vécu des personnages, notamment d’Ashford pour ce tome. Alfie va apprendre de nombreuses choses sur son mystérieux majordome, ce qui promet de prochains tomes qui devraient enrichir encore la trame narrative.

L’auteur propose à nouveau un roman bien écrit et bien ficelé, adapté au lectorat visé. Aucune fausse note, de nombreuses révélations, une intrigue qui saura captiver un large public, Gabrielle Kent réussit le pari de créer un univers particulièrement intéressant. Comme pour le premier tome, elle intègre le communauté villageoise à son histoire, et dévoile un folklore local lui aussi plein de mystères qui est à l’image de ce château enchanteur qui a toujours surplombé le village.

Un roman riche, bien écrit, magique, au héros attachant et au château mystérieux. Merci Gabrielle Kent pour vos romans qui nous enchantent de la première à la dernière ligne, qui nous plongent dans un univers enfantin, bourré de magie et de mystère, et qui régalent l’enfant qui sommeille en nous !

Ma note : 5/5

Les Prodiges de Jeremy Scott

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Jeremy Scott, Les Prodiges, Michel Lafon, Paris, 2016

les prodigesVoici un roman pour enfants sur des superhéros pas comme les autres ! S’il ne m’a pas totalement convaincue, j’ai quand même passé un très bon moment auprès de Phillip et de ses amis !

Phillip vient de déménager à Freepoint, une ville qui semble bien normale de prime abord. Jusqu’au moment où son père décide d’avoir « la » conversation sérieuse avec son fils. Mais ce n’est pas celle à laquelle pensait Phillip… Il apprend dès lors que certaines personnes ont des pouvoirs particuliers et qu’elles aident à combattre le crime, dans un total anonymat. Et qu’il en fait partie. Ce n’est donc pas pour rien qu’ils ont atterri à Freepoint : c’est une ville presqu’entièrement habitée par des personnes aux capacités extraordinaires. Phillip a l’âge où ses pouvoirs vont se révéler, et va donc étudier avec des jeunes qui sont comme lui. Sauf que cette révélation, si elle est dure à avaler, l’est d’autant plus qu’il est aveugle… Et doté du pouvoir de télékinésie, qui lui permet de déplacer des objets à distance ! Sans la vue, ce n’est pas une mince affaire… Mais qu’à cela ne tienne : il se découvre des amis aussi handicapés que lui, avec qui il va former une équipe de choc pour montrer au monde que, eux aussi, ils peuvent être des héros ! Mais c’est bien sûr sans compter la menace que connaît le monde des gardiens, et qui semble tout particulièrement se diriger contre Phillip…

Des superhéros handicapés, voilà qui est original ! Et c’est bien le gros point fort du roman, parce qu’il montre que ce n’est pas le handicap qui détermine une personne. Alors oui, cette personne devra se battre bien plus que d’autre pour un résultat similaire, mais Phillip, Henry, Bentley, James et les autres nous montrent que c’est possible ! L’auteur revisite le monde des superhéros de manière originale, en créant un monde cohérent aux personnages attachants, forts et humains, peuplé également de personnes peu scrupuleuses, où la soif de pouvoir prend une toute autre signification.

L’auteur, en utilisant la première personne, nous attache au personnage de Phillip, et réussit à nous rendre aveugle comme lui. Sans les subterfuges qu’il va réussir à mettre en place avec ses amis, nous lirions ce roman dans le noir. C’est très bien pensé et nous permet d’autant plus de partager les sensations du héros et de nous attacher à lui. Si j’ai compris très vite un des mystères entourant le grand méchant qui s’en prend à Phillip, ce qui m’a un peu déçue je l’avoue, je n’en ai pas moins apprécié ma lecture. Le suspens nous tient jusque dans les dernières pages, et je n’aurai pu me douter de la révélation finale.

Si Jeremy Scott parvient à rendre son monde probable, c’est qu’il a créé une mythologie et une Histoire, qui sert les aventures qui nous sont contées. La fin nous laisse penser que le groupe d’amis qui se fait appelé les Prodiges va vivre encore bon nombre d’aventures surnaturelles, et que nous allons en apprendre encore beaucoup sur le monde des gardiens.

Si je n’ai pas été complètement séduite par ce roman, c’est que je lui ai trouvé un certain nombre de longueurs. Et pour être honnête, l’absence de personnages féminins dans le groupe de Phillip n’y est sûrement pas pour rien… C’est une impression globale, quelque chose m’a manquée. J’espère que tout ceci est dû au fait qu’il s’agisse d’un premier tome, et que la suite sera plus enlevée.

Nous découvrons dans ce roman destiné aux enfants des héros intelligents, qui réfléchissent et utilisent les technologies pour servir leurs plans, qui ne peuvent utiliser la force brute du fait de leurs handicaps et de leurs pouvoirs particuliers, ce qui est très appréciable ! Ce roman propose une thématique originale, je le recommande donc à tous les enfants de plus de 11 ans en quête d’aventures !

Ma note : 4/5