Maman a tort de Michel Bussi

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Michel Bussi, Maman a tort, Editions Presses de la Cité, Paris, 2015

maman a tortSeconde chronique coup sur un coup sur un roman de Michel Bussi… Vous allez vous dire que je ne lis plus que cet auteur ! Ces lectures successives m’auront au moins permis une chose : toucher du bout du doigt le talent de Bussi. Parce que Maman a tort réussit à me surprendre même si après N’oublier jamais, je cherchais dans chaque mot ce qui pourrait se cacher. Et même si j’ai deviné plus de choses de l’intrigue ici, que je me suis attendue à certaines péripéties et démêlés des personnage, la fin m’a surprise. Parce que les personnages sont plus complexes qu’on ne le croit, à notre image.

Pour l’histoire, nous suivons un petit garçon de 3 ans, Malone,  qui raconte au psychologue scolaire, Vasile Dragonman, des choses incroyables : qu’avant sa maman, qu’il appelle Maman Da, il a eu une autre maman. Il parle de fusée, de château, de bateau pirate. Il raconte des choses très précises. Si le psychologue connaît bien le processus de mémoire des enfants en bas âge, qui oublient leur quotidien assez vite si on ne leur remémore pas tous les jours un certains nombres de faits ou si on ne perpétue pas ses habitudes, il est étonné du fait que Malone ne fait jamais varier son discours. Comment est-ce possible ? Le petit est sûr que son doudou lui raconte sa vie d’avant tous les soirs. Et malgré la fantaisie de tels faits, Vasile le croit. Mais il doit faire vite car il ne sait pas quand Malone va commencer à oublier… ll se tourne alors vers la commandante de police Marianne Augresse, à la recherche d’un père pour ses futurs enfants, et qui écoute donc Vasile avec grand intérêt : d’abord parce que l’homme est plaisant, et ensuite, parce que s’il a raison, elle ne peut laisser séparé un enfant de sa famille. Mais elle est prise dans les démêlés d’une autre enquête qui patine, celle d’un braquage de magasins de luxe à Deauville. Prise entre les deux affaires, elle fait au mieux… Mais si tout était plus compliqué qu’elle ne le croit ? Réussiront-ils à démêler le vrai du faux ? Faut-il croire Malone ?

Michel Bussi tisse son intrigue d’une main de maître. Petit à petit certaines pièces du puzzle prennent place, mais le tableau est toujours plus grand que ce qu’on entrevoyait. Le seul bémol pour moi, par rapport à N’oublier jamais, est que je me suis attendue à certains éléments de la résolution, et j’avais parfois envie de secouer Marianne pour lui dire que certaines choses étaient piles devant elle et qu’elle ne pouvait pas ne pas les voir ! Évidemment, dès le début, nous devinons que les deux affaires sur lesquelles elle travaille sont liées. On ne sait encore pas comment, mais quand un détail survient, on parvient à faire certaines connections, ce que la commandante ne peut faire : nous, on sait bien que l’auteur ne développerait pas autant l’affaire du braquage si elle ne devait pas se trouver au premier plan en bout de chemin. Pour la flic, ce n’est pas aussi simple !

Ce qui m’a certainement fait préféré ce roman à N’oublier jamais, c’est l’attachement que j’ai pu développer envers les personnages. D’abord Malone, bien entendu, ce petit bonhomme sûr de son fait, qui aime sa deuxième maman, mais qui attend de toutes ses forces que la première le récupère ; qui est tellement attaché à Gouti, sa peluche, bien plus qu’un gamin classique ne le serait, sans qu’on comprenne pourquoi ; qui semble tellement solitaire, qui aime d’ailleurs passer du temps dans sa chambre en la seule compagnie de son doudou. Marianne ensuite, cette commandante de police accomplie, qui gère une équipe de mecs, qui a un boulot qu’elle aime, mais qui rêve d’avoir des enfants, qui approche la quarantaine, et qui commence à perdre espoir ; qui se lance corps et âme dans ses enquêtes et qui parvient à nous surprendre dans ses décisions. Vasile, ce psychologue scolaire qui veut aider ce môme envers et contre tout, se basant sur une intuition qui ne peut valoir de preuve face aux recours habituels du système scolaire, et qui se tourne vers Marianne dans une dernière démarche désespérée. Amanda, enfin, la “deuxième” maman de Malone, cette femme qui se démène pour son petit et dont on ne peut douter de l’amour qu’elle porte à Malone, mais qui semble cacher bien des secrets…  Bussi dresse le portrait de femmes et de mères vaillantes et aimantes, volontaires et prêtes à tout.

Autant vous dire que c’est bien ce travail sur les personnages et leurs caractères, leurs réactions et leurs interactions qui a vraiment su me convaincre. Je ne mets pas l’intrigue au second plan, celle-ci est incroyable, et l’auteur parvient à entremêler le tout afin que la résolution prenne tout son sens et sa logique.

Pour résumer, une plume sympathique pour un roman qui nous entraîne dans une histoire pleine de suspens, malgré un dénouement qui m’a moins surpris que dans N’oublier jamais où le jeu de dupes allait très très loin.

Ma note : 4/5

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