Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Un parfum d’herbe coupée, Préludes, Paris, 2015

un parfum d'herbe coupéeJe vous présente le premier roman publié au label Préludes, appartenant aux éditions Le Livre de Poche. Je ne vais pas vous expliquer toute la genèse de ce label, courrez sur leur site, tout y est expliqué !

Ce premier roman, donc, tout à la fois le premier édité chez Préludes, mais aussi le premier de l’auteur, est un hymne aux petits souvenirs insignifiants mais qui forgent tout, aux petits bonheurs enfouis dans un coin de la tête qui nous font parfois sourire et nous permettent de mieux apprécier le quotidien, aux malheurs aussi, pris avec philosophie au fil du temps, à tout ce qui forge un être humain, à tout ce qui le construit, à ce qui lui permet d’être vivant et de continuer à vivre.

Un parfum d’herbe coupée… Si je voulais être simpliste, je dirai : “Et vous, quelle est votre madeleine de Proust ?”. Mais ce n’est pas ça, pas vraiment, ou peut-être que oui au fond, qu’est-ce que j’en sais ? Mais avec moi, ce roman a fonctionné comme cela. Je ne suis pas tout à fait de la même génération de l’auteur et du héros – qui se confondent un peu – et malgré tout, de petites choses ont fait échos à mes souvenirs, en ont fait remonter.

Parce que, si vous ne l’avez pas encore compris, mais comme je me suis emballée, ce n’est certes pas de votre faute, il s’agit d’un roman contant les souvenirs d’un jeune homme, Kolia. Sa recherche de champignons, le trajet en voiture pour les vacances, sa première clope, le premier décès auquel il a dû faire face, cette odeur d’herbe coupée qui l’a tant marqué enfant, et j’en passe.

Et surtout pas d’ordre chronologique, cela casserait tout le rythme du roman. Est-ce que vos souvenirs remontent dans le bon ordre, du plus ancien au plus récent ? Et bien, ici, c’est la même chose. Ce sont les réminiscence d’un homme qui a profondément conscience que la vie est faite de souvenirs, et que ce sont bien eux qui nous forgent, qui nous forment, qui nous font. Alors c’est beaucoup, parce que c’est chacun de nous. Tout le monde peut y trouver une petite chose, un grain de sable qui fera échos à ses propres souvenirs. Lors d’une rencontre avec l’auteur – et je remercie au passage les équipes de Babelio et de Préludes de m’avoir permis d’y participer – celui-ci nous a confié qu’il avait été extrêmement surpris que ce roman touche autant de personnes aux profils différents, de toutes générations. Et alors qu’il n’avait écrit tout cela sans intention de le voir publié sous forme de roman, les éditrices de Préludes ont su le convaincre de la portée que ce roman aurait. Et elles ne se sont pas trompées !

Pour ma part, si je ne devais parler que d’un seul petit moment du livre qui reste gravé en gras dans mon esprit – ou qui me revient en premier – ce serait le chapitre sur les professeurs qu’a connu de près ou de loin Kolia, le personnage principal, et qui l’ont marqués et formés. Ces profs qui l’ont initié à la lecture, qui l’ont poussé à coup de retenus hebdomadaires où il devait lire un ouvrage choisi par la prof de français à aimer cela. Si mes souvenirs sont moins intéressants, mon professeur de latin au collège nous parlait des heures de littérature, nous donnant des références à n’en plus finir – c’est d’ailleurs elle qui m’a ainsi appris à rédiger des bibliographies – et pas seulement d’ouvrages classiques. Elle m’a fait découvrir Harry Potter à cette époque, ce fut mon héroïne pendant des années, et elle l’est encore car elle avait compris qu’initier les enfants à la lecture jeunesse était le premier pas pour les intéresser plus tard à des romans plus classiques. Voilà pour “mon parfum d’herbe coupée” à moi. Mais si vous ne lisez pas ce livre, vous manquez quelque chose. Vous passez à côté de vos propres souvenirs, une redécouverte des moments qui ont marqué votre enfance, votre adolescence, votre vie de jeune adulte. Bref, les moments charnières d’une vie. Et c’est bien à la lecture de ce livre formidablement bien écrit qu’on comprend que les souvenirs qui restent ne sont parfois que des anecdotes, des événements à première vue insignifiants. Mais à notre plus grande surprise, ils sont là.

Alors, lisez-le. Allez-y, vous ne pouvez passer à côté.

Ma note : 5/5

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