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89 mois de Caroline Michel

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Caroline Michel, 89 mois, Editions Préludes, Paris, 2016

89 moisAvec ce premier roman, Caroline Michel nous offre une histoire très actuelle dans laquelle toutes les femmes dans la trentaine, ou l’approchant, et encore plus les célibataires, se reconnaîtront. Une vraie réussite, un roman qui se dévore. Préludes Editions est décidemment gage de qualité !

Jeanne vient de fêter ses 33 ans. « L’âge du Christ ! » comme lui ont fait remarqué ses amis. Sauf qu’à 33 ans, elle est célibataire et se rend compte que dans 7 ans, soit à peu près 89 mois, il lui sera bien difficile d’avoir un enfant. Or, elle en veut un. Et maintenant. Pourquoi attendre ? Un papa est-il si nécessaire pour éduquer un enfant ? Oui, elle a besoin d’un géniteur. Mais à part ça ? Elle a un boulot stable, contrôleuse SNCF sur la ligne Paris-Auxerre, un nouvel appartement dans le quartier du Père-Lachaise, et de supers amis, bien que certains soient très moralisateurs. Alors oui, elle veut cet enfant, auquel elle parle déjà. Malgré – ou justement à cause de – sa rupture un an auparavant, malgré Alice qui est persuadée qu’elle ne peut pas faire ça seule, sans papa, malgré sa mère, malgré la société et ses diktats. Alors elle se lance : elle rencontre des hommes, ment sur sa prise de pilule, lève les jambes après les rapports, achète des dizaines de tests de grossesse. Car sa petite Augustine, comme elle se plaît à l’appeler et à l’imaginer, ne doit pas être bien loin…

Ce roman, c’est une bouffée d’air frais pour toutes les célibataires dans la petite trentaine qui veulent des enfants et qui se demandent si elles en auront un jour. Que ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seule ! Et qu’il n’y a aucune honte à ressentir pareille envie. Caroline Michel met bien en avant que les filles sont bloquées à ce niveau car viendra un jour où elles ne pourront plus avoir d’enfant. Quant aux hommes, ils n’ont pas à s’en soucier ! L’héroïne du roman est très touchante dans son désir et son initiative, l’auteur parvient à rester dans la juste mesure, ni trop larmoyant, ni trop fantasque. Jeanne est une fille que j’aimerais connaître, elle est pleine d’humour, de recul sur elle-même, et surtout elle sait ce qu’elle veut et elle est décidée, malgré les obstacles et les copines réticentes. Mais il n’y a pas qu’elle : j’aimerais connaître également Eléonore, fantasque et pleine de vie, Nico, si attachant, Félix, si sympathique, et même Arnaud et Alice, malgré leurs idées très arrêtées sur la maternité et la famille.

On passe vraiment un super moment à la lecture de ce roman. Il est bien écrit et plein de drôlerie et de réparties. On se laisse happer par les mots de Caroline Michel, qui nous offre un roman sans fioriture, simple et vrai, sans faux semblant. La construction sert le roman, divisé en parties « mensuelles », selon les mois restants à l’héroïne avant qu’il lui soit très difficile d’être mère. Et à l’intérieur de ces parties, le roman est divisé à nouveau en passages assez courts, ce qui incite le lecteur à se dire : « encore un petit passage et j’arrête. » Autant vous dire que j’ai enchaîné comme cela de nombreux passages, puis chapitres, et que le roman a été dévoré en 24 heures.

Malgré le sujet qui est assez sérieux et spécifique, je recommande vivement ce roman à tous ceux qui veulent se vider la tête. Ce n’est pas lourd, bien au contraire. On suit les tribulations de Jeanne qui ne cherche plus une relation sur le long terme, trop de risque que ça ne fonctionne pas et de perdre encore quelques mois dans son projet forcément limité dans le temps. Des moments très émouvants étayent le récit, lorsqu’elle s’adresse à son futur bébé, mais aussi lorsqu’elle se rend compte des risques qu’elle prend pour sa santé, et lorsqu’elle est confrontée aux tests de grossesse négatifs. On passe par beaucoup d’émotions à la lecture de ce roman, c’est une pilule d’humanité qu’on avale d’un trait, qui nous montre qu’il n’est pas évident d’être célibataire à 30 ans, mais sans rentrer dans le larmoyant ou la chick lit déjantée.

Un beau roman, drôle et touchant, bien écrit et agréable à lire, que je conseille vivement ! Un vrai coup de cœur !

Ma note : 5/5

Elles sont parties pour le nord de Patrick Lecomte

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Patrick Lecomte, Elles sont parties pour le nord, Préludes, Paris, 2016

elles sont parties pour le nordVoici un roman pas comme les autres, le genre de livre que je ne lis pas habituellement et que je suis ravie d’avoir ouvert ! La belle histoire d’une jeune fille, de la nature et des grues blanches, entre Canada profond et Texas, dans la première partie du XXe siècle. Voilà qui donne le ton !

Nous sommes en 1917 et Wilma a onze ans. Elle vit avec son père trappeur dans le Grand Nord canadien et passe beaucoup de temps seule, à attendre son père dans la cabane qu’ils ont construite. Il lui tarde que l’hiver laisse sa place au printemps pour observer le renouveau de la nature et les animaux. Un soir, son père lui ramène un livre qui va changer sa vie : Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Elle y découvre un animal qui la fascine, la grue blanche. Des années plus tard, alors qu’elle étudie au Texas et qu’elle commence à s’intéresser à la sauvegarde des animaux, elle décide d’en faire le combat de toute une vie : sauver la grue blanche de l’extinction et plus particulièrement de Akka, la grue qu’elle a observé dans son enfance et qu’elle a nommé comme une oie du livre qui a tout changé.

L’histoire de cette jeune fille est fascinante, et si j’ai eu peur d’un rythme lent, peut-être cliché quand j’imagine un livre qui a pour grand thème la nature, j’ai été rapidement rassurée : on est emporté dès les premières pages, d’abord par l’histoire elle-même qui nous entraîne à la suite de Wilma, jeune fille puis femme au caractère fort et qui réussit à en imposer aux hommes à une époque où ce n’était pas une évidence ; ensuite par la plume de l’auteur qui, s’il décrit les phénomènes naturels, les paysages et les animaux, réussit à ne pas nous ennuyer. Aucun répit, aucune longueur, on est emporté et on vit une aventure incroyable.

C’est donc l’histoire d’un combat, une des premières fois où on s’intéresse à la survie d’espèces animales, à une époque où la crise de 1929 était plus que fraîche et où il était difficile aux hommes de survivre… Alors les animaux ! Mais la persévérance de cette femme et son audace vaincront tous les obstacles. Si Wilma n’a pas vraiment existé, ce combat si, et c’est formidable de le découvrir d’une manière si enlevée.

Et c’est également le combat des femmes, peu considérées à cette époque, que nous conte l’auteur. Wilma nous prouve que quand on veut, on peut vaincre toutes les barrières, et ça fait du bien de le rappeler ! J’ai particulièrement apprécié sa rencontre forcée avec le président des Etats-Unis, Roosevelt à l’époque, moment drôle, absurde et montrant à lui tout seul la force de ce personnage inventée par l’auteur. Mais on ne peut que se dire que si de telles personnes n’existaient pas réellement, aucun combat ne pourrait être mené…

Si de nombreux personnages peuplent le roman de Patrick Lecomte, l’accent est mis sans contexte sur Wilma et sur la grue blanche, permettant un parallèle fort de leurs deux caractères : elles sont toutes deux indépendantes, battantes, survivantes et prêtes à tout afin de vivre libre. Le personnage du père de Wilma est impressionnant également, du moins dans la première partie du roman puisqu’il se fait moins présent par la suite. On ne peut qu’admirer le courage de cet homme qui vit en fusion avec la nature, qui va être obligé de prendre des décisions peu faciles, et qui va devoir se reconstruire après la perte de sa femme, devant dès lors assumer les décisions seuls concernant sa fille, lui cet homme solitaire et devenu taciturne après ce drame. Le caractère de Wilma s’explique aisément à partir de là, et c’est en cela que les personnages sont très bien construits.

Une magnifique histoire bien menée, sur un sujet original que je n’aurais pas pensé qu’il m’intéresserait autant. Une belle découverte, encore une belle réussite des éditions Préludes qui ont su découvrir ce beau premier roman et lui laisser sa chance.

Ma note : 5/5

Le Goût du large de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Le Goût du large, Editions Préludes, Paris, 2016

le gout du largeQu’il est difficile d’écrire une chronique sur un tel livre ! L’exercice est ardu, comme il l’a été pour le premier roman de cet auteur formidable, Nicolas Delesalle. Dans Un parfum d’herbe coupée, il nous faisait voyager dans ses souvenirs, et ce faisant dans les nôtres. Mais j’en retiens une impression de voyage et de découverte de soi. Ici, il continue sur sa lancée en nous faisant voyager, à nouveau dans ses souvenirs, mais de manière plus classique. Parce qu’avec ce livre, nous découvrons le monde comme il est bon de le voir : vrai, effrayant, beau, plein d’espoir et de désespoir. Humain, en somme.

Nicolas Delesalle embarque sur un cargo pour neuf jours, cargo qui doit relier Anvers à Istanbul. Et en neuf jours, il écrit certains souvenirs qui ressortent des tréfonds de sa mémoire. Comme le cargo qui transporte des conteneurs, il va ouvrir certains de ces propres conteneurs intérieurs et se livrer au lecteur. Chaque journée est l’occasion de nous faire voyager. Parce l’auteur est grand reporter pour Telerama, il en a vu des pays, en a rencontré des personnes. S’il n’est pas journaliste de guerre, comme il nous l’a confié lors de la soirée de lancement de ce livre, il s’est parfois retrouvé dans ces pays où il est plus question de survivre que de vivre, dans ces pays où la misère crève les rues mais semble si banale à ceux qui la voie tous les jours.

L’auteur nous emporte donc en Afghanistan, à Tombouctou, au Niger, à Moscou, à Kobané, en Egypte, depuis le MSC Cordoba. Il nous conte des vies, des rencontres, des situations souvent pittoresques, des drames et un espoir fou, celui qui devrait encore éclater dans nos cœurs et prendre la place de cette résignation qui nous fait détourner le regard de la misère que nous côtoyons. Il nous conte ces anecdotes de journalistes, mais aussi celles de son cargo, l’équipage philippin, l’autre voyageuse, les conteneurs et leur contenu complètement fou – acheminer des citrons depuis Anvers jusqu’à Istanbul en plein de juillet, quelle contradiction ! – son goût pour ce voyage de solitude, sa magnifique rencontre avec le cargo lui-même et la houle qui le berce.

Si au départ, on m’avait dit que ce livre parlerait de Syrie et d’Afghanistan, de guerre et de souffrance, je ne l’aurais pas ouvert. Quelle erreur cela aurait été ! Parce que ce n’est définitivement pas que cela. Et c’est pourquoi le travail de Nicolas Delesalle est essentiel. Parce qu’avec sa plume juste, son humour et sa retenue, il parvient à nous donner envie d’aller voir tout cela par nous –même. Il nous permet de mieux comprendre ceux qui vivent ces situations intolérables quotidiennement. Il nous donne un regard juste sur ces migrants qui risquent tout pour venir en Europe, que certains renverraient bien chez eux, montrant un manque de compassion à des personnes bien plus humaines qu’eux. L’humain, voilà ce que nous conte Nicolas Delesalle. Comme il a pu nous le dire, nous sommes tous humains, et chacun d’entre nous, chaque être humain, ressent peur, détresse, joie, horreur, impatience, envie.

Voilà ce qu’est Le Goût du large : un livre sur l’humain. Un livre important et essentiel. Un livre qui nous donne envie de voyager, et de partir sur un cargo tenter l’aventure. Il est important de le découvrir le plus vite possible. Vous en sortirez grandi.

Ma note : 5/5

Mala Vida de Marc Fernandez

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Marc Fernandez, Mala Vida, Editions Préludes, Paris, 2015.

mala vidaQuelle belle surprise que ce roman ! Décidément, les éditions Préludes ne parviennent pas à me décevoir et c’est tant mieux ! Roman sur l’Espagne d’aujourd’hui, touchée de plein fouet par la crise, et l’Espagne d’hier, pleine de secrets honteux qui resurgissent…
Espagne, donc, de nos jours. Après des années de pouvoir socialiste, la droite dure, proche du franquisme, revient au à la tête de l’Etat, dans un pays touchée durement par la crise financière et dont le taux de chômage est plus qu’inquiétant. Le soir des élections, un premier meurtre, d’un jeune homme politique proche du nouveau pouvoir, est perpétré, suivi par plusieurs autres dans toute l’Espagne, de Madrid à Barcelone, en passant par Valence, ciblant des personnes aux responsabilités très différentes, sans lien en apparence si ce n’est leurs rapports avec le franquisme. Très vite, un journaliste qui a réussi à garder son poste dans une radio publique malgré le nouveau gouvernement, Diego Martin, est intrigué par le premier meurtre perpétré. C’est un journaliste à l’ancienne : il aime aller lentement, remonter les pistes, et ne rien laisser de côté. Mais dans ce cas-là, le mystère est bien épais. Quand une mystérieuse association se révèle aux médias et à l’Espagne pour dénoncer un réseau de vol de bébés mis en place par Franco et qui lui aurait survécu, l’Espagne est choquée, révoltée, indignée, dans un sens comme dans l’autre. Et si tout était lié ? Diego se retrouve au milieu du séisme, à essayer de démêler le vrai du faux et à toujours tenter de rester au plus près de ses convictions, bien éloignées de celles des dirigeants…
C’est un roman sublime et extrêmement intéressant. Si je m’intéresse depuis quelques temps à l’histoire de l’Espagne, et notamment à la guerre civile qu’elle a connu, ce roman permet de s’y replonger d’une manière différente, plus actuelle. Il s’agit ici de mémoire collective, d’oubli et de réparation. La loi d’amnistie a permis aux partisans de Franco de continuer leurs vies normalement, le but étant d’enterrer rapidement le passé pour construire une Espagne nouvelle. Mais est-il si facile d’oublier ? Peut-on pardonner aussi aisément ? Ce récit nous montre une Espagne toujours hantée par ce qu’elle a vécu au siècle dernier. Certains la regrettent, d’autres la maudissent, et tous cohabitent. Ce qui est le plus frappant, c’est peut-être l’image de la religion catholique extrémiste révélée par Marc Fernandez, très proche du franquisme, et qui a permis au Caudillo d’arriver au pouvoir et d’y rester, qui a cautionné et cautionne toujours ses actes. Ce qui nous montre bien qu’une démocratie ne vaut que par la séparation de l’Eglise et de l’Etat…
Au-delà de la réflexion historique, politique et sociétale que la lecture de ce roman nous offre, l’auteur nous surprend par une intrigue bien ficelée, une enquête journalistique de bout en bout, où tout est loin d’être réglé la dernière page tournée. Mais peu importe, le principal est là : les personnages sont intéressants, Diego d’abord, ce solitaire au passé sombre, son amie détective Ana ensuite qui a vécu des horreurs en Argentine en tant que transsexuel, enfin David le magistrat qui essaye de garder sa liberté de juger sans mainmise de l’Etat, ce qui est de plus en plus dur par les temps qui courent. Et pour finir, Isabel, le personnage le plus complexe, mais peut-être aussi le plus humain du roman, avocate d’origine espagnole qui a grandi en France, et qui a tout plaqué pour s’installer à Madrid et défendre cette association, l’ANEV, Associations nationale des enfants volés. Personnage plus opaque qu’il n’y paraît…
Ce récit nous emporte dans cette Espagne prise entre présent et passé, entre oubli, pardon, justice et vengeance. Un récit captivant, donc, dans lequel la plume de l’auteur nous emporte sans difficulté. Un roman que je vous conseille de lire de toute urgence !
Ma note : 5/5

Concours printemps et Prix Relay !

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Bonjour à tous !

Je ne vous ai pas encore beaucoup parlé du Prix Relay des voyageurs édition 2015 et je m’en excuse platement. Mais je vais réparer cette erreur tout de suite, et d’une manière qui devrait vous plaire !

Pour fêter cette nouvelle édition du Prix Relay, pour fêter le Printemps, mais aussi, et surtout, fêter les 3 ans du blog, j’organise un concours pour vous faire gagner un exemplaire d’un roman en lice pour ce prix. Pour rappel, ont été sélectionnés cette année :

  • Danser les ombres de Laurent Gaudé, paru chez Actes Sud
  • Le voyant de Jérôme Garcin, paru chez Gallimard
  • Baronne Blixen de Dominique de Saint Pern, paru chez Stock
  • Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle, paru chez Préludes Editions

Je vous propose donc de gagner Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle que j’ai adoré ! Pour rappel, vous trouverez ma chronique ici. N’est-ce pas une bonne nouvelle ?

un parfum d'herbe coupée

Et ce n’est pas tout ! Le Prix Relay des voyageurs est un prix vraiment très chouette qui laisse une place importante aux lecteurs en leur permettant de voter pour leur roman préféré, vote qui sera pris en compte par le jury et vous permettra de gagner éventuellement de très chouettes lots ! Je vous donne l’occasion de découvrir l’un des quatre romans en lice et de voter pour lui, ou l’un des trois autres si vous avez l’occasion de les lire ! Pour voter, ce sera par ici.


Pour participer, voici quelques règles et explications :

  • Je ne vous demande rien d’autre que d’aimer la page Facebook de mon blog, que voici.
  • Si c’est déjà le cas, chouette, vous n’avez qu’à remplir vos nom, prénom, adresse complète, adresse mail, pseudo pour l’annonce des résultats.
  • Pour avoir une chance supplémentaire de gagner, vous pouvez partager le concours sur vos réseaux sociaux et/ou blog. Votre nom apparaîtra deux fois dans l’urne virtuelle du tirage au sort !
  • Je n’accepte qu’une seule participation par personne (même nom et même pseudo du like de la page Facebook lié à la même adresse postale). Par contre, si votre mère, frère, fils habitant à la même adresse que vous souhaite jouer, alors qu’il/elle fonce !
  • Le concours est ouvert du DIMANCHE 17 MAI AU DIMANCHE 14 JUIN 2015 20h.
  • Le concours est ouvert à la FRANCE MÉTROPOLITAINE uniquement.

L’exemplaire du roman de Nicolas Delesalle étant en ma possession, c’est moi qui vous l’expédierai. S’il devait y avoir le moindre problème dans l’acheminement postal, je ne saurai être tenue pour responsable. Les résultats seront publiés sur mon blog et partagés sur la page Facebook du blog.

Voilà, tout est dit ! Il ne vous reste plus qu’à remplir le formulaire Google. Ne vous inquiétez pas, je suis la seule à voir vos informations, qui seront détruites après le tirage au sort final.

Bonne chance à tous !

MISE A JOUR DU 14 JUIN 2015 : Le concours est désormais clos. Merci pour vos participations, les résultats seront publiés à la suite de cet article très prochainement !

MISE A JOUR DU 15 JUIN 2015 : Et le sort a désigné Carmen Pol (pseudo Facebook) comme grande gagnante du concours et donc de cet excellent roman ! Bravo à elle !

 

 

La meilleure d’entre nous de Sarah Vaughan

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Sarah Vaughan, La meilleure d’entre nous, Préludes Editions, Paris, 2015

la meilleure d'entre nousCe roman est extrêmement touchant par les personnages qui y évoluent. C’est une ôde à la gourmandise et aux changements de vie, à la volonté de faire évoluer son quotidien, de dépasser les entraves de nos propres vies. En quelques mots, un roman qui fait du bien !

La chaîne d’alimentation Eaden organise un concours de pâtisserie pour dénicher la nouvelle Mrs Eaden. Cette dernière, décédée il y a peu, a été la compagne du créateur de cette chaîne, son égérie, mais s’est aussi illustrée dans la pâtisserie par la publication de son Art de la pâtisserie publié en 1966 dans lequel elle ne parle pas uniquement de recettes mais aussi des effets de cet art, des beautés qu’il engendre, de la sérénité apportée par la confection de subtiles créations pâtissières. Innovante en son temps, cet ouvrage et son auteur peuvent paraître un peu désuets aujourd’hui, mais pourtant, tous ceux et celles en perte de repères s’y cramponnent.

Un concours, donc, pour devenir la nouvelle Mrs Eaden. Après une première sélection, les cinq candidats en lice devront s’affronter lors de journées banalisées dans les cuisines d’un manoir niché dans la campagne anglaise, durant plusieurs week-ends. Mais la participation à ce concours leur apportera beaucoup plus que ce qu’ils étaient venus chercher.

Le premier point que je souhaite souligner, c’est le caractère attachant des personnages en lice. Tout d’abord, Jenny, la cinquantaine, ses filles parties de la maison, un mari qui la délaisse, elle et ses petits plats, pour sa nouvelle passion, la couse à pied. Ensuite Claire, la plus jeune de la compétition, maman d’une enfant de 9 ans, qui travaille dans un magasin Eaden et qui ne parvient pas à croire que sa mère l’a inscrite au concours et qu’elle a été sélectionnée – ses sentiments oscillent entre colère, fierté et espoir. Karen, elle, prend grand soin de son physique en cachant bon nombre de secrets, qui menacent son entourage. Vicky a délaissé sa carrière d’enseignante pour s’occuper de son fils mais qui ne parvient pas à se contenter de son quotidien et en culpabilise. Enfin, Mike, seul homme de la compétition, a besoin de se prouver qu’il s’occupe bien de ses enfants, notamment par le biais de la cuisine, lui qui est veuf depuis peu.

Chacun d’eux présente des fêlures qui les minent, des faiblesses qui donnent l’ascendant aux conjoints, mères, enfants, ex. Chacun d’eux a bien besoin de défis pour avancer. Pour se relever. Pour continuer. Ce panel de personnages assez varié présente l’avantage de permettre à chaque lecteur de se retrouver un peu dans l’un d’eux ou de s’attacher à l’un plus particulièrement, si ce n’est à tous comme ce fut le cas pour moi.

L’histoire est très chouette, bien que roulant sur la mode actuelle de la cuisine et des concours (Top Chef and co). Si j’avais peur que l’auteur tombe dans les écueils de ces émissions, reste dans la superficialité, j’ai été agréablement surprise : elle dose très justement histoires personnelles et pâtisserie. On ne suit pas chaque étape du concours pour chaque candidat de A à Z, et l’histoire ne se contente pas de les suivre durant ces heures de compétitions. Ce concours n’est qu’un prétexte pour révéler les caractères de ces cinq personnages : on les suit en dehors, durant leurs préparations, on suit leurs combats pour lier leur passion et envie de réussir à leur quotidien.

La pâtisserie comme thérapie, c’est bien cela que propose Sarah Vaughan en retrouvant les petits bonheurs du quotidien. Une petite mise en garde : à la lecture de ce roman, ou vous passerez votre temps dans votre pâtisserie de quartier, ou vous finirez par avoir des hauts le coeur à l’évocation de crèmes, meringues et génoises. Ce fut un peu mon cas ce qui ne m’a absolument pas écoeurée du roman !

J’ai particulièrement apprécié les quelques passages où des moments de la vie de Kathleen Eaden nous sont dévoilés. Ils montrent les fêlures et les échecs de cette dame à qui chacun se réfère et souhaite ressembler, montrant que l’imaginaire et l’absence de connaissances sur une personne que l’on adule ne rend vraiment pas bien compte de la réalité. Elle aussi était “cassée” complexée par ses échecs et désirait surmonter son quotidien.

Pour résumer, une jolie gourmandise que ce succulent petit roman. Un livre qui fait du bien et (re)donne le sourire !

Ma note : 4/5

Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Un parfum d’herbe coupée, Préludes, Paris, 2015

un parfum d'herbe coupéeJe vous présente le premier roman publié au label Préludes, appartenant aux éditions Le Livre de Poche. Je ne vais pas vous expliquer toute la genèse de ce label, courrez sur leur site, tout y est expliqué !

Ce premier roman, donc, tout à la fois le premier édité chez Préludes, mais aussi le premier de l’auteur, est un hymne aux petits souvenirs insignifiants mais qui forgent tout, aux petits bonheurs enfouis dans un coin de la tête qui nous font parfois sourire et nous permettent de mieux apprécier le quotidien, aux malheurs aussi, pris avec philosophie au fil du temps, à tout ce qui forge un être humain, à tout ce qui le construit, à ce qui lui permet d’être vivant et de continuer à vivre.

Un parfum d’herbe coupée… Si je voulais être simpliste, je dirai : “Et vous, quelle est votre madeleine de Proust ?”. Mais ce n’est pas ça, pas vraiment, ou peut-être que oui au fond, qu’est-ce que j’en sais ? Mais avec moi, ce roman a fonctionné comme cela. Je ne suis pas tout à fait de la même génération de l’auteur et du héros – qui se confondent un peu – et malgré tout, de petites choses ont fait échos à mes souvenirs, en ont fait remonter.

Parce que, si vous ne l’avez pas encore compris, mais comme je me suis emballée, ce n’est certes pas de votre faute, il s’agit d’un roman contant les souvenirs d’un jeune homme, Kolia. Sa recherche de champignons, le trajet en voiture pour les vacances, sa première clope, le premier décès auquel il a dû faire face, cette odeur d’herbe coupée qui l’a tant marqué enfant, et j’en passe.

Et surtout pas d’ordre chronologique, cela casserait tout le rythme du roman. Est-ce que vos souvenirs remontent dans le bon ordre, du plus ancien au plus récent ? Et bien, ici, c’est la même chose. Ce sont les réminiscence d’un homme qui a profondément conscience que la vie est faite de souvenirs, et que ce sont bien eux qui nous forgent, qui nous forment, qui nous font. Alors c’est beaucoup, parce que c’est chacun de nous. Tout le monde peut y trouver une petite chose, un grain de sable qui fera échos à ses propres souvenirs. Lors d’une rencontre avec l’auteur – et je remercie au passage les équipes de Babelio et de Préludes de m’avoir permis d’y participer – celui-ci nous a confié qu’il avait été extrêmement surpris que ce roman touche autant de personnes aux profils différents, de toutes générations. Et alors qu’il n’avait écrit tout cela sans intention de le voir publié sous forme de roman, les éditrices de Préludes ont su le convaincre de la portée que ce roman aurait. Et elles ne se sont pas trompées !

Pour ma part, si je ne devais parler que d’un seul petit moment du livre qui reste gravé en gras dans mon esprit – ou qui me revient en premier – ce serait le chapitre sur les professeurs qu’a connu de près ou de loin Kolia, le personnage principal, et qui l’ont marqués et formés. Ces profs qui l’ont initié à la lecture, qui l’ont poussé à coup de retenus hebdomadaires où il devait lire un ouvrage choisi par la prof de français à aimer cela. Si mes souvenirs sont moins intéressants, mon professeur de latin au collège nous parlait des heures de littérature, nous donnant des références à n’en plus finir – c’est d’ailleurs elle qui m’a ainsi appris à rédiger des bibliographies – et pas seulement d’ouvrages classiques. Elle m’a fait découvrir Harry Potter à cette époque, ce fut mon héroïne pendant des années, et elle l’est encore car elle avait compris qu’initier les enfants à la lecture jeunesse était le premier pas pour les intéresser plus tard à des romans plus classiques. Voilà pour “mon parfum d’herbe coupée” à moi. Mais si vous ne lisez pas ce livre, vous manquez quelque chose. Vous passez à côté de vos propres souvenirs, une redécouverte des moments qui ont marqué votre enfance, votre adolescence, votre vie de jeune adulte. Bref, les moments charnières d’une vie. Et c’est bien à la lecture de ce livre formidablement bien écrit qu’on comprend que les souvenirs qui restent ne sont parfois que des anecdotes, des événements à première vue insignifiants. Mais à notre plus grande surprise, ils sont là.

Alors, lisez-le. Allez-y, vous ne pouvez passer à côté.

Ma note : 5/5