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Questions ? Réponses ! 7+ chez Nathan

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Je vous ai déjà parlé de la collection de documentaires Questions ? Réponses ! 4+ de Nathan, documentaires sur des questions très variées pour les plus de 4 ans. Ils ont une autre collection du même type, Questions ? Réponses ! 7+, qui, comme son nom l’indique, s’adresse aux 7 ans et plus. Plus fournis en informations, avec des textes plus longs et complets, l’image y est toujours présente, mais elle est moins naïve. Les sujets abordés sont plus en lien avec leur âge et donc abordés comme tels, en lien également avec les programmes scolaires – je pense notamment aux titres historiques ou scientifiques. On y trouve des titres comme l’Egypte des Pharaons, l’Univers, les volcans, Louis XIV ou la préhistoire. Découpés en chapitres présentés en chapitres en début d’ouvrage, il s’agit d’un documentaire qui veut que ses utilisateurs l’utilise comme tel, et cherche des informations précises à défaut de le lire en entier. On trouve également un lexique en fin d’ouvrage, initiant ainsi les écoliers à la recherche documentaire. Ce sont de beaux livres, à la belle conception, aux illustrations soignés, aux informations riches et pertinentes, organisés de manière logique et réfléchie. Je ne pourrais donc que vous conseiller cette collection !

Petit tour de quelques documentaires, amené à être mis à jour :


 

L’encyclopédie, Nathan, collection Questions ? Réponses ! 7+, Paris, 2015

encyclopédieJe ne vais pas m’étendre trop longuement sur cette encyclopédie car ce serait trop long ! Elle est extrêmement complète et s’intéresse à six domaines : l’espace, la Terre, le monde vivant, l’Histoire, les sciences et le corps humain. Elle interroge donc sur un nombre de sujets très variés et présente de nombreuses photographies et illustrations parfaitement légendées, qui expliquent très clairement la galaxie, pourquoi le soleil est chaud, la plus grosse araignée, la Grande Muraille de Chine ou encore les os du corps. C’est ludique et très attrayant. Il n’y a pas trop d’informations par double page, ne noyant pas ainsi l’enfant sous les informations. Un sommaire complet en début d’ouvrage et un index fourni en fin permet au lecteur de trouver l’information qu’il recherche et apprend ainsi à réaliser une recherche documentaire. Un bel objet à avoir à portée de main !


 

La mythologie grecque, écrit par Hélène Montardre, illustré par Erwan Fagès, Nathan, collection Questions ? Réponses ! 7+, Paris, 2015

mythologie grecquePour les amoureux d’Histoire et de littérature comme moi, comment ne pas s’intéresser à la mythologie grecque ? Elle est tellement riche et traite de sujets si différents qu’elle est très souvent abordés dans les écoles. Un tel documentaire est donc essentiel, parce que s’il ne raconte pas tous les mythes connus, il revient sur certains points, et répond à quelques questions : qui a enlevé Perséphone ? Où vivaient Charybde et Scylla ? Où a grandi Zeus ? Quel était la cadeau préféré d’Athéna ? A quoi servi le fil d’Ariane ? Mais il pose aussi les fondements même de la civilisation grecque en s’intéressant d’abord à ce qu’est la mythologie grecque, mais aussi quel était le pays des Dieux, ce qu’est une hécatombe. Autant dire que même nous, adultes, avons beaucoup à apprendre à la lecture d’un tel ouvrage ! C’est très bien fait, très bien raconté et la mise en page est extrêmement attrayante. Les textes répondant à chaque question ne sont pas trop longs, ce qui ne découragera donc pas les jeunes lecteurs. L’ouvrage se termine sur la question des autres mythologies, en présentant succinctement la mythologie nordique et la mythologie égyptienne, ce qui permet d’ouvrir ses horizons et de continuer à découvrir.


 

L’Histoire de France, écrit par Emmanuelle Ousset, illustré par Philippe Munch, Nathan, collection Questions ? Réponses ! 7+, Paris, 2015

histoire de franceUn tel sujet est vaste ! Et on s’imagine bien qu’il ne peut être traité de manière exhaustive en 30 pages. Mais qu’à cela ne tienne, l’auteur a fait un travail remarquable en ne s’attachant qu’à quelques questions par période, qui le résume parfaitement. Evidement, il y a de nombreuses ellipses, et bon nombre de points sont passés sous silence. Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un ouvrage destiné aux 7 ans et plus, et d’autres documentaires de la même collection reviennent plus en détail sur tel personnage ou telle période. En conséquence, pour avoir une vue générale de l’Histoire de France et s’y repérait facilement, ce documentaire est parfait ! On revient donc sur la préhistoire avec des questions comme les premiers Français vivaient-ils tout nus, on passe sur les Gaulois en s’interrogeant sur la bataille d’Alesia, on s’interroge sur Clovis et Charlemagne, puis sur les châteaux forts et la guerre de 100 ans, on rencontre François Ier et la Renaissance, puis Henri IV et Louis XIV, la question des rois et des reines, de leurs familles, est posée, on passe par les Lumière et la Révolution, par Napoléon et la révolution industrielle, la Première puis la Seconde Guerre mondiale, on s’arrête enfin sur la décolonisation et les évolutions, notamment pour les femmes, au XXe siècle. Riche, n’est-ce-pas, pour trente pages ? Le tout est abordé de manière simple avec des réponses assez courtes, permettant de ne pas décourager les faibles lecteurs. Idéal comme outil de recherche pour un petit exposé, c’est exactement le genre de documentaire que je verrai en classe ! Les illustrations sont très bien réalisées et sont en adéquation parfaite avec le texte. Que demander de plus ?


 

Passion rugby, écrit par Jean-Michel Billioud avec les conseils de Didier Retière, illustré par Jérôme Brasseur, Nathan, collection Questions ? Réponses ! 7+, Paris, 2015

rugbyLa Coupe du Monde de rugby est passée par là et on sent la nécessité d’offrir aux plus jeunes un livre les aidant à en comprendre les règles, les coutumes, l’histoire. Parce qu’il s’agit d’un sport riche et complexe ! De manière ludique, ce documentaire revient sur toutes les questions que peuvent se poser les plus jeunes, sur l’invention du rugby, la forme du ballon, la taille des joueurs, sur l’âge auquel on peut commencer à y jouer, les règles et la place des joueurs sur le terrain, sur les entraînements, sur les mêlées, les passes en arrière, les plaquages, sur le haha, les clubs les plus connus au monde, les stars du rugby. Un guide très complet pour tout apprenti joueur ou tout enfant curieux ! De nombreuses photographies et quelques dessins qui illustrent parfaitement cet ouvrage, détaillant certains moments d’un match, comme le plaquage. Très bien réalisé, à glisser dans toutes les mains !

 

 

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Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Un parfum d’herbe coupée, Préludes, Paris, 2015

un parfum d'herbe coupéeJe vous présente le premier roman publié au label Préludes, appartenant aux éditions Le Livre de Poche. Je ne vais pas vous expliquer toute la genèse de ce label, courrez sur leur site, tout y est expliqué !

Ce premier roman, donc, tout à la fois le premier édité chez Préludes, mais aussi le premier de l’auteur, est un hymne aux petits souvenirs insignifiants mais qui forgent tout, aux petits bonheurs enfouis dans un coin de la tête qui nous font parfois sourire et nous permettent de mieux apprécier le quotidien, aux malheurs aussi, pris avec philosophie au fil du temps, à tout ce qui forge un être humain, à tout ce qui le construit, à ce qui lui permet d’être vivant et de continuer à vivre.

Un parfum d’herbe coupée… Si je voulais être simpliste, je dirai : “Et vous, quelle est votre madeleine de Proust ?”. Mais ce n’est pas ça, pas vraiment, ou peut-être que oui au fond, qu’est-ce que j’en sais ? Mais avec moi, ce roman a fonctionné comme cela. Je ne suis pas tout à fait de la même génération de l’auteur et du héros – qui se confondent un peu – et malgré tout, de petites choses ont fait échos à mes souvenirs, en ont fait remonter.

Parce que, si vous ne l’avez pas encore compris, mais comme je me suis emballée, ce n’est certes pas de votre faute, il s’agit d’un roman contant les souvenirs d’un jeune homme, Kolia. Sa recherche de champignons, le trajet en voiture pour les vacances, sa première clope, le premier décès auquel il a dû faire face, cette odeur d’herbe coupée qui l’a tant marqué enfant, et j’en passe.

Et surtout pas d’ordre chronologique, cela casserait tout le rythme du roman. Est-ce que vos souvenirs remontent dans le bon ordre, du plus ancien au plus récent ? Et bien, ici, c’est la même chose. Ce sont les réminiscence d’un homme qui a profondément conscience que la vie est faite de souvenirs, et que ce sont bien eux qui nous forgent, qui nous forment, qui nous font. Alors c’est beaucoup, parce que c’est chacun de nous. Tout le monde peut y trouver une petite chose, un grain de sable qui fera échos à ses propres souvenirs. Lors d’une rencontre avec l’auteur – et je remercie au passage les équipes de Babelio et de Préludes de m’avoir permis d’y participer – celui-ci nous a confié qu’il avait été extrêmement surpris que ce roman touche autant de personnes aux profils différents, de toutes générations. Et alors qu’il n’avait écrit tout cela sans intention de le voir publié sous forme de roman, les éditrices de Préludes ont su le convaincre de la portée que ce roman aurait. Et elles ne se sont pas trompées !

Pour ma part, si je ne devais parler que d’un seul petit moment du livre qui reste gravé en gras dans mon esprit – ou qui me revient en premier – ce serait le chapitre sur les professeurs qu’a connu de près ou de loin Kolia, le personnage principal, et qui l’ont marqués et formés. Ces profs qui l’ont initié à la lecture, qui l’ont poussé à coup de retenus hebdomadaires où il devait lire un ouvrage choisi par la prof de français à aimer cela. Si mes souvenirs sont moins intéressants, mon professeur de latin au collège nous parlait des heures de littérature, nous donnant des références à n’en plus finir – c’est d’ailleurs elle qui m’a ainsi appris à rédiger des bibliographies – et pas seulement d’ouvrages classiques. Elle m’a fait découvrir Harry Potter à cette époque, ce fut mon héroïne pendant des années, et elle l’est encore car elle avait compris qu’initier les enfants à la lecture jeunesse était le premier pas pour les intéresser plus tard à des romans plus classiques. Voilà pour “mon parfum d’herbe coupée” à moi. Mais si vous ne lisez pas ce livre, vous manquez quelque chose. Vous passez à côté de vos propres souvenirs, une redécouverte des moments qui ont marqué votre enfance, votre adolescence, votre vie de jeune adulte. Bref, les moments charnières d’une vie. Et c’est bien à la lecture de ce livre formidablement bien écrit qu’on comprend que les souvenirs qui restent ne sont parfois que des anecdotes, des événements à première vue insignifiants. Mais à notre plus grande surprise, ils sont là.

Alors, lisez-le. Allez-y, vous ne pouvez passer à côté.

Ma note : 5/5

Swamplandia de Karen Russell

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Karen Russell, Swamplandia, Albin Michel / Le Livre de Poche, Paris, 2012 / 2014.

swamplandiaSwamplandia, c’est le nom d’une île dans les marécages de Floride. Mais c’est aussi le nom d’un parc d’attraction bien particulier appartenant à la famille Bigtree, tribu originale qui s’est inventée des origines indiennes.

L’originalité du parc prend source dans les caractéristiques mêmes des marécages : il est basé sur le thème des alligators, nommés Seth, et sur leur domptage. La reine du parc dont dépend toute sa renommée ? Hilola Bigtree, la maman de cette tribu constituée de Kiwi, Osceola et Ava. Des enfants aux drôles de prénoms, qui augurent bien de cette histoire.

Parc de renommée, les Bigtree, avec le Chef à la barre, père de nos enfants bien originaux, s’enfonce peu à peu et la fréquentation n’est plus ce qu’elle était. Cette perte de vitesse est liée à la mort d’Hilola, la maman fantasque et aimante et la dompteuse la plus célèbre d’alligators. Mais si cette perte de repères pour tous les membres Bigtree est déjà bien dure à vivre, et remonter la barre de Swamplandia bien difficile, un parc concurrent s’ouvre sur le continent. Le Monde de l’Obscur est près de l’autoroute, et peut s’offrir des spots publicitaires. Il est de plus bien plus moderne…

Le parc à alligators est de plus en plus désert… Mais Ava ne le supporte pas. Future dompteuse qui devait succéder à sa mère, elle veut coûte que coûte sauver le parc, et par là même sa famille qui part à la dérive : son père envisage des projets fous, qui ne peuvent que renforcer leurs dettes, et prétend que tout va pour le mieux, Osceola pense être habitée par des fantômes et Kiwi se rebelle face à cette famille qui refuse de voir la vérité en face.

Mais est-il question de sauver Swamplandia, ou bien de donner des repères à cette famille brisée depuis la mort de son membre fédérateur ?

Bien des aventures attendent cette famille. Tous ses membres vont passer violemment à l’âge adulte, même le Chef, après cet été aux multiples péripéties.

D’abord un roman sur l’enfance et l’adolescence, nous suivons dans un premier temps Ava, qui s’exprime à la première personne du singulier. Cette jeune fille atypique et attachante est animée d’un désir fou de sauver le parc, et par là même une part de sa mère. Ce monde hors du temps, hors des conventions dans lequel elle évolue marque le monde de l’enfance et des rêves, un monde poétique et onirique que Karen Russell fait vivre avec magie dans ces pages.

A partir d’un certain stade, un chapitre sur deux est consacré à Kiwi qui par sa confrontation au monde continental, à la vie normale, au monde sans pitié du travail, à la méchanceté, les railleries, mais aussi l’amitié, va se construire et grandir. Et comprendre aussi bien des choses sur lui que sur sa famille. Plein d’audaces et très intelligent malgré une éducation bien malmenée, il rêve de sauver Swamplandia, alors même qu’il était le premier à ne plus croire en son avenir.

Ce roman nous raconte la perte de repères après le décès d’un proche de manière très sensible. On y découvre un univers enfantin au travers des yeux d’Ava. Cet univers qui fait qu’on veut croire, toujours espérer et faire confiance, toujours confiance, jusqu’à faire preuve d’une grande naïveté que seul un adulte pourrait prévenir.

Cet univers particulier, cette île, ces marécages, ces alligators, cette manière de vivre loin des conventions où les enfants confrontent des alligators, sont peu scolarisés et peuvent rester seuls pendant des semaines sur leur île, paraissent farfelus, dans un monde où services sociaux et instances officielles ne pourraient laisser une telle situation s’installer. Mais dans un territoire aussi reculé que cette partie de la Floride, tout semble possible, surtout quand c’est Karen Russell qui nous conte l’histoire.

On comprend aisément à la lecture de ce roman surprenant que l’auteur a terminé finaliste au Prix Pulitzer. Ce roman est un bestseller, qui devrait être adapté en série télévisée par la chaîne américaine HBO.

Un seul petit bémol cependant. Je ne m’attendais pas à une telle histoire à la lecture de la quatrième de couverture. J’imaginais quelque chose de bien plus léger, de moins complexe, avec des événements bien moins dramatiques. Heureusement, une fois remise de premières impressions un peu désabusées à la lumière du décalage entre mes attentes et la réalité du roman, j’ai pu me plonger avec délectation au sein de ce monde foisonnant. On imagine ces marécages, les plantes décrites, ces alligators amorphes mais dont il faut toujours se méfier.

Tentez l’aventure, suivez Ava et sa tribu, vous n’en sortirez pas indemnes…

Ma note : 4/5