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Mille soleils de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Mille soleils, Préludes Editions, Paris, 2018

mille soleilsLe premier roman de Nicolas Delesalle ?! Ce ne pouvait qu’être une excellente nouvelle ! Et c’en fut une, puisque c’est un vrai coup de cœur, le premier de 2018. Un roman plus vrai que nature, dur mais aussi sensible, plein de poésie et de dureté dans une pampa envoûtante… Prêt à partir en Argentine ?

Quatre hommes se retrouvent en Argentine. Ils partagent une voiture pour se rendre à l’aéroport et rentrer en France. Ils viennent de passer quelques jours ensemble dans le cadre de leur travail : ils sont chercheurs ou journalistes pour le CNRS et s’intéressent aux rayons cosmiques d’ultra-haute énergie. Ils repartent de l’observatoire astronomique de Malargüe. Vadim ne parle que quand c’est nécessaire et est passionné par la physique des particules. Wolfgang est un astrophysicien, Simon doit écrire un article sur leurs travaux pour le CNRS, Alexandre vient d’installer des panneaux solaires. Dans cette voiture, ils sont chacun dans leur monde. Mais Vadim roule vite et en une seconde, une seconde interminable, leurs vies basculent. En plein cœur de la pampa, les voilà isolés et perdus, seuls au monde dans un océan de beauté. Comment s’en sortir ?

Je ne sais pas si j’aurais ouvert ce roman s’il n’avait été écrit par Nicolas Delesalle, dont j’avais adoré ses deux premiers écrits Un parfum d’herbe coupée et Le goût du large. Quelle erreur cela aurait été ! J’avais peur que ce soit trop cru, qu’il ne se passe que trop peu de chose, que la lenteur du temps qui passe dans ces cas-là ne se ressente dans chaque ligne, chaque page du roman. Mais ce n’est pas n’importe quel auteur qui s’est attelé à cette histoire, c’est Nicolas Delesalle, et je savais que ce ne serait pas le cas.

L’accident est évidemment au cœur du roman, il est l’élément déclencheur. Ce moment où tout bascule dans la voiture, où cette dernière se met à faire des tonneaux, reste gravé en moi tellement il est réaliste. Mais ce qui nous est surtout conté, c’est l’histoire de ces quatre hommes, leur psychologie, leurs ressentis, ce à quoi ils s’attachent pour rester en vie, à quoi ils pensent, leurs souvenirs. Nous vivons littéralement cette aventure hors du commun, incompréhensible et traumatisante, avec eux. On s’attache à eux, à leurs fêlures, leurs défauts et leurs forces, on s’y retrouve, on s’y perd.

Le personnage de Mathilda, comme un ovni au milieu de cette aventure masculine, qui ne va croiser ce groupe de quatre qu’un instant, cherche sa route quand ces quatre-là viennent de la perdre. Cette femme a tout quitté, famille, travail et pays pour se retrouver dans un périple à vélo inimaginable. Et si elle réussissait à se trouver dans cette pampa qui peut être source de traumatismes depuis des siècles, mais aussi de miracles ? Si on se demande ce qu’elle vient faire dans ce roman, on se laisse rapidement emmener par la plume de l’auteur sans plus se poser de question. Parce que sa quête est essentielle et révélatrice, parce qu’elle nous parle, comme la sortie de route des quatre garçons le fait également. Elle est source d’espoir.

Un cinquième personnage vient s’insérer dans cette histoire, et c’est bien cette pampa envoûtante, qui s’étend sur des centaines de kilomètres et qui émerveille autant qu’elle inquiète. Son volcan majestueux et ses histoires incroyables, impensables, horribles mais vraies – et que vous découvrirez dans le roman – apportent à la fois un cadre fort au roman, le magnifie, l’amplifie, le révèle.

Et si toute cette histoire nous paraît si troublante de véracité, si on a l’impression de suivre la véritable excursion de quatre hommes et leurs traumatismes, c’est bien parce que Nicolas Delesalle se base sur une expérience qu’il a vécu lui-même alors qu’il était journaliste. Comme il l’a confié lors d’une rencontre à la librairie de Paris pour le lancement de son roman, il ne peut écrire que sur quelque chose qu’il connaît. C’est sûrement pour cela que ses précédents ouvrages étaient plus de l’ordre du documentaire ou de la biographie que du roman. Mais pour s’essayer au roman, il devait prendre appui sur un fait qu’il avait vécu, et cela donne une puissance incroyable à ce roman.

En un mot comme en cent, vous devez lire ce roman. C’est une pépite, c’est un coup de poing, c’est un coup de cœur incroyable.

Ma note : 5/5

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Le Goût du large de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Le Goût du large, Editions Préludes, Paris, 2016

le gout du largeQu’il est difficile d’écrire une chronique sur un tel livre ! L’exercice est ardu, comme il l’a été pour le premier roman de cet auteur formidable, Nicolas Delesalle. Dans Un parfum d’herbe coupée, il nous faisait voyager dans ses souvenirs, et ce faisant dans les nôtres. Mais j’en retiens une impression de voyage et de découverte de soi. Ici, il continue sur sa lancée en nous faisant voyager, à nouveau dans ses souvenirs, mais de manière plus classique. Parce qu’avec ce livre, nous découvrons le monde comme il est bon de le voir : vrai, effrayant, beau, plein d’espoir et de désespoir. Humain, en somme.

Nicolas Delesalle embarque sur un cargo pour neuf jours, cargo qui doit relier Anvers à Istanbul. Et en neuf jours, il écrit certains souvenirs qui ressortent des tréfonds de sa mémoire. Comme le cargo qui transporte des conteneurs, il va ouvrir certains de ces propres conteneurs intérieurs et se livrer au lecteur. Chaque journée est l’occasion de nous faire voyager. Parce l’auteur est grand reporter pour Telerama, il en a vu des pays, en a rencontré des personnes. S’il n’est pas journaliste de guerre, comme il nous l’a confié lors de la soirée de lancement de ce livre, il s’est parfois retrouvé dans ces pays où il est plus question de survivre que de vivre, dans ces pays où la misère crève les rues mais semble si banale à ceux qui la voie tous les jours.

L’auteur nous emporte donc en Afghanistan, à Tombouctou, au Niger, à Moscou, à Kobané, en Egypte, depuis le MSC Cordoba. Il nous conte des vies, des rencontres, des situations souvent pittoresques, des drames et un espoir fou, celui qui devrait encore éclater dans nos cœurs et prendre la place de cette résignation qui nous fait détourner le regard de la misère que nous côtoyons. Il nous conte ces anecdotes de journalistes, mais aussi celles de son cargo, l’équipage philippin, l’autre voyageuse, les conteneurs et leur contenu complètement fou – acheminer des citrons depuis Anvers jusqu’à Istanbul en plein de juillet, quelle contradiction ! – son goût pour ce voyage de solitude, sa magnifique rencontre avec le cargo lui-même et la houle qui le berce.

Si au départ, on m’avait dit que ce livre parlerait de Syrie et d’Afghanistan, de guerre et de souffrance, je ne l’aurais pas ouvert. Quelle erreur cela aurait été ! Parce que ce n’est définitivement pas que cela. Et c’est pourquoi le travail de Nicolas Delesalle est essentiel. Parce qu’avec sa plume juste, son humour et sa retenue, il parvient à nous donner envie d’aller voir tout cela par nous –même. Il nous permet de mieux comprendre ceux qui vivent ces situations intolérables quotidiennement. Il nous donne un regard juste sur ces migrants qui risquent tout pour venir en Europe, que certains renverraient bien chez eux, montrant un manque de compassion à des personnes bien plus humaines qu’eux. L’humain, voilà ce que nous conte Nicolas Delesalle. Comme il a pu nous le dire, nous sommes tous humains, et chacun d’entre nous, chaque être humain, ressent peur, détresse, joie, horreur, impatience, envie.

Voilà ce qu’est Le Goût du large : un livre sur l’humain. Un livre important et essentiel. Un livre qui nous donne envie de voyager, et de partir sur un cargo tenter l’aventure. Il est important de le découvrir le plus vite possible. Vous en sortirez grandi.

Ma note : 5/5

Concours printemps et Prix Relay !

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Bonjour à tous !

Je ne vous ai pas encore beaucoup parlé du Prix Relay des voyageurs édition 2015 et je m’en excuse platement. Mais je vais réparer cette erreur tout de suite, et d’une manière qui devrait vous plaire !

Pour fêter cette nouvelle édition du Prix Relay, pour fêter le Printemps, mais aussi, et surtout, fêter les 3 ans du blog, j’organise un concours pour vous faire gagner un exemplaire d’un roman en lice pour ce prix. Pour rappel, ont été sélectionnés cette année :

  • Danser les ombres de Laurent Gaudé, paru chez Actes Sud
  • Le voyant de Jérôme Garcin, paru chez Gallimard
  • Baronne Blixen de Dominique de Saint Pern, paru chez Stock
  • Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle, paru chez Préludes Editions

Je vous propose donc de gagner Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle que j’ai adoré ! Pour rappel, vous trouverez ma chronique ici. N’est-ce pas une bonne nouvelle ?

un parfum d'herbe coupée

Et ce n’est pas tout ! Le Prix Relay des voyageurs est un prix vraiment très chouette qui laisse une place importante aux lecteurs en leur permettant de voter pour leur roman préféré, vote qui sera pris en compte par le jury et vous permettra de gagner éventuellement de très chouettes lots ! Je vous donne l’occasion de découvrir l’un des quatre romans en lice et de voter pour lui, ou l’un des trois autres si vous avez l’occasion de les lire ! Pour voter, ce sera par ici.


Pour participer, voici quelques règles et explications :

  • Je ne vous demande rien d’autre que d’aimer la page Facebook de mon blog, que voici.
  • Si c’est déjà le cas, chouette, vous n’avez qu’à remplir vos nom, prénom, adresse complète, adresse mail, pseudo pour l’annonce des résultats.
  • Pour avoir une chance supplémentaire de gagner, vous pouvez partager le concours sur vos réseaux sociaux et/ou blog. Votre nom apparaîtra deux fois dans l’urne virtuelle du tirage au sort !
  • Je n’accepte qu’une seule participation par personne (même nom et même pseudo du like de la page Facebook lié à la même adresse postale). Par contre, si votre mère, frère, fils habitant à la même adresse que vous souhaite jouer, alors qu’il/elle fonce !
  • Le concours est ouvert du DIMANCHE 17 MAI AU DIMANCHE 14 JUIN 2015 20h.
  • Le concours est ouvert à la FRANCE MÉTROPOLITAINE uniquement.

L’exemplaire du roman de Nicolas Delesalle étant en ma possession, c’est moi qui vous l’expédierai. S’il devait y avoir le moindre problème dans l’acheminement postal, je ne saurai être tenue pour responsable. Les résultats seront publiés sur mon blog et partagés sur la page Facebook du blog.

Voilà, tout est dit ! Il ne vous reste plus qu’à remplir le formulaire Google. Ne vous inquiétez pas, je suis la seule à voir vos informations, qui seront détruites après le tirage au sort final.

Bonne chance à tous !

MISE A JOUR DU 14 JUIN 2015 : Le concours est désormais clos. Merci pour vos participations, les résultats seront publiés à la suite de cet article très prochainement !

MISE A JOUR DU 15 JUIN 2015 : Et le sort a désigné Carmen Pol (pseudo Facebook) comme grande gagnante du concours et donc de cet excellent roman ! Bravo à elle !

 

 

Un parfum d’herbe coupée de Nicolas Delesalle

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Nicolas Delesalle, Un parfum d’herbe coupée, Préludes, Paris, 2015

un parfum d'herbe coupéeJe vous présente le premier roman publié au label Préludes, appartenant aux éditions Le Livre de Poche. Je ne vais pas vous expliquer toute la genèse de ce label, courrez sur leur site, tout y est expliqué !

Ce premier roman, donc, tout à la fois le premier édité chez Préludes, mais aussi le premier de l’auteur, est un hymne aux petits souvenirs insignifiants mais qui forgent tout, aux petits bonheurs enfouis dans un coin de la tête qui nous font parfois sourire et nous permettent de mieux apprécier le quotidien, aux malheurs aussi, pris avec philosophie au fil du temps, à tout ce qui forge un être humain, à tout ce qui le construit, à ce qui lui permet d’être vivant et de continuer à vivre.

Un parfum d’herbe coupée… Si je voulais être simpliste, je dirai : “Et vous, quelle est votre madeleine de Proust ?”. Mais ce n’est pas ça, pas vraiment, ou peut-être que oui au fond, qu’est-ce que j’en sais ? Mais avec moi, ce roman a fonctionné comme cela. Je ne suis pas tout à fait de la même génération de l’auteur et du héros – qui se confondent un peu – et malgré tout, de petites choses ont fait échos à mes souvenirs, en ont fait remonter.

Parce que, si vous ne l’avez pas encore compris, mais comme je me suis emballée, ce n’est certes pas de votre faute, il s’agit d’un roman contant les souvenirs d’un jeune homme, Kolia. Sa recherche de champignons, le trajet en voiture pour les vacances, sa première clope, le premier décès auquel il a dû faire face, cette odeur d’herbe coupée qui l’a tant marqué enfant, et j’en passe.

Et surtout pas d’ordre chronologique, cela casserait tout le rythme du roman. Est-ce que vos souvenirs remontent dans le bon ordre, du plus ancien au plus récent ? Et bien, ici, c’est la même chose. Ce sont les réminiscence d’un homme qui a profondément conscience que la vie est faite de souvenirs, et que ce sont bien eux qui nous forgent, qui nous forment, qui nous font. Alors c’est beaucoup, parce que c’est chacun de nous. Tout le monde peut y trouver une petite chose, un grain de sable qui fera échos à ses propres souvenirs. Lors d’une rencontre avec l’auteur – et je remercie au passage les équipes de Babelio et de Préludes de m’avoir permis d’y participer – celui-ci nous a confié qu’il avait été extrêmement surpris que ce roman touche autant de personnes aux profils différents, de toutes générations. Et alors qu’il n’avait écrit tout cela sans intention de le voir publié sous forme de roman, les éditrices de Préludes ont su le convaincre de la portée que ce roman aurait. Et elles ne se sont pas trompées !

Pour ma part, si je ne devais parler que d’un seul petit moment du livre qui reste gravé en gras dans mon esprit – ou qui me revient en premier – ce serait le chapitre sur les professeurs qu’a connu de près ou de loin Kolia, le personnage principal, et qui l’ont marqués et formés. Ces profs qui l’ont initié à la lecture, qui l’ont poussé à coup de retenus hebdomadaires où il devait lire un ouvrage choisi par la prof de français à aimer cela. Si mes souvenirs sont moins intéressants, mon professeur de latin au collège nous parlait des heures de littérature, nous donnant des références à n’en plus finir – c’est d’ailleurs elle qui m’a ainsi appris à rédiger des bibliographies – et pas seulement d’ouvrages classiques. Elle m’a fait découvrir Harry Potter à cette époque, ce fut mon héroïne pendant des années, et elle l’est encore car elle avait compris qu’initier les enfants à la lecture jeunesse était le premier pas pour les intéresser plus tard à des romans plus classiques. Voilà pour “mon parfum d’herbe coupée” à moi. Mais si vous ne lisez pas ce livre, vous manquez quelque chose. Vous passez à côté de vos propres souvenirs, une redécouverte des moments qui ont marqué votre enfance, votre adolescence, votre vie de jeune adulte. Bref, les moments charnières d’une vie. Et c’est bien à la lecture de ce livre formidablement bien écrit qu’on comprend que les souvenirs qui restent ne sont parfois que des anecdotes, des événements à première vue insignifiants. Mais à notre plus grande surprise, ils sont là.

Alors, lisez-le. Allez-y, vous ne pouvez passer à côté.

Ma note : 5/5