Silo de Hugh Howey

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Hugh Howey, Silo, Actes Sud : Le Livre de Poche, Arles / Paris, 2013 / 2016

siloDe la science-fiction, voilà un moment que je n’en avais pas lue ! Et je dois dire que Silo est une belle réussite, à l’intrigue bien ficelée, un premier tome plein de promesses, une dystopie très alléchante !

Notre monde est détruit, l’air y est irrespirable. Dans ce futur lointain apocalyptique, quelques milliers d’humains vivent, ou plutôt survivent, dans un silo enterré dans le sol. Un silo de 144 étages. Tout y est régi de manière très stricte : chaque étage est dévolu à une tâche (serres, machinerie, hôpital, habitations, fournitures, etc.), les niveaux les plus près du sol sont conférés aux plus hautes sphères de cette société très contrôlée. Les naissances sont régulées, certaines idées ne doivent jamais être exprimées. En cas d’infraction grave, on est envoyé au nettoyage : dans une combinaison qui ne protège pas bien longtemps, on est contraint de sortir à l’extérieur pour y mourir. Et chose complètement aberrante : on doit nettoyer les capteurs des caméras qui filment l’extérieur, afin que les habitants du silo puissent voir l’extérieur. Mais tout le monde se demande pourquoi ces exilés le font, pour un peuple qui les a exclu de leur société ? Même les plus récalcitrants finissent par nettoyer. Ce grand mystère hante le shérif Holston, qui a été contraint d’envoyer sa femme à l’extérieur trois ans auparavant, parce qu’elle avait dit les mots interdits et travaillait sur des soi-disant non-dits dans le silo et des complots qui le hanteraient… Il décide donc de suivre les intuitions de sa femme et sort à son tour. A-t-il eu raison ? Ne vient-il pas, sans le vouloir, d’amorcer une insurrection dans le silo ? Juliette, nommée shérif et travaillant auparavant aux machines, a fort à faire pour comprendre ces mystères, le rôle du DIT qui gère toutes les données du silo – et peut-être donc bien plus que cela – et le fonctionnement du silo…

Hugh Howey nous propose une énorme saga au grand potentiel. Il crée un monde dystopique, futuriste, assez effrayant tant il pourrait être réel un jour prochain. Le monde est très bien ficelé, on sent que l’auteur a pensé à tout : les moyens pour survivre, eau, nourriture, électricité, air, contrôle des naissances, réutilisation des tissus, cuirs and co, les délimitations sociales, le manque de communication entre étages et corps de métiers afin d’éviter toute contagion d’idées dangereuses, etc. C’est extrêmement bien fait, les personnages sont attachants, ou très énervants, mais bien construits.

En parlant de construction, le roman est porté par la sienne. Tout s’entrecroise parfaitement, les informations et révélations sont distillées aux bons moments. On comprend au fur et à mesure comment a été construit ce silo, ce qui sous-tend son fonctionnement, qui tire vraiment les ficelles et quels sont les enjeux. Evidemment, à la fin de ce premier tome, on se doute que de nombreuses informations nous sont encore cachées – et heureusement, sinon les deux tomes suivants n’auraient que peu d’intérêt – mais le point fort de ce premier tome est de nous donner les réponses aux principales questions qu’on se posait dans ce tome.

On a pu en lire, des romans de ce genre, ces dernières années. Mais celui-ci a quelque chose de plus, il parvient à nous convaincre qu’un tel monde pourrait exister, parce qu’il reprend des thèmes forts de notre monde actuel : politique, conflits d’intérêt, quête de pouvoir, la recherche du bien commun d’un côté, la soif de vérité et de liberté, les conflits sociaux, les rancoeurs et les injustices de l’autre. Mais la force de l’auteur est d’y insuffler un suspens, une tension forte, qui nous envoie directement auprès de Juliette et des siens, dans un monde qui nous fait parfois un peu suffoquer, un peu devenir claustrophobe. Parce qu’il est bien difficile de s’imaginer vivre dans un monde souterrain, duquel on ne peut se soustraire sans y laisser la vie. C’est en prime bien écrit, fluide, sans fioritures inutiles. Peut-être quelques longueurs, notamment dans la descente et la montée des étages par les personnages, et les détails techniques, mais finalement cela rend le roman d’autant plus réaliste.

Un monde fascinant, donc, qui nous montre jusqu’où nous pouvons amener notre planète et ses habitants… Hâte de découvrir les deux tomes suivants pour savoir ce que nous réserve Hugh Howey !

Ma note : 5/5

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