La vie enfuie de Martha K. d’Angélique Barbérat

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Angélique Barbérat, La vie enfuie de Martha K., Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

la_vie_enfuie_de_martha_k_hdLa vie enfuie de Martha K. est un roman plein d’humanisme, de compassion et de tendresse, face à la dureté du monde et des hommes. C’est un roman qui nous fait passer par un nombre incalculable d’émotions, mais là, rien de bien étonnant, l’auteur étant Angélique Barbérat. Ma découverte de L’instant précis où les destins s’entremêlent m’avait fait le même effet. Une belle lecture, encore une fois !

Dans les premières pages de ce roman, nous découvrons une jeune femme qui vient d’être découverte dans un camion, à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne. Avec en tout et pour tout un tube de rouge à lèvre dans la poche. Tous ses souvenirs se sont envolés. Elle ne sait plus qui elle est, il ne lui reste plus rien de sa vie passée. Après quelques semaines, on parvient enfin à l’identifier : elle s’appelle Martha, est mariée et a un petit garçon. Elle vit sur les bords du lac d’Annecy, dans une magnifique maison. Et elle est enceinte. Son retour est rude : son mari veut retrouver son épouse d’avant, son fils sa maman. Tout le monde lui présente un portrait de Martha parfait. Mais elle ne sait pas bien qui est cette femme. En tout cas, ce n’est plus elle. Mais l’a-t-elle vraiment été ? Quelque chose cloche dans ce qu’on lui raconte, et sa mémoire, loin de lui revenir, continue à lui jouer des tours de la plus bizarre des manières. Elle est de plus en plus en plus perdue mais déterminée à s’en sortir. Coûte que coûte.

C’est un magnifique roman sur le destin d’une femme, sa quête de la vérité. Sur la mémoire aussi, et sur l’identité surtout. Qu’est-ce qui fait qu’on est soi-même ? Comment aimer à nouveau des personnes qu’on a aimées mais qu’on ne connaît plus ? Comment reprendre une vie comme si de rien était, alors qu’on n’en a aucun souvenir ? Autant de questions que se pose l’héroïne et qui n’ont pas de réponses simples, ni évidentes.

Mais plus qu’un roman sur l’identité, on plonge également dans une quête de vérité. Nous aussi, nous voulons savoir qui elle était réellement, et non avoir la vision de ses proches. Nous voulons savoir ce qui lui est arrivé. Pourquoi elle a eu cet accident de voiture et comment elle s’est retrouvée dans ce camion, si loin de chez elle. Etait-ce seulement un accident ? Et si la réponse se trouvait dans le travail qu’elle avait à l’époque ? Enseignante dans un lycée particulier, puisque rescolarisant des jeunes au passé difficile, leur évitant par là même la prison, lycée novateur dorénavant fermé, elle aimait son métier et y excellait. Ou alors serait-ce lié à sa vie personnelle ? Son mari ? Même si la mère de ce dernier est une vraie teigne, même si elle peut avoir des doutes quant aux relations qu’elle entretenait avec lui, tout ceci est-il suffisant pour douter de lui ? On nous entraîne donc dans un méli-mélo d’énigmes sans réponse, nous frustrant tout autant que Martha. Jusqu’à ce que… Jusqu’à ce qu’elle soit obnubilée par un éclair. Jusqu’à ce qu’elle entende un nom à la radio. Jusqu’à ce que de petits fragments de mémoires et certains faits viennent chambouler l’équilibre précaire et frustrant mis en place depuis sa perte de mémoire.

Autant un roman de destin de femmes, avec une histoire d’amour se cachant derrière tout ceci, comme on pouvait s’y attendre, qu’un roman à suspens. Une fois les premières pages passées, et malgré quelques longueurs et répétitions, on se retrouve happée par l’histoire de Martha. Angélique Barbérat est une excellente conteuse qui parvient à nous soustraire à la réalité avec beaucoup de talent.

Le grand plus de ce roman, c’est la révélation finale. Car si certaines choses se dévoilent au fur et à mesure, surtout une fois passé la première partie du roman un peu longuette, si l’histoire d’amour pressentie n’est pas celle qu’on aurait pu imaginer et envoie balader le bien-pensant en mettant au premier plan les sentiments, la fin étonne et surprend, et renvoie à une folie impensable et aux justifications bancales que certains peuvent se donner pour justifier leurs actes.

Un roman qui mêle donc quête d’identité, enquête, histoire d’amour, destin de femme, reconstruction. Un roman facile à lire, qui happe le lecteur malgré ses quelques longueurs. En définitive, un excellent moment de lecture, un turn-over efficace.

Ma note : 4/5

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