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La mort d’une princesse de India Desjardins

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India Desjardins, La mort d’une princesse, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

La_mort_d_une_princesse_hdEnvie d’un roman léger, d’un moment de détente et de lâcher prise ? Un petit plaisir sans conséquence, qui fait du bien au moral ? Une lecture sympathique à lire en quelques heures pour se vider la tête ? Alors foncez sur La mort d’une princesse, c’est pile poil ce qu’il vous faut !

Sarah a la trentaine, un petit copain avec qui tout va bien, un boulot qui lui plaît et dans lequel elle s’investit. Aussi, quand elle part en vacances avec son jules, elle s’attend à une demande en mariage. Sauf que rien ne se passe comme prévu… Les vacances sont écourtées, elle rentre célibataire au bercail. Sept ans après, elle a mis de côté ses sentiments et les mecs, et se consacre à sa boîte de relations publiques dans laquelle elle est investie corps et âme. Elle croit dur comme fer que ça lui suffit amplement. Elle aime son boulot, réussit, c’est devenu une acharnée qui se contente de l’amitié de sa meilleure amie, mère célibataire. Mais est-il si facile de renoncer à l’amour ? Peut-elle continuer sa vie comme cela ?

Voici un roman feel good qui répond tout à fait aux attentes qu’un lecteur peut avoir en ouvrant ce type d’ouvrage. Le style de l’auteur est agréable, conforme à ce genre, le roman se lit ainsi en quelques heures. L’auteur n’est pas une nouvelle venue sur la scène littéraire, puisqu’elle rencontre un franc succès avec Le journal d’Aurélie Laflamme chez les adolescents. Cependant c’est la première fois qu’elle écrit pour des adultes, et c’est réussi. On ouvre ce roman comme on ouvrirait un roman pour adolescents, la frontière est plutôt ténue, mais ça fonctionne. C’est aussi bon qu’un carré de chocolat grignoté pelotonné dans son canapé.

Et si ça fonctionne aussi bien, c’est surtout qu’on ne tombe pas dans les écueils de ce type de genre littéraire « chicklit », avec des héroïnes gnangnans et des situations trop rocambolesques, franchement invraissemblables, à la limite du ridicule. Ce n’est pas le cas ici, du tout. Sarah est attachante, paumée, déçue par l’amour et qui ne supporterait pas d’être à nouveau blessée par un homme. C’est finalement une situation que beaucoup de trentenaires actuelles connaissent, et je parle en connaissance de cause ! Il est donc facile de s’identifier à elle. Les autres personnages sont aussi sympathiques, à l’instar d’Anik, la meilleure amie, elle aussi aigrie des relations amoureuses, ou Jean-Krystofe, son assistant d’une vingtaine d’années qui met une touche d’humour dans le récit.

La seule petite chose que je trouve dommage dans ce roman, ce sont les « communiqués pour diffusion immédiate » qui parsèment le roman. Le but est certainement d’apporter une touche d’humour supplémentaire, mais pour être honnête, ça m’a plutôt ennuyée et pas fait franchement sourire, ça arrive comme un cheveu sur la soupe en plein milieu du récit et n’apporte pas grand chose. A tel point que je ne les lisais plus au bout d’un moment.

Ce n’est pas le roman de l’année, certes, ni celui qui va révolutionner le genre. Mais personnellement, je n’ai pas très envie d’une telle révolution, cherchant dans ce type de lecture pile poil ce que ce roman m’a apporté. C’est un chouette roman feel-good, dont on tourne les pages frénétiquement pour savoir comment va finir l’histoire de Sarah, bien qu’on se doute de la fin. Et c’est une fin qu’on attend, n’ayons pas honte de le dire ! Ce roman apporte donc quelques heures de lecture sans conséquence, un moment de lecture agréable qui fait du bien au moral. Que demander de plus ?

Mention spéciale à la couverture, réalisée par Diglee, qui illustre parfaitement l’ambiance du roman, qui donne envie de le prendre en main et de le commencer.

Ma note : 4/5

La vie enfuie de Martha K. d’Angélique Barbérat

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Angélique Barbérat, La vie enfuie de Martha K., Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

la_vie_enfuie_de_martha_k_hdLa vie enfuie de Martha K. est un roman plein d’humanisme, de compassion et de tendresse, face à la dureté du monde et des hommes. C’est un roman qui nous fait passer par un nombre incalculable d’émotions, mais là, rien de bien étonnant, l’auteur étant Angélique Barbérat. Ma découverte de L’instant précis où les destins s’entremêlent m’avait fait le même effet. Une belle lecture, encore une fois !

Dans les premières pages de ce roman, nous découvrons une jeune femme qui vient d’être découverte dans un camion, à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne. Avec en tout et pour tout un tube de rouge à lèvre dans la poche. Tous ses souvenirs se sont envolés. Elle ne sait plus qui elle est, il ne lui reste plus rien de sa vie passée. Après quelques semaines, on parvient enfin à l’identifier : elle s’appelle Martha, est mariée et a un petit garçon. Elle vit sur les bords du lac d’Annecy, dans une magnifique maison. Et elle est enceinte. Son retour est rude : son mari veut retrouver son épouse d’avant, son fils sa maman. Tout le monde lui présente un portrait de Martha parfait. Mais elle ne sait pas bien qui est cette femme. En tout cas, ce n’est plus elle. Mais l’a-t-elle vraiment été ? Quelque chose cloche dans ce qu’on lui raconte, et sa mémoire, loin de lui revenir, continue à lui jouer des tours de la plus bizarre des manières. Elle est de plus en plus en plus perdue mais déterminée à s’en sortir. Coûte que coûte.

C’est un magnifique roman sur le destin d’une femme, sa quête de la vérité. Sur la mémoire aussi, et sur l’identité surtout. Qu’est-ce qui fait qu’on est soi-même ? Comment aimer à nouveau des personnes qu’on a aimées mais qu’on ne connaît plus ? Comment reprendre une vie comme si de rien était, alors qu’on n’en a aucun souvenir ? Autant de questions que se pose l’héroïne et qui n’ont pas de réponses simples, ni évidentes.

Mais plus qu’un roman sur l’identité, on plonge également dans une quête de vérité. Nous aussi, nous voulons savoir qui elle était réellement, et non avoir la vision de ses proches. Nous voulons savoir ce qui lui est arrivé. Pourquoi elle a eu cet accident de voiture et comment elle s’est retrouvée dans ce camion, si loin de chez elle. Etait-ce seulement un accident ? Et si la réponse se trouvait dans le travail qu’elle avait à l’époque ? Enseignante dans un lycée particulier, puisque rescolarisant des jeunes au passé difficile, leur évitant par là même la prison, lycée novateur dorénavant fermé, elle aimait son métier et y excellait. Ou alors serait-ce lié à sa vie personnelle ? Son mari ? Même si la mère de ce dernier est une vraie teigne, même si elle peut avoir des doutes quant aux relations qu’elle entretenait avec lui, tout ceci est-il suffisant pour douter de lui ? On nous entraîne donc dans un méli-mélo d’énigmes sans réponse, nous frustrant tout autant que Martha. Jusqu’à ce que… Jusqu’à ce qu’elle soit obnubilée par un éclair. Jusqu’à ce qu’elle entende un nom à la radio. Jusqu’à ce que de petits fragments de mémoires et certains faits viennent chambouler l’équilibre précaire et frustrant mis en place depuis sa perte de mémoire.

Autant un roman de destin de femmes, avec une histoire d’amour se cachant derrière tout ceci, comme on pouvait s’y attendre, qu’un roman à suspens. Une fois les premières pages passées, et malgré quelques longueurs et répétitions, on se retrouve happée par l’histoire de Martha. Angélique Barbérat est une excellente conteuse qui parvient à nous soustraire à la réalité avec beaucoup de talent.

Le grand plus de ce roman, c’est la révélation finale. Car si certaines choses se dévoilent au fur et à mesure, surtout une fois passé la première partie du roman un peu longuette, si l’histoire d’amour pressentie n’est pas celle qu’on aurait pu imaginer et envoie balader le bien-pensant en mettant au premier plan les sentiments, la fin étonne et surprend, et renvoie à une folie impensable et aux justifications bancales que certains peuvent se donner pour justifier leurs actes.

Un roman qui mêle donc quête d’identité, enquête, histoire d’amour, destin de femme, reconstruction. Un roman facile à lire, qui happe le lecteur malgré ses quelques longueurs. En définitive, un excellent moment de lecture, un turn-over efficace.

Ma note : 4/5

A l’orée du verger de Tracy Chevalier

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Tracy Chevalier, A l’orée du verger, Quai Voltaire / La Table Ronde, Paris, 2016

a l'orée du vergerJe connaissais Tracy Chevalier pour avoir lu il y a quelques années deux de ses romans que j’avais beaucoup aimés, La jeune fille à la perle et La dame à la licorne. Quand j’ai eu l’occasion de découvrir son dernier roman A l’orée du verger, j’ai sauté sur l’occasion de me replonger dans la plume de cet auteur. Et je n’en suis pas déçue ! Cette histoire touchante, qui mélange destins d’hommes, d’arbres et de pommes au temps des pionniers et de la conquête de l’Ouest américain m’a transportée et émue.

La famille Goodenough est installée en Ohio, dans les marais du Black Swamp depuis neuf ans. Ils ont quitté le Connecticut pour trouver des terres à cultiver, où James, le père de famille, pourrait planter des pommiers, et notamment ses adorées reinettes dorées, emmenées d’Angleterre il y a longtemps et prêtes à conquérir l’Ohio. Mais la vie n’est pas simple dans ces marais putrides, où les moustiques attaquent sauvagement pendant tout l’été, où il est difficile de ne pas attraper la fièvre, où il n’est pas rare d’y succomber. En plus de cela, il est bien difficile d’entretenir une maison entourée de boue, d’entretenir verger, cultures diverses et animaux, dans la solitude, puisque les premiers voisins sont à des kilomètres. Dans cette famille aux dix enfants, les premières décès ont déjà frappés, et les tensions sont inévitables. Sadie, la femme de James, est folle d’eau de vie de pommes, qui l’aide à combattre la fièvre, dit-elle, et pour cela elle a besoin de pommes acides. Quant à James, il raffole de ses reinettes, des pommes sucrées, et s’acharne à greffer des pommiers acides pour les transformer en pommiers qui donneront les pommes qu’il aime tant. La guerre est déclarée entre eux, pour le meilleur et pour le pire… Des années plus tard, Robert, le benjamin de la famille, celui qui était le plus silencieux et qui apprenait beaucoup avec son père, se retrouve dans l’Ouest. Depuis qu’il est parti à neuf ans, il a cherché à chaque instant à mettre son passé derrière lui, à ne plus y penser, et à tenter sa chance ailleurs. Il exercera de nombreux métiers avant d’aller voir des séquoias californiens, ces arbres immenses qui vont changer sa vie et lui permettre de panser ses plaies et de faire la paix avec son passé et le drame qui s’y est déroulé.

Voici un roman comme on en rencontre peu. L’auteur parvient à mettre au diapason nature et humanité et à nous donner envie de croquer dans une bonne pomme bien juteuse et sucrée. Si le début est un peu long, on se retrouve très rapidement enchaîné aux destins de ces personnages atypiques, durs, brisés par la vie et la rudesse de ce pays en pleine transformation, pris dans leurs faiblesses et pour qui le moindre événement qui paraîtrait insignifiant est exacerbé et amène des drames incompréhensibles. C’est un roman profondément humain, où Tracy Chevalier décortique l’âme humaine, essayant de comprendre ce qui peut amener au point de rupture, à la folie. Mais je vous rassure, elle inserre dans sa décoction un espoir immense dans le personnage de Robert, mais aussi dans celui de sa douce sœur Martha, du loufoque William Lobb, exportateur anglais de graines et de jeunes pousses d’arbres typiques de la côte californienne, ou encore de la tendre et exubérante Molly. Chaque personnage a son importance, même le plus secondaire, et chacun est construit avec un sens du détail grandiose.

Tracy Chevalier nous donne à lire un roman abouti, plein de véracité. On sent à la lecture de ce roman que ses recherches historiques ont été minutieuses. Elle inserre dans le panorama déjà large de personnages des personnalités ayant réellement existés, comme William Lobb que j’ai déjà mentionné, mais aussi John Chapman, surnommé John Appleseed, qui vendait pousses de pommiers et arbustes, et donnait le plus souvent des graines, aux pionniers qui s’installaient pour planter un verger. Cette figure historique est tout à fait atypique et savoir que cet homme a vraiment existé permet peut-être de mieux se transporter dans ce roman, imaginant sans difficulté que si un personnage aussi excentrique a pu exister, alors ceux qu’invente l’auteur ont très bien pu exister, sous une forme ou une autre. Notons également que Billie Lapham, copropriétaire de Calaveras Grove en Californie, où on pouvait admirer ces séquoias géants, a également existé, ainsi que sa femme Nancy.

Ce roman est en prime porté par une très belle écriture, poétique, douce même dans les moments les plus terribles, jamais dure et froide. Il est construit de manière originale, ce qui sert indéniablement le récit. Si on commence ce dernier à l’été 1838 dans le verger des Goodenough, alors que Martha et Robert ne sont que des enfants, on passe ensuite à une partie consacrée aux lettres envoyées par Robert, de son écriture malhabile, jusqu’en 1856, puis on revient en 1854 où on comprend comment il est retombé sous le charme des arbres et de la nature, pour revenir à l’automne 1838 et au drame familial, suivre ensuite les lettres envoyées par Martha, et terminer le récit à nouveau en 1856. Cette construction sert le suspens, et plus on apprend à connaître Robert, plus on a envie de comprendre ce qui lui est arrivé, pourquoi il a quitté sa famille si jeune. Les informations, distillées avec habileté et de manière réfléchie, nous expliquent petit à petit le caractère de Robert, ses fêlures et ses réserves, son comportement et son caractère. C’est très bien pensé, cohérent, et on se laisse prendre dans le fil du récit, par la plume de l’auteur qui parvient sans problème à alterner les passages à la troisième personne quand il s’agit de suivre James, puis Robert, à la première personne, avec un style bien plus direct quand nous suivons Sadie. L’écriture devient très veloutée pour les lettres de Martha, et le ton est plus brut et l’écriture très grossière pour les lettres de Robert. On s’y croirait réellement, le tout donne une impression de réalité forte, et il est difficile d’imaginer que ces personnages n’ont pas vraiment existés dans cette Amérique des pionniers.

Voici donc un livre important, qui nous parle avec une langue majestueuse des pionniers américains et de leurs difficultés qui les ont façonnées, de la nature et de sa majesté, qui nous entoure et nous fait rêver. Un roman magnifique.

Ma note :5/5

Nos adorables belles-filles d’Aurélie Valognes

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Aurélie Valognes, Nos adorables belles-filles, Michel Lafon, Paris, 2016

Nos_adorables_belles-filles_hdRappelez-vous : il y a peu de temps, je vous parlais d’un roman qui se nommait Mémé dans les orties. J’en disais du bien, vous promettant de passer un moment agréable, à rire et à se sentir mieux après l’avoir refermé. Vous imaginez bien qu’à la sortie du nouveau roman d’Aurélie Valognes, il fallait que je lise ce livre. Et le pari est encore gagné ! C’est frais, plaisant, marrant, feel-good à souhait. Quoi de mieux pour l’été ?

Bienvenue dans une famille déjantée ! Jacques et Martine reçoivent leurs trois fils, compagnes et descendance pour Noël. Et ils savent déjà que l’ambiance va être électrique… Il faut dire qu’ils ne se font pas de cadeaux dans cette famille ! Jacques est despotique, franc du collier, et surtout très égoïste. S’il a quelque chose à dire, il le dit ! Et tant pis si ça froisse, et même les nouveaux venus dans la famille. Evidemment, le repas ne se passe pas comme prévu et Martine rentre en rébellion : pourquoi Jacques ne fait-il aucun effort pour ses fils et belles-filles ? Oui, ces dernières ont leurs caractères bien trempés, mais leurs fils ne sont pas mieux… Alexandre est effacée et mollasson, et il vit avec Laura, une végétarienne qui n’a pas peur de grand chose. Matthieu est un grand enfant, et compense avec sa femme Stéphanie, tyrannique maman de bientôt trois enfants. Enfin, Nicolas est un brillant chef cuisinier qui ne parvient pas à aimer comme il faudrait. Sa nouvelle compagne, Jeanne, gentille mais qui ne s’en laisse pas compter, débarque dans cette maison de fous. Tout ce beau monde va devoir se supporter, mais surtout accepter les remarques de Jacques… Que va-t-il advenir de leurs relations ? La famille restera en un seul morceau après une année de compromis, d’efforts et de frustrations après l’entrée en rébellion de Martine ?

Voici un roman rafraîchissant comme il fait bon en lire de temps en temps. Un concentré de bonne humeur et de situations plus loquaces les unes que les autres, qui nous font pouffer de rire. Un roman bien écrit qui se dévore d’une traite, comme on regarderait un film feel-good duquel on ressortirait apaisé et le sourire aux lèvres ! Aurélie Valognes réussit à nouveau à nous transporter auprès de personnages atypiques et à rendre notre rencontre avec eux savoureuse et drôle.

Parce que si elle nous avez régalé avec Ferdinand dans Mémé dans les orties, elle parvient à nouveau à nous enchanter avec Martine et Jacques ! Ce dernier, si je n’en voudrait pas dans ma famille – mais soyons honnête, ils sont peu nombreux dans cette famille que je voudrais dans la mienne… – nous régale par son égoïsme. Dans cette maison bretonne où se passe le plus clair de l’intrigue, on se prend à imaginer la manière dont nous réagirions à certaines situations, et je dois avouer que j’aurais fait mes valises depuis longtemps. Mais tous ces personnages loufoques sont éminemment attachants, et tout particulièrement Antoinette, la grand-mère, pétrie d’une bienveillance qui ne l’empêche pas d’être allumée également, à sa manière. Par contre, je comprends l’acharnement de Jacques contre Stéphanie et Laura, assez ingrates à leur manière. Parce que si c’est principalement contre leur beau-père que va leur rancœur, c’est bien souvent Martine qui en fait les frais… Ah, les familles !

Tout ce petit monde offre une bouffée d’air frais, et l’on se dit que finalement, notre famille est plutôt facile à vivre en comparaison. Offrir des cadeaux à thème, afin de rabaisser les autres, faire sonner le téléphone pour réveiller tout le monde, confondre un somnifère avec un antihistaminique, voici un échantillon des péripéties qui attendent les personnages. Si vous avez un coup de mou, le besoin urgent d’un petit remontant, l’envie de rire un bon coup, de prendre du bon temps et de passer une ou deux soirées dans une famille pas comme les autres, ce roman est fait pour vous !

Ma note : 5/5

Pour quelques milliards et une roupie de Vikas Swarup

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Vikas Swarup, Pour quelques milliards et une roupie, Belfond, Paris, 2014.

Pour quelques milliards et une roupieAvez-vous lu Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire de Vikas Swarup ? Avez-vous aimé ? Si votre réponse est oui, alors vous devez lire absolument Pour quelques milliards et une roupie ! J’y ai retrouvé tout l’esprit des fabuleuses aventures d’un indien malchanceux, une construction aussi bien faite, et une enquête et des rebondissements incroyables que je n’imaginais pas… A nouveau, vous serez précipité dans une Inde moderne très dure, auprès d’une héroïne incroyable et fantastique que vous n’oublierez pas de sitôt…

Sapna Sinha est vendeuse dans un magasin d’électroménager à Delhi. Elle qui avait entrepris des études pour devenir haut fonctionnaire, la voilà réduite à un travail qui ne lui plaît guère après la mort d’un de ses soeurs, puis de son père. Obligée de subvenir aux besoins de sa mère malade, qui ne s’est jamais remise de la perte d’une de ses filles et de son mari, et d’une soeur capricieuse, aux désirs de diva, elle mène sa barque en reléguant ses rêves enfouis d’écrire et de travailler un jour dans une maison d’édition au fond de son coeur. Mais voilà qu’un jour, alors qu’elle sort du temple où elle se recueille tous les jours pendant sa pause déjeuner, un homme mystérieux l’aborde et lui fait une proposition tout à fait incroyable et profondément louche : il lui propose sa place à la direction d’une des plus grande entreprises de l’Inde si elle réussit sept mystérieuses épreuves, dont elle ne sera en quoi elles consistent que quand elle les aura passées. Sinha est éberluée : pourquoi ? Que cherche cet homme ? Ce ne peut être gratuit… Où est le piège ? Et surtout, pourquoi l’avoir choisi elle, plutôt qu’un autre, bien plus qualifié ? Et alors même qu’elle n’a rien demandé ? Prise à la gorge pour conserver le logement de sa famille dans le plus pauvre quartier de New Delhi, la voilà qui accepte… Mais ces épreuves l’emmèneront bien plus loin qu’elle ne l’imagine.

Vikas Swarup nous propose ici un conte moderne qui nous emmène bien plus loin qu’on ne l’aurait imaginé. A la manière de son roman Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire qui a fait sa renommée, il nous emmène à la découverte de la nature humaine, de sa dureté, sa méchanceté, mais aussi sa beauté et bonté, au travers de situations banales qui en deviennent extraordinaires, dans un pays merveilleux, inquiétant, mystérieux et fascinant.

Les sept épreuves sont l’occasion de sept chapitre différents, où la personnalité, les réactions et les actes de Sinha sont mis à l’épreuve. Loin de se douter qu’elle est en pleine épreuve, elle agit avec son coeur, et ce roman nous permet de découvrir les méandres de l’âme humaine, ces premières réactions parfois égoïstes, le désir de justice et de protection de ceux qu’on aime parfois instinctifs et qu’on ne soupçonnait pas. En résumé, les réaction d’une jeune femme fasse à l’adversité, dans un pays aux moeurs bien particulières. Sinha est ainsi confronté à des histoires de mariage forcé, de vol, de tentative de viol, et de bien d’autres situations extrêmes bien difficiles à gérer.

Mais le mystère réside autour de ce mystérieux patron et de ses véritables intentions. Et la grande question : les situations que vit Sinha, et qui constituent après coup ses épreuves, ont-elles été mises en scènes par le milliardaire ? Ou est-ce les situations quotidiennes de Sinha qui lui permettent de juger de son caractère, et qui en font a posteriori des épreuves ? Et l’histoire ce complique de plus en plus, alors que les épreuves arrivent à leur fin. Le final est assez incroyable, la septième épreuve tout à fait étonnante et pleine de rebondissements. Quant aux réactions finales de Sinha… Je me tais !

Il s’agit d’un merveilleux conte, aux personnages divers, certains assez détestables, comme la soeur de Sinha, d’autres infects, d’autres encore justes et dévoués, plein de bonté. La panoplie de personnages que nous offre Vikas Swarup, à l’instar de ces autres romans, est extrêmement riche et présente des caractères d’une rare diversité.

Cette lecture est incroyable, et ne peut laisser indifférent. On reste longtemps en compagnie de Sinha après avoir refermé ce roman, et on repense aux épreuves – finalement au nombre bien plus important que sept – et on se demande comment on y aurait réagi, dans un monde régi par la corruption…

Une seule conclusion s’impose : il vous faut lire ce roman !

Ma note : 5/5

Crime Academy – Les Enquêtes de l’Inspecteur Higgins de Christian Jack

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Christian Jack, Crime Academy – Les Enquêtes du l’Inspecteur Higgins, J Editions, Paris, 2012.

crime academyJe connaissais Christian Jacq pour ses romans et écrits sur l’Egypte et l’égyptologie. Je ne l’attendais pas dans le registre du policier. Et bien, je me suis plutôt amusée à la lecture de ce tome des Enquêtes de l’Inspecteur Higgins, bien que ce ne soit pas le premier écrit par l’auteur.

Le concept de cette enquête est plutôt original – et ma foi, on peut se demander si un jour on n’en arrivera pas là. Une nouvelle émission va bientôt voir le jour sur les écrans de télévision anglais : Crime Academy. Le concept : sept assassins qui auraient commis le crime parfait sont invités à venir décrire leur forfait. Celui qui sera consacré par le public pour avoir commis le plus exceptionnel des crimes gagnera le jackpot, ainsi qu’une adaptation cinématographique de son forfait. Une flopée d’avocats encadrera les assassins, et si la prescription n’a pas cours en Grande Bretagne, les décennies qui séparent les meurtriers de leurs crimes les rendront bien difficile à être punis. Scotland Yard est sur les dents. Comment empêcher une telle abomination d’être diffusée ? Le superintendant Scott Marlow est dépassé. Il décide de faire appel à l’ex-inspecteur chef Higgins. Ce dernier s’est en effet retiré de la police et mène une existence tranquille dans la campagne anglaise. Mais à l’occasion, il aide Marlow dans ses enquêtes. Il pressent que celle-ci sera plus ardue qu’il n’y paraît… Et tout commence avec ce présentateur télé vedette, Cecil Cadeno, très suffisant et énervant au possible, sûr du succès de son emission et de sa diffusion. Mais que cache cette émission ? Qui sont ces présumés assassins ? Ont-ils réellement commis le crime dont ils s’accusent et ont-ils des liens entre eux ?

Très bon concept de Christian Jacq qui a déjà fait ses preuves : Angleterre, un enquêteur sympathique mais dont on ne sait que peu de choses, enquêtes à l’ancienne, sans police scientifique et autres, notes prises dans des carnets, et un final regroupant tous les suspects pour la révélation du coupable. Si ça ne fait pas penser aux classiques anglais, Agatha Christie et Sir Conan Doyle… Mais jusque là, je suis partante ! C’est plutôt agréable de se retrouver dans cette ambiance bien particulière, et la révélation finale est toujours un grand moment, où toutes les pièces du puzzle s’assemblent à la perfection.

L’idée de Crime Academy est vraiment bonne, elle marque profondément le mal de notre époque, ce prêt à tout pour la célébrité et l’argent. La morale est toujours reléguée au second plan, et c’est bien le plus inquiétant. C’est à se demander si ce concept ne pourrait pas voir le jour sur nos écrans, peut-être dans une autre forme, m’enfin… Là est la grande force de ce roman policier.

Christian Jacq propose un roman bien écrit, très simplement. Les arcanes du roman policier sont là. La trame narrative se base sur les entretiens d’Higgins avec les différents suspects. On cherche à faire des liens en même temps qu’Higgins. Mais pour tout avouer, il m’a manqué quelque chose, un grain de sable dans les rouages parfaitement huilés de ce policier. J’ai trouvé l’enquête rapide, l’enchaînement des entretiens deviennent un peu routinier, j’en suis arrivée presque à m’embêter un peu. Cette rapidité a finalement nui au roman, dans le sens où je ne me suis pas imprégnée d’une ambiance, cette ambiance particulière qu’on trouve dans les romans d’Agatha Christie. Je ne me suis pas fondue dans cette atmosphère si caractéristique qui fait la plue valus de ce type d’enquêtes traditionnelles. Ça manque de “fondu” à mon sens, les chapitres sont courts, et s’enchaînent de manière un peu abruptes.

D’un autre côté, ce roman est efficace, et l’inspecteur Higgins est plaisant. C’est rapidement lu, on va à l’essentiel. et la fin reste plutôt étonnante et bien ficelée. L’auteur nous permet tout au long du roman de faire les mêmes liens qu’Higgins, et on commence petit à petit à comprendre de quoi il retourne… Mais pour ma part, c’est bien Higgins qui m’a donnée les clés pour comprendre le fin mot de l’histoire.

Pour résumer, un roman policier sympathique, mais qui ne m’a pas captivée comme je l’avais espéré. Cependant, je laisserai une nouvelle chance aux enquêtes de l’inspecteur Higgins !

Ma note : 3/5

Merci à Babelio et à J Editions pour m’avoir fait découvrir ce roman au travers de l’opération Masse Critique.

Sixtine #1 de Caroline Vermalle

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Caroline Vermalle, Sixtine #1, Hachette Jeunesse (Black Moon), Paris, 2013.

sixtineCe roman m’a été conseillé par Miss Mymoo du blog Un jour. Un livre. Acheté lors du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil en novembre dernier, où j’ai pu rencontrer l’auteur, je me suis littéralement jetée sur ce roman qui parle d’Egypte, d’Archéologie et de Révolution égyptienne. Il faut savoir que comme Miss Mymoo, mes études se sont tournées vers l’égyptologie… Alors forcément !

Tout commence au Musée du Louvre pour une occasion bien particulière : un mariage très médiatisé d’une jeune femme avec un homme resté célibataire longtemps et qui faisait partie de cette catégorie d’hommes riches très convoitée. Le rêve commence pour Jessica, une belle vie s’offre à elle.

Quelques mois plus tard, une découverte macabre a lieu au sein de la pyramide de Khéops, à Gizah, en pleine révolution égyptienne. Dans une salle scellée dont nul n’avait connaissance, deux corps sont retrouvés : notre couple nouvellement mariée. Elle est vivante, quand lui est retrouvé sans vie. Comment est-ce possible ? Comment ont-ils atterri là, dans cette pièce attenante à la Chambre du Roi qui ne montre nul accès vers l’extérieur ? Comment Jessica a-t-elle survécu, et pourquoi sa magnifique chevelure blonde a-t-elle viré au gris ? Comment se fait-il qu’elle n’ait aucun souvenir après le mariage ? Et pourquoi veut-elle à présent se faire appeler Sixtine ?

Caroline Vermalle nous offre ici un premier tome d’une saga riche en personnages et événements. Dans un contexte très actuel, celui du printemps arabe, et au coeur d’une des sept merveilles du monde qui nous cacherait encore bien des secrets, de nombreux mystères accompagnent cette découverte et les circonstances de l’enfermement du couple dans cette pièce, dont un jeune architecte suspectait l’existence. Une journaliste de la BBC cherche à réaliser un reportage sur cette fameuse pièce, un homme en quête de vérité – bien mystérieux au demeurant- cherche à comprendre comment le masque de Toutankhamon a pu être retrouvé dans cette pièce, alors même qu’il était censé être exposé au yeux des visiteurs du Musée du Caire au même instant – serait-ce un faux ? Toute cette histoire serait-elle liée au saccage du musée ayant suivi les événements du printemps arabe en 2011 ?  Nous voilà embarqués sur de nouvelles pistes, bien nébuleuses… Surtout quand la police locale et le Directeur du Conseil Suprême des Antiquités s’en mêlent… Notons que ce dernier a des airs de son homologue réel Zahi Hawass, qui a perdu ses fonctions officielles il y a quelques mois.

On embarque donc dans une histoire criante de vérité, avec des faits et personnages tout droit inspirés de la réalité. L’auteur a réellement fait un très beaux travail de recherche, et si quelques éléments d’égyptologie sont un peu bancals, ils sont minimes face à la tâche engagée par l’auteur. On sent également le vécu de Caroline Vermalle, qui m’a dit au salon du livre de Montreuil qu’elle avait travaillé pour des chaînes documentaires britanniques. On comprend mieux pourquoi l’un de ses personnages travaille pour la BBC.

Ce roman, chargé d’histoire actuelle et ancienne, aborde même dans certains chapitres bien particuliers des épisodes de la mythologie égyptienne, dont la pesée du coeur pour accéder au “paradis” et échapper aux “enfers” – on se doute que tout ceci émane du subconscient de Jessica (future Sixtine). Cette touche de mystérieux, de fantastique, ne rend que ce roman plus attrayant encore. Quel sens prendra tout ceci ? Lier ce fantastique à cette mythologie est une brillante idée, permettant de revisiter certains de ses épisodes et de les faire connaître aux jeunes lecteurs auxquels s’adresse ce roman.

Des personnages riches, mystérieux, opaques, parfois incompréhensibles, attachants, têtus et courageux. Paris, Londres, Le Caire, Louxor, New-York, Mexico. Le Musée du Louvre, Le Musée du Caire, les pyramides de Gizah, le musée de Mexico. Une survivante, une journaliste, un architecte, des antiquaires, des faussaires, des archéologues, des policiers, un enquêteur. Un mélange détonnant, captivant, une intrigue bien ficelée, un mystère épais.

Vous hésitez encore ? Un seul conseil, foncez, vous ne le regretterez pas !

Ma note : 5/5