La malédiction d’Oxford d’Ann M. McDonald

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Ann A. McDonald, La Malédiction d’Oxford, Michel Lafon, Paris, 2017

la_malediction_d_oxford_hdVous avez toujours rêvé de vous rendre à Oxford et explorer les secrets de cette Université mondialement célèbre ? Infiltrer leurs sociétés secrètes et comprendre d’où vient le pouvoir de tous ceux qui sortent de cette université ? Alors ce roman est fait pour vous ! Très attirée par le pitch, j’avoue avoir un sentiment partagé quant à cette lecture. Je vous en dis plus tout de suite !

Cassandra Blackwell est une jeune américaine qui a l’immense chance d’avoir été acceptée pour une année à l’Université d’Oxford. Une grande opportunité pour Cassie qui espère bien plus qu’une année de cours prestigieux. En effet, trois ans plus tôt, elle a reçu un message destiné à sa mère, disparue depuis des années, qui laissait entendre qu’elle avait étudié à Oxford. Or, sa fille n’en a jamais rien su. Son enfance et son adolescence ont été bien particulières, entre les hommes paumés que sa mère ramenait à la maison, les crises de sa mère et les déménagements incessants. Et si tout ceci trouvait son explication à Oxford ? Déterminée à le découvrir, Cassie se fait accepter à Oxford, et se lie avec l’élite anglaise. Elle commence à fouiller, et rapidement, elle croise le nom d’une société secrète, L’Ecole de la Nuit, qui pourrait être encore en activité et être liée aux étranges événements qui se produisent sur la campus, ainsi qu’au comportement de sa mère, et à l’étrange note qu’elle a reçu aux Etats-Unis. Mais ses recherches sont bien plus dangereuses qu’elle ne l’avait prévu et elle devient gênante. Avec l’aide de Charlie, flic local qui s’interroge aussi sur les étranges coutumes de cette université, elle va s’approcher de la vérité…

Voici un résumé assez prometteur, qui laisse présager un bon suspens, une intrigue qui happe et qui entraîne de page en page vers un dénouement qu’on imagine original, déstabilisant et pour autant tenant la route, possible. Et c’est presque ça ! L’auteur parvient à nous entraîner à la suite de son héroïne, pas toujours très attachante, souvent froide et calculatrice, mais qu’on comprend et qu’on finit par accepter. La fin par contre… Mais j’y reviens !

Ce que je voudrais souligner avant toute chose, c’est l’ambiance, l’atmosphère qui se dégage du roman. On est plongé dans une ambiance gothique, derrière les murs centenaires d’Oxford qui captivent et titillent l’imagination. On a l’impression de plonger en plein cœur de cette université, d’en découvrir les spécificités. Pour moi qui adore cette ambiance, qui a une sorte de fascination pour l’Angleterre, j’avoue avoir été comblée ! Les personnages très british, parfois bien trop guindés et légèrement déplaisants, sont bien dépeints. Comme Cassie, on s’attache tout de suite à Evie, la colocataire de Cassie, qui est subjuguée par cette élite qui la prend sous son aile et la fait valser de soirée en dîner. C’est aussi grâce à elle et son sujet d’étude, à savoir le cercle d’érudits qui se réunissait à la fin du XVIe siècle, comprenant notamment Christopher Marlowe, Henry Percy, ou encore Walter Raleigh (qui dans l’histoire est à l’origine de la création du college qui porte son nom où Cassie étudie) sous le nom d’Ecole de la Nuit et serait donc à l’origine de la société secrète, que notre héroïne en apprend plus sur les secrets de l’Université. Tout ceci est d’ailleurs très intéressant d’un point de vue historique, car avéré ou non, plus ou moins romancé, on en apprend tout de même un peu plus sur l’histoire de l’Université et certaines hypothèses ayant marquées son histoire.

L’histoire en soi est donc plutôt bien ficelée, et ne manque pas de rebondissements, complètement inattendus, qui apporte tension et suspens, et amène le lecteur à se méfier de chacun, et même de Cassie qui elle-même ressent de drôles de sensations qui semblent liées à l’affaire qui l’occupe.

Et c’est à partir de ce moment-là que l’affaire se gâte pour moi. Je vais essayer d’éviter les spoilers, mais il est possible qu’il y ait quelques allusions qui donnent une idée de la nature de la fin du roman, donc si vous ne voulez rien savoir, arrêtez votre lecture ici ! J’imaginais un espèce de complot qui expliquerait les suicides survenus sur le campus, l’histoire de la mère de Cassie, quelque chose d’un peu tiré par les cheveux mais qui se tiendrait parfaitement sans avoir recours à du paranormal. Ah bah non. On est en plein dans le paranormal, et même dans ce registre, et même si l’histoire se tient malgré tout, j’ai trouvé ça tiré par les cheveux. Je n’ai rien contre les histoires non « réalistes », mais en commençant ce roman, je ne m’attendais pas du tout à ce type de dénouement. J’ai peut-être été trop surprise. Si j’avais su dès le départ qu’on était dans ce registre, peut-être n’aurais-je pas été légèrement déçue de la fin. Pour moi, c’est une manière de trouver une solution facile à tous les éléments d’intrigues développés par l’auteur. Et je trouve ça dommage.

Le plus, malgré tout, c’est le personnage de Cassie qui parvient à nous surprendre jusqu’à la fin. L’auteur ne la rend pas fragile et gentille, mais joue sur son côté obscur qui va l’amener à faire des choix déments, sans même qu’elle hésite une seconde, se repentisse ensuite ou même ne regrette qu’un peu d’avoir eu à faire un tel choix. Et c’est un très bon point, le personnage est cohérent jusque dans les dernières lignes du récit. Au contraire de l’intrigue, à mon sens.

En somme, un moment de bon divertissement, plutôt bien mené, mais aux révélations de fin décevantes à mon goût. Pour tous ceux qui aiment les romans gothiques, sont fascinés ou du moins intrigués par les universités anglaises renommés et qui n’ont rien contre une once de paranormal dans un récit qui semblait en être dépourvu.

Ma note : 3/5

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  1. Toujours bravo ! Bonne année!! Plein de belles choses! Je m’éclate en Licence 2e année Lettres Théâtre à Censier, et je m’amuse pour arrondir la retraite pas lourde !!

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    • Merci ! Belle année à toi aussi ! Je suis contente pour toi, ce doit être sympa théâtre et lettres !
      J’ai une classe de moyens-grands cette année à Gaité, je m’amuse aussi mais je peine à maintenir le rythme sur le blog…
      Si tu joues dans une pièce, tiens-moi au courant !
      A très vite j’espère !

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