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A la lumière du petit matin d’Agnès Martin-Lugand

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Agnès Martin-Lugand, À la lumière du petit matin, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2018

a la lumiere du petit matinIl y a un an, je découvrais les romans d’Agnès Martin-Lugand après avoir rencontré l’auteur. J’ai littéralement adoré les histoires qu’elle nous racontait, avec une préférence pour certains romans, pour certains personnages, pour certains univers, mais avec toujours un sentiment de satisfaction la dernière page lue. La sortie d’un de ses romans devient donc pour moi un événement annuel que je ne pourrai désormais plus manquer. Cette année, son héroïne a encore fait mouche. Evoluant dans le monde de la danse, entre Paris et le sud de la France, aux prises avec des questionnements sur les choix de vie, ce roman m’a littéralement embarquée.

Hortense approche de la quarantaine, est professeur de danse à Paris dans une école qu’elle codirige avec deux proches amis, Sandro et Bertille, et entretient une liaison avec un homme marié, Aymeric. Une situation qui lui convient. Elle donne l’impression d’être parfaitement heureuse, mais ses amis perçoivent un mal-être. Pour elle, ce sentiment-là est lié à la disparition de ses parents quelques années auparavant. Elle n’a jamais pu vraiment s’en remettre. Quand elle se blesse à la cheville et doit arrêter de danser pendant une longue période, elle se rend compte que sa vie ne lui convient plus. Et s’il était temps de reprendre pied et de se réinventer une vie ?

Hortense est un personnage fort auquel il est très facile de s’identifier. On s’est tous allé à accepter des situations par peur de se confronter à la réalité, aux changements qu’elle pourrait apporter. Ce roman nous fait prendre conscience que la vie est fragile, courte et précieuse et qu’il faut à chaque instant être en accord avec ses choix de vie. Si le message n’est pas nouveau, le personnage d’Hortense est si attachant, si humain et si fragile qu’il prend tout son sens et nous interroge.

La relation qu’elle entretient avec Aymeric, cet homme marié qui l’aime mais ne quittera jamais sa famille pour elle, est la colonne vertébrale du roman. Elle sous-tend toute la vie d’Hortense au point qu’elle s’oublie elle-même, s’efface pour lui. On sent ses amis souffrir pour elle, être en colère sans ne pouvoir rien faire au risque de se la mettre à dos. Sa prise de conscience que quelque chose cloche dans cette relation et dans sa vie est un vrai soulagement pour le lecteur qui étouffait avec elle. Car c’est sans doute cela la magie d’Agnès Martin-Lugand : avoir une plume qui s’adapte parfaitement à chaque situation que vivent ses personnages, au point de créer une identification presque parfaite avec eux.

Le monde de la danse y est également parfaitement développé, on s’imagine dans un cours avec ses élèves, ou encore dans les loges le jour du spectacle. Ce monde qui me fascine par ailleurs prend une place juste dans cet ouvrage. La danse, en tant que passion d’Hortense, pourrait en être un personnage à part entière. L’auteur parvient à décrire chaque sensation ressentie par Hortense, à tel point qu’on verrait presque le personnage danser dans notre tête et qu’on entendrait la musique. La frustration qu’elle ressent quand elle ne peut plus libérer frustration et colère par la danse constituent des moments forts et intenses de ce roman.

Enfin, sa maison du sud de la France, appartenant auparavant à ses parents et constituant presque un sanctuaire à leur mémoire, peut aussi être considéré comme un personnage de ce roman. Car cette maison représente le passé d’Hortense, elle représente ses peines et ses espoirs, mais aussi sa guérison. Elle est lieu de paix et de douceur, lieu où elle pourra peut-être panser ses plaies et réapprendre à vivre. Cette grande villa qui renferme mille possibles est à son image : elle va devoir accepter de la faire évoluer pour y parvenir elle-même.

Les personnages de ce roman, que ce soient les parisiens – Sandro, Bertille, Auguste, Aymeric – ou les sudistes – Cathy et Mathieu, ou encore Elias –, sont tous différents et profonds. Ils sont parfois abîmés par la vie, souvent maladroits, bourrés de fêlures, mais toujours entiers. Même Aymeric qu’on finit par prendre un peu en grippe reste égal à lui même, très égoïste mais pas méchant dans le fond. Bertille est maladroite, inquiète, ambitieuse et en devient fatigante envers Hortense, mais en somme elle n’a pas tort. On peut s’identifier à cette jolie galerie de personnages, même si on a tous un peu d’Hortense en nous – ou peut-être est-ce moi qui me suis beaucoup retrouvée dans ce personnage ?

Ce roman est bourré d’espoir, et comme chaque roman de l’auteur, nous en apprend un peu plus sur nous-même. S’il s’agit d’un roman feel-good, il a néanmoins une dimension en plus : celle de nous en apprendre plus sur nous, de nous interroger sur nous-même et de nous faire avancer dans nos vies.

Ma note : 5/5

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36 questions pour savoir si tu m’aimes de Vicki Grant

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Vicki Grant, 36 questions pour savoir si tu m’aimes, Éditions Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2018

36-Questions-pour-savoir-si-tu-m-aimesMalgré le thème un peu désuet de ce roman qui se remarque à la lecture même du titre, j’ai eu envie de le découvrir. Et grand bien m’en a pris ! Si ce n’est pas un roman révolutionnaire sur le sujet, il n’en reste pas moins plaisant et m’a fait passé un bon moment de lecture.

Hildy est très intéressée par la psychologie. Elle décide donc avec enthousiasme de participer à une étude universitaire. Quand elle apprend que le sujet en est l’amour et sa propension à être provoqué, elle hésite mais décide de tenter sa chance. Paul, lui, ne s’intéresse qu’aux quarante dollars proposés à tout participant de l’étude. Autant dire qu’au départ, cette histoire est mal partie. Ils ont 36 questions très personnelles à se poser, auxquelles ils doivent répondre avec la plus grande sincérité. Pas facile quand on a des secrets qu’on préfèrerait ne pas révéler au premier venu. Si leur relation peut sembler explosive au départ, ils finissent par se révéler l’un à l’autre, surtout quand ils passent à une discussion par Internet. Vont-ils parvenir à se confier ? A panser leurs blessures ? Ces 36 questions peuvent-elles faire naître l’amour ?

J’en conviens, l’histoire n’est pas révolutionnaire. On s’attend à la fin, on a même rapidement une idée du type de secrets qu’ils peuvent avoir. On sent que celui de Paul a fait de lui un garçon solitaire, quand celui d’Hildy continue à la travailler. Ce sont deux adolescents de 18-19 ans abîmés par la vie, de manière très différente cependant. Ce roman a un message assez intéressant : il n’y a pas de souffrance plus difficile qu’une d’autre. Chacun gère ses désillusions et les coups durs de la vie comme il le peut. Hildy et Paul sont deux personnages attachants.
Le message qu’il en ressort est plein d’espoir, même si le roman est un peu convenu et que la fin est attendue, mais pas du tout déplaisante. N’oublions pas que les jeunes adultes est le public cible, le message, le traitement et l’écriture s’adressent parfaitement à ce lectorat. Et alors même que l’auteur aurait pu privilégier un découpage du roman simple, une question = un chapitre, elle n’a pas cédé à ce format convenu, ce qui est tout à son honneur et rend la lecture agréable.

Dans ce roman, on suit principalement Hildy, ce qui nous permet rapidement de nous faire une idée des blessures de la jeune fille, et rend le personnage de Paul encore un peu plus mystérieux. Et quelque part, c’est un peu dommage, car on tombe dans le travers de ce genre de roman qui s’adresse évidemment aux filles, mais ne permet pas d’originalité. Malgré tout, Hildy est attachante, ce qui permet d’atténuer un peu cela.

La lecture de ce petit roman est agréable, fait passer un bon moment, parfait en cas de petit blues et pour lire cet été sur la plage. En somme, un chouette roman Young Adult et feel good !

Ma note : 4/5

Le joueur de flûte de Hamelin de Jay Asher, Jessica Freeburg et Jeff Stokely

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Jay Asher, Jessica Freeburg, Jeff Stokely (illustrations), Le joueur de flûte de Hamelin, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2018

LE_JOUEUR_DE_FLUTE_DE_HAMELIN_hdUn conte fantastique, basé sur des faits réels qui seraient survenus en 1286 en Allemagne, le tout adapté en bande dessinée, je ne pouvais passer à côté. Ce conte, je ne le connais que très peu, c’était donc complètement « vierge » que je me suis lancée dans la lecture de cette adaptation par l’auteur à succès de 13 Reasons Why, Jay Asher. Et ce fut globalement une belle surprise et une belle découverte.

Ce que j’ai d’abord largement apprécié, c’est la petite note des auteurs en début d’ouvrage qui nous présente la légende à l’origine de ce conte et ces « faits historiques » qui mènent à penser que quelque chose de tragique s’est réellement passé à Hamelin. En effet, 130 garçons et filles auraient disparus le 26 juin 1286, une grande tragédie liée à l’apparition d’un jeune homme à la même époque dans le village. Et les auteurs parviennent à amener l’histoire de manière subtile.

Cet homme, en effet, ne serait pas venu dans le village pour rien : Hamelin était envahi par les rats, créant maladie et perte de denrées. Ce joueur de flûte aurait un pouvoir particulier : attirer des êtres vivants au son de sa flûte. De cette manière, il aurait pu débarrasser la ville des nuisibles. Mais pour cela, il demande un paiement, ce qui va créer un contentieux avec les notables du village, peu enclins à débourser le moindre sou.

Dans cette version du conte, on découvre une jeune femme sourde, paria de la société du village, malmenée par tous, sauf par la femme qui s’occupe d’elle depuis la disparition de ses parents. Elle attend le jour où elle rencontrera un jeune homme qui l’acceptera telle qu’elle est. Et en attendant, elle transforme les méchancetés des villageois en histoires initiatiques et morales, qui punissent ceux qui ont fait montre de malveillance. Quand le jeune homme arrive en ville pour les débarrasser des rats qui infestent leurs demeures, elle est conquise. Et c’est réciproque : le jeune homme s’intéresse à cette jeune femme marquée par la vie, qui vit en paria comme lui, et qui connaît bien trop d’injustices. Sauf que le joueur de flûte a une part d’ombre, une noirceur qui le pousse à se faire justice seul. Jusqu’où tout cela va les mener ?

Cette histoire intemporelle développe des thèmes toujours d’actualité : la tolérance, la peur de l’inconnu, la suspicion, le sentiment d’injustice, la jalousie, la cupidité et l’incompréhension. Les auteurs parviennent à nous offrir une version intéressante de ce conte et nous font passer par tous les sentiments de Maggie d’une part, et du joueur de flûte d’autre part. Si on ne peut adhérer à chacune des décisions de ce dernier, on comprend comment il en arrive là. Et cela nous renvoie à nos propres frustrations, les injustices qu’on peut vivre au quotidien et qui mènent parfois à un point de non retour.

L’adaptation de ce conte en bande dessinée permet de nous happer dans cet univers avec facilité. Les dessins sont extrêmement agréables, on sent l’urgence dans certains découpages de planches et le sentiment de plus en plus noir du joueur de flûte plus on s’approche du dénouement grâce à une palette chromatique plus sombre. Le dessin et le texte sont parfaitement complémentaires. Ce qui m’a un peu dérangé, ce sont les changements de lieux précisés dans les vignettes, alors même qu’elles sont parfois en fin de planche. Je pense que le story-board aurait dû prendre en compte ce changement de lieu et le placer en début de page. Mais je suis loin d’être experte dans ce domaine…

En définitive, Le joueur de flûte de Hamelin est une très belle bande dessinée qui nous permet de découvrir un conte peu connu, adapté de manière originale. Pour tous les amateurs de contes fantastiques !

Ma note : 4/5

L’atelier des souvenirs d’Anne Idoux-Thivet

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Anne Idoux-Thivet, L’atelier des souvenirs, Editions Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2018

L_ATELIER_DES_SOUVENIRS_hdJe vous présente aujourd’hui un roman feel-good, qui met du baume au cœur et remonte le moral. Et en cette période hivernale, quoi de mieux qu’un tel roman ? L’atelier des souvenirs nous parle de transmission, d’écoute, d’amitié, de bienveillance, d’entraide, d’espoir. C’est un beau roman intergénérationnel que je vous conseille !

Alice est thésarde en sociologie et trouver un travail est de l’ordre de l’impossible. Quitter Paris est dès lors la solution la plus simple et la moins onéreuse, surtout qu’elle a la possibilité de s’installer à moindre frais dans la maison de sa grand-mère. Mais végéter ici plutôt qu’ailleurs ne l’aide pas à positiver et c’est déterminée qu’elle se décide à donner des cours d’écriture. Mais pas à n’importe qui : à des personnes âgées de deux maisons de retraite du coin. Très vite, elle s’attache à ces personnes plus espiègles les unes que les autres, elles deviennent aussi importantes pour elle qu’elle l’est pour eux. Un regain de vie fuse dans ces deux maisons de retraite, comme en Alice, qui parvient même à se faire une amie de son âge, un exploit pour elle. Mais sa solitude lui colle à la peau et les retraités se donnent la mission de lui trouver un compagnon. Et quand ils sont décidés, rien ne peut les arrêter !

Ce roman est un roman tout doux qui apaise et met du baume au cœur. Il ne doit pas y avoir un seul personnage détestable, ils sont tous attachants. A tel point qu’on se pense parfois dans le monde des Bisounours… Mais ne nous mentons pas, qu’est-ce que ça fait du bien, parfois ! Ce n’est pas pour autant tout rose, entendons-nous bien. Sinon, on s’ennuierait un peu, et ce n’est pas le cas !

Parlons d’abord de la construction du roman. L’auteur a choisi une manière assez originale de le découper : chaque partie correspond au thème d’écriture proposé par Alice dans ses ateliers. Et tout cela renvoie évidemment aux expériences des anciens, mais aussi à ce qui est en train de se tramer dans les vies des personnages, et notamment d’Alice et Chloé, ergothérapeute toujours pleine d’entrain qui travaille dans les mêmes maisons de retraite. Parce que les missions que vont se donner les anciens leur ont été inspirées par les ateliers d’écriture, évidemment ! Et c’est très bien vu, cela donne une jolie cohérence au texte.

Mais la construction ne s’arrête pas là, puisque l’auteur prend le partie de « faire apparaître » les textes écrits par les participants aux ateliers d’écriture. Se côtoient donc dans ce roman poésie, souvenirs, regrets, espoir et surtout beaucoup de tendresse. On découvre les vies des personnages au travers de « leurs propres écrits », et c’est d’autant plus réaliste.

Les personnages sont extrêmement attachants, dans leurs faiblesses, leurs espoirs, leurs regrets, leurs fêlures. Et c’est sûrement les personnes âgées de ces deux EPHAD qui sont les plus touchantes. C’est un beau message de rappel, ne pas oublier nos seniors et ce qu’ils ont à partager avec nous. Même si j’ai l’impression que tous les EPHAD ne sont pas du type de ceux que nous rencontrons dans ce roman… malheureusement.

C’est un roman qu’on dévore, dense sans être long. On en sort avec plein d’histoires en tête, dont celles de Suzanne, Pierre, Manon et le Rusé, et si on en devine les tragédies, si on s’attend un peu à la fin, il est drôlement bon de se perdre dans ce roman plein de souvenirs et d’espérances, de bonne humeur et d’enthousiasme, dans les mots de cet auteur qui nous embarque avec une facilité déconcertante dans les aventures de ces seniors investis d’une mission envers une génération plus jeune, un peu perdue et désabusée.

Voilà une jolie découverte, un moment paisible et remonte moral que je vous conseille !

Ma note : 4/5

Le Noëlosaure de Tom Fletcher

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Tom Fletcher, Le Noëlosaure, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

Le-NoelosaureVous recherchez un livre merveilleux, enchanteur, plein de magie, bel objet pour couronner le tout ? Vous avez gardé votre âme d’enfant et aimez à la raviver de temps en temps ? Une aventure au Pôle Nord, avec un méchant vraiment pas commode à vos trousses et des dinosaures ne vous effraient pas ? Alors Le Noëlosaure de Tom Fletcher est définitivement pour vous ! C’est MON gros coup de cœur de cette fin d’année !

William Molleroue était un enfant plutôt heureux, et ce malgré les tourments de la vie qui ne l’avaient pas épargné : sa mère est décédée et il se déplace en fauteuil roulant. Oui, peut-être, mais son papa, M. Bob Molleroue, est l’homme le plus aimant du monde et a une fascination merveilleuse pour Noël. Et puis il avait plein d’amis. Enfin, ça, c’était avant. Avant que Brenda Gassante ne s’installe dans le quartier et n’investisse son école. Depuis, la vie de William est un cauchemar : ses copains ne lui parlent plus, suivent Brenda dans tout ce qu’elle fait, alors même qu’elle passe son temps à l’embêter, voire à l’humilier. Pour Noël, il ne sait même plus quoi demander au Père Noël. Fasciné par les dinosaures, il en demande un, sans préciser de quelle forme il le veut. Alors le Père Noël improvise, et crée lui-même une merveilleuse peluche en s’inspirant du magnifique Noëlosaure dont ses lutins ont découvert l’œuf dans la terre quelques années auparavant : le dernier des dinosaures ! Mais le Noëlosaure se sent seul, aimerait voler comme les rennes et s’attache très fort à cette magnifique peluche. Or, quand il doit s’en séparer le soir de Noël, alors que le Père Noël commence sa tournée, tout ne se passe pas comme prévu… Commence alors une magnifique aventure qui va révéler à tous ces personnages ce qui est le plus important dans la vie : l’amitié, l’entraide, la famille, l’amour et la bienveillance. Et surtout croire. Croire que tout est possible.

Quelle merveilleuse histoire de Noël ! L’histoire est pleine d’aventures, de personnages touchants, dont le trait n’est jamais forcé, et bourrée de magie. Qui ne rêve pas d’aller au Pôle Nord, rencontrer le Père Noël, les rennes volants et surtout tous les malicieux lutins qui vivent dans leur village enchanteur ? Tous les enfants seront transportés par cette très belle histoire ! Tom Fletcher réussit le pari risqué de créer un vrai monde du Père Noël, de la manière de créer les cadeaux à la manière de les transporter, en l’alliant à un animal qui fascine les petits et les plus grands : les dinosaures. Cela aurait pu n’avoir ni queue ni tête, et bien non ! On est entraîné dans cette histoire merveilleuse, à la suite de ce jeune garçon et de cet étonnant dinosaure, dont les émotions nous touchent profondément.

Parce que c’est un vrai conte de Noël que nous propose Tom Fletcher. Nos deux comparses souffrent de solitude et d’isolement, alors même qu’ils sont bien entourés. Pour William, cela est encore plus compliqué puisque, unique en son genre, il se retrouve mis de côté par la simple arrivée d’une jeune fille qui en fait sa tête de turc. Tom Fletcher parvient à nous parler de harcèlement, sans pour autant tomber dans une tragédie ou un conte sombre. Ce que nous découvrirons sur Brenda Gassante permettra aussi de remettre certaines choses en perspective. Et les thèmes développés par l’auteur restent de saison, universels, et importants à communiquer aux plus jeunes : amitié, amour, entraide.

Tom Fletcher parvient à ne laisser aucun personnage de côté, puisque l’histoire de M. Bob Molleroue, ainsi que celle du Chasseur, font parties intégrantes de l’histoire contée par l’auteur. Ce qui la rend d’autant plus dense et bien ficelée.

Parlons maintenant de la narration et de la plume de Tom Fletcher : elles sont autant magiques que le sont les aventures de William Molleroue et du Noëlosaure ! L’auteur nous prend à partie dans la narration, nous intégrant parfaitement à l’histoire, nous la rendant de fait d’autant plus merveilleuse. L’auteur utilise tous les moyens pour nous émerveiller, et c’est réussi !

Et pour achever de nous enchanter, Shane Devries illustre le texte de Tom Fletcher avec grand brio. Il donne vie aux personnages et à leurs aventures, nous procure un plaisir fou à contempler les détails de ses dessins et nous donne une vision parfaite du Noëlosaure. Et quel Père Noël magnifique nous dessine-t-il ! Un vrai enchantement ! Ces illustrations, couplées à la belle reliure, le dos doré et les lettres en relief, certaines phrases écritent en plus gros, parfois de travers, parachèvent de rendre ce roman magique et complètement indispensable à tout rêveur avec une âme d’enfant attiré par la magie. Bref, pile moi !

Vous l’aurez compris, ce roman est un véritable enchantement, tant de part son histoire magique à souhait, ses personnages inoubliables ou ses illustrations à tomber. Qu’attendez-vous pour vous jeter dessus ?

Ma note : 5/5

Le plus beau des vœux d’Alyson Noël

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Alysin Noël, Le plus beau des vœux, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

LE_PLUS_BEAU_DES_V_UX_hdEn cette période féérique, pleine de magie, que j’affectionne particulièrement, j’aime lire des romans enchanteurs. Quand j’ai découvert cette nouveauté Michel Lafon, la couverture m’a indéniablement attirée. Cette histoire pour adolescents avait tout pour me plaire, bien que l’intrigue ne soit pas d’une très grande originalité et que la fin était prévisible. Mais cela ne m’arrête pas en général, et j’arrive toujours à passer un bon moment. Ici, si le moment a été plutôt bon, je n’ai pas été conquise. Voilà pourquoi.

Mais d’abord, le résumé. Nick Dashaway n’est pas cool. Ses amis ne le sont pas non plus. Or, il rêve de faire partie de cette caste de mecs qui attirent les filles, qui sont bien vus de tous, respectés et assis aux meilleures tables du réfectoire, entourés de copains branchés qui boivent leurs paroles. Alors, quand un concours de chant est organisé dans son collège par une jeune rock star ayant fait ses études dans ce même collège, il y voit sa chance. Il va tout déchirer, sortir un disque, être une star, être au sommet de la coolitude. Et les filles le remarqueront. Mais tout ne se passe pas comme prévu… Quand une amie bien peu cool lui offre une bougie en lui intimant de faire un vœu réfléchi avant de souffler la flamme après sa déconvenue, il finit par tenter sa chance… Et c’est complètement ahuri qu’il se retrouve propulsé dans une nouvelle vie. Une vie où il a tout ce qu’il a toujours voulu : il est célèbre, riche, cool. Il attire toutes les filles, est invité à toutes les fêtes et il a un talent fou. Mais cette popularité est-elle un cadeau si incroyable ? Ne laisse-t-il pas quelque chose de précieux derrière lui ?

Le message de ce roman, s’il peut paraître banal, est plutôt intéressant au vu du public auquel s’adresse l’auteur. Montrer aux adolescents que les rêves de paillettes, la popularité et les succès faciles ne rendent pas forcément heureux, qu’il faut avant tout être soi-même et fidèle à ses principes sont des messages qui ne seront jamais assez martelés à des adolescents. En cela, le roman d’Alyson Noël remplit pleinement son office. Mais au-delà de cela, j’ai trouvé que l’intrigue était bien creuse.

Si, comme je l’ai déjà dit, on s’attend à ce qui va pouvoir arriver au jeune Nick, il reste très ennuyeux de comprendre la construction exacte du roman, ainsi que chaque événement, chaque évolution des pensées du personnage principal. Et ennuyeux est le bon mot : je me suis profondément ennuyée. Les personnages sont caricaturaux, de la jeune fille ambitieuse et opportuniste dont Nick croit être amoureux, le manager qui ne pense qu’à l’argent, la famille qui ne pense plus à l’adolescent qu’uniquement pour obtenir quelque chose, le meilleur ami qui ne profite que de sa popularité, jusqu’à la fille rebelle de l’employé de maison qui l’envoie sur les roses et ne le supporte pas.

On dit qu’il y a plusieurs étapes au deuil. Ici, il semble y avoir plusieurs étapes à la construction de ce type de roman, et chaque partie en développe une : d’abord le souhait de changer de vie, la propulsion dans une nouvelle et la perte de repères, l’enchantement et l’envie de profiter de toutes ces nouveautés inattendues, le début du désenchantement, la décision de repartir dans sa vraie vie, et enfin… la dernière partie dont je ne dirai rien, même si vous devinez expressément de quoi il retourne. Ce que je viens de faire peut s’apparenter à du spoil si tout cela n’était pas évident à la lecture du roman. Et c’est bien dommage.

Parce que si les personnages sont un peu caricaturaux et les aventures du héro un peu convenues, l’auteur aurait pu instiller un peu de subtilité et une pointe de profondeur pour rendre tout ceci moins prévisible. On a tous lu des romans dont on connaissait par avance la fin, et c’est aussi pour cela qu’on les dévore. Que ce soit une histoire d’amour ou autre, on arrive pourtant, dans la plupart des cas, à faire abstraction de la construction du roman ou des caricatures pour plonger dans un environnement qu’on a envie de retrouver. Et bien plus que s’attendre à la fin, on la souhaite. C’est pour cette raison qu’on lit ce genre de roman, autrement on aurait passé son chemin. Ce n’est donc pas tellement la fin prévisible que je regrette, mais bien de ne pas avoir pu faire abstraction de tout le reste. De tourner la page et de me dire, il va se passer cela, untel va venir gâcher la fête, elle n’est pas ce qu’elle prétend, et de ne pouvoir mettre mon cerveau en off pour juste profiter de la lecture.

Il s’agit d’un roman pour adolescents, et j’espère vraiment que c’est parce que je suis adulte que je ne l’ai pas apprécié comme je l’aurais aimé. Mais pour autant, je lis beaucoup de romans pour enfants, adolescents et jeunes adultes, et ce genre de chose m’arrive rarement. Pourtant le personnage de Nick reste attachant, ses craintes et ses peurs, ses souhaits et déconvenues restent crédibles au vu de son âge (bien qu’il nous semble parfois qu’il a 5 à 10 ans de plus). J’espère vraiment que les plus jeunes sauront apprécier ce roman.

Ma note : 2/5

Alfie Bloom et la sorcière de l’île du Démon de Gabrielle Kent

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Gabrielle Kent, Alfie Bloom et la sorcière de l’île du Démon, Michel Lafon, Neuilly-sur-Seine, 2017

POUR EVITER TOUS SPOILER ? JE VOUS INVITE À VOUS RÉFÉRER À MES CHRONIQUES DES TOMES 1 ET 2 !

Alfie_Bloom_-_tome_3_hdAlfie Bloom est, depuis deux ans, un rendez-vous incontournable de ma fin d’année. Plein de magie, les romans de Gabrielle Kent sont parfaits pour cette période de l’année. C’est donc pleine d’enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce troisième tome, et encore une fois, la magie a opéré !

Alfie a depuis quelques mois maintenant cette magie enfouie en lui qui veut prendre le contrôle, de plus en plus fort, au point que le druide Orin Hopcraft qui avait caché ces pouvoirs en ce jeune garçon décide de débuter son apprentissage de la magie. Mais Orin ne vit pas dans le même siècle qu’Alfie… Voici donc le jeune sorcier, accompagné d’Amy, sa meilleure amie, de Robin et Maddie, ses cousins, et enfin d’Ashford, la maître d’hôtel qui les supervise, en route vers le passé ! Commencent cours de magie pour Alfie, cours de botanique, herboristerie, runes et autres joyeusetés pour les autres. Mais rapidement, quelque chose cloche dans le village d’à côté, Amy a de drôles de rêves qui semblent plus vrais que nature. Elle y voit une créature des ténèbres qui prend la force vitale d’humains, les laissant à peine vivants. Quand Orin et Ashford sont touchés et qu’ils comprennent que cette créature en a après les pouvoirs d’Alfie, les quatre amis, accompagnés de Bryn, un ami très spécial d’Orin, partent en quête d’aide en la personne d’une sorcière réfugiée sur une île à plusieurs jours de marche du château d’Hexbridge… Une quête pleine de dangers et d’aventures !

Nous retrouvons avec bonheur nos héros pour une nouvelle aventure en plein cœur du passé. Et quelle bonne idée que celle-là ! Ils y découvrent une période inconnue et font face à de nouveaux défis, comme la suspicion envers les étrangers des personnes locales. Mais ce nouveau cadre permet surtout d’amener une nouvelle aventure pleine de rebondissements et de découvertes, obligeant chaque ami à découvrir ses dons et à s’en servir, et pas seulement Alfie. Ce tome, pour Alfie, au-delà d’accepter et de contrôler ses pouvoirs, c’est aussi d’accepter qu’il ne peut maîtriser tous les enseignements d’Orin à lui seul, qu’il faut qu’il compte sur ses amis. Il doit accepter leur implication et comprendre qu’il ne peut tout gérer seul. C’est finalement une étape assez importante dans l’accomplissement du jeune adolescent.

L’auteur parvient à nous livrer un univers cohérent avec les tomes précédents et continue d’approfondir les personnages. Si le personnage d’Orin reste toujours énigmatique, on en apprend beaucoup sur Bryn, personnage aperçu dans le tome 1 lorsqu’Alfie et Robin avaient malencontreusement effectué un rapide saut dans le temps. Et de fait, on en apprend plus sur un personnage du présent, mais je n’en dirai pas plus, c’est la chouette révélation de ce tome ! Mais au-delà de Bryn, on en apprend plus sur le personnage qui se cache derrière ce spectre maléfique qui vient les hanter. Il est loin d’être anodin puisqu’il est la cause qui a poussé Orin à cacher les pouvoirs en Alfie, qui s’en serait bien passé.

Ce tome marque donc un tournant. Alfie apprend à accepter ses pouvoirs, comprend qu’il peut les contrôler et qu’il doit y faire attention parce que même la meilleure volonté du monde peut amener à des résultats catastrophiques. Il apprend qu’il ne peut pas tout maîtriser et qu’il doit s’appuyer sur ses amis. On en apprend un peu plus sur les origines de cette magie, sur ceux qui la convoitent depuis toujours. Et surtout, on découvre un Hexbridge ancien, toujours autant enchanteur, ainsi que de nouveaux personnages tout à fait fascinants. Le tout grâce à la très belle plume de l’auteur, parfaite pour le lectorat visé.

Encore une fois, Gabrielle Kent nous enchante avec les aventures de son jeune héros. Je suis triste d’apprendre qu’il s’agit du dernier tome, surtout qu’il y avait encore beaucoup de choses à approfondir. J’avoue que je reste sur ma faim, et j’espère que l’auteur changera un jour d’avis et reprendra les aventures d’Alfie !

Ma note : 5/5