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La part des flammes de Gaëlle Nohant

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Gaëlle Nohant, La part des flammes, Editions Héloïse d’Ormesson / Le Livre de Poche, Paris, 2015 / 2016

la part des flammesCela fait des semaines que je voulais me plonger dans ce roman. Depuis qu’il m’a été chaudement conseillé lors du Salon du Livre de Paris, j’attendais impatiemment la sélection pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche du mois de mai, où je savais qu’il figurerait. C’est donc avec empressement que j’ai ouvert ce livre, présenté comme un « Downton Abbey à Paris » par le Figaro Magazine. Si la comparaison me laisse perplexe – oui il s’agit d’un roman historique, avec des femmes fortes, mais à part cela… – j’ai adoré ce roman, qui revient sur un fait divers qui ébranla Paris et sa bourgeoisie en 1897, l’incendie du Bazar de la Charité.

Nous sommes donc en mai 1897. Tout Paris se prépare pour l’ouverture du Bazar de la Charité auquel toute la haute société veut participer. Si nous sommes en pleine IIIe République, l’aristocratie et la haute bourgeoisie font encore la loi dans les salons. Et si de nombreuses dames passent de longues heures dans des œuvres caritatives, c’est surtout pour le paraître. Etre vendeuse au Bazar de la Charité pendant quelques semaines est donc un privilège, une marque d’importance qui ne peut être négligé. Surtout pour Violaine de Raezal qui a perdu son mari l’année précédente et dont le beau-fils et la belle-fille ne la portent pas dans leur cœur… Elle est seule, et voudrait se trouver une place dans cette société huppée à laquelle elle n’appartient pas tout à fait. Elle se tourne donc vers la Duchesse d’Alençon, sœur de l’Impératrice d’Autriche Sissi, très pieuse et qui donne beaucoup de son temps pour les nécessiteux. Elle prend la jeune femme sous son aile et lui offre une place à son stand au bazar. Une autre jeune fille se retrouvera aussi sur son stand, Constance d’Estingel, qui vient de mettre un terme à des fiançailles pour d’obscures raisons. Les destins des trois femmes vont se retrouver lier dès les premières flammes qui vont embraser le Bazar de la Charité. Et si la souffrance et le deuil accablent Paris, à l’heure où on cherche les coupables et les bouc-émissaires, la solidarité, la fraternité, le courage vont les lier à jamais. De rencontres fortuites en liberté arrachée, ce roman nous dépeint les portraits de femmes qui vont se chercher et se construire après un traumatisme qui leur donnera finalement un nouveau souffle.

Ce roman est tout simplement sublime. D’abord par l’histoire. Parce que l’auteur nous situe dans une époque où se côtoient tradition et modernité, où les princes de sang ont encore une place privilégiée dans la société et un certain pouvoir, ainsi que l’Eglise catholique, alors qu’un Président est à la tête de l’Etat. Ce contraste marque les prémices d’une nouvelle société où cette « aristocratie » cherche sa place, certains de ses membres s’ancrant dans le passé, d’autres envisageant un avenir autre, à l’image de Laszlo de Nérac, le promis déchu de Constance d’Estingel. L’histoire de cet incendie, que je ne connaissais pas, est fascinante dans ce qu’elle a de plus horrible : la disparition par les flammes d’un nombre conséquent de membres de l’aristocratie et de la bourgeoisie. Dans un monde en plein changement, le fait divers n’est pas anodin, et cela même si l’Eglise le voit comme un châtiment face à une République malvenue.

Les personnages sont d’une grande profondeur, que ce soit Violaine de Raezal, Constance d’Estingel, Mary Holgart, ou la Duchesse d’Alençon. Ils sont entiers, plein de sensibilité et de fêlures, de blessures tant physiques que psychiques, émouvants en cela. Certains sont épuisants et égocentriques, à l’instar de la mère de Constance, de Pauline de Fontenilles, ou de la belle famille de Violaine, Léonce d’Ambronay et Armand de Raezel. Mais on ne peut leur en vouloir, ils sont attachés à leurs privilèges, enfants gâtés par la vie, effrayés par le moindre changement… Et qui ne le serait pas ? Par ces merveilleux personnages, l’auteur nous conte l’histoire d’une société en plein changement, avec un romanesque qui nous entraîne à la poursuite de ces personnages au gré des pages tournées et dévorées.

Parce que si l’histoire et les personnages sont sublimes, la plume de l’auteur ne l’est pas moins. Elle nous propose un texte écrit de manière sensible, dans un magnifique français, qui nous emmène directement en cette fin de XIXe siècle, sans pour autant employer un style pompeux ou alambiqué. Elle nous dépeint son histoire, les drames de ce mois de mai 1897, sans tomber dans le pathos ni le gore, avec mesure et respect pour les victimes de cet incendie.

Enfin, Gaëlle Nohant nous parle de folie. Celle des femmes, et les moyens de la soigner. Et par ce biais, elle revient sur les prémices de la psychologie et des thérapies, mettant en avant un point important, à savoir que ce sont des maladies qui sont difficilement identifiables. Quel fut mon étonnement en m’apercevant que dès qu’une femme n’avait pas le comportement voulu par un mari ou un père, elle pouvait être enfermée dans une clinique, aux mains d’un médecin ayant tout pouvoir sur elle, rendant la patiente folle par son internement et les traitements pourvus, alors même qu’elle n’avait rien en y entrant ! Ce roman m’a appris énormément sur cette période, la condition des femmes, la politique, l’aristocratie, les œuvres de charité, et sur ce fait divers sanglant.

Un roman magnifiquement écrit, à l’histoire riche, romanesque et prenante, aux personnages forts et beaux, qui nous transporte dans un Paris vivant un grand traumatisme. Qu’attendez-vous pour vous précipiter sur La part des flammes ?

Ma note : 5/5

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L’Heure Indigo de Kristin Harmel

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Kristin Harmel, L’Heure Indigo, Denoël, Paris, 2014

l'heure indigoL’Heure Indigo est une magnifique histoire sur le passé méconnu d’une famille qui peine à se construire. C’est plein de poésie, et malgré quelques défauts, on se laisse emporter par ce roman qui allie présent et passé et qui nous entraîne dans la quête de Hope qui cherche à comprendre le passé de sa grand-mère d’origine française.

Hope vient de divorcer et a une fille adolescente qui lui mène la vie dure. Elle tient la boulangerie familiale à Cape Cod et ce n’est pas toujours rose, la crise étant passée par là et les soucis financiers s’accumulant depuis. Sa mère est décédée il y a quelques années et demeure le sentiment que cette dernière ne l’a jamais aimée, du moins pas comme il aurait fallu. Sa grand-mère, Rose, arrivée de France en 1942, est atteinte de la maladie d’Alzheimer et perd petit à petit ses souvenirs et ses repères. Autant dire que la vie de Hope n’est pas idéale. Un jour de lucidité, Rose en dévoile un peu sur son passé obscur et a une étrange requête : elle donne à Hope une liste de cinq noms et lui demande de découvrir ce qu’ils sont devenus en se rendant en France. Hope pense d’abord que la requête est infondée, ne veut croire à cet élan de lucidité. Mais devant l’insistance de sa fille, elle se laisse convaincre et part à la recherche du passé enfoui de sa grand-mère qui va la faire entrer de plein fouet en plein Paris sous l’occupation, en pleine rafle du Vel d’Hiv et va lui faire découvrir que le grand amour n’est pas qu’illusion et paillettes.

On pourrait croire qu’il s’agit encore d’un roman sur la Seconde Guerre mondiale et les horreurs s’y affairant, et c’est un peu le cas. On joue sur les émotions, les liens familiaux, l’amour, mais c’est très bien fait et les personnages sont touchants. L’histoire de Rose est très belle et très triste, comme on s’y attend, mais il n’y a pas de pathos – même si c’est parfois peut-être très légèrement surjoué. Ce roman nous parle des différentes religions, le judaïsme d’abord, religion cachée de Rose, le catholicisme ensuite, religion « adoptée » par Rose et dans laquelle elle a élevé sa fille et sa petite-fille, la religion musulmane ensuite, mais je ne vous dévoilerai pas de quelle manière, parce qu’il s’agit de l’un des moments forts du roman. Lire ce roman en ce moment fait du bien, et nous montre que toutes les religions peuvent vivre en harmonie ensemble.

C’est un roman agréable à lire, même si on y trouve trop de répétitions. En exagérant un peu, il nous est dit trois fois en trois pages que la fille de Hope dort chez son père… Bref, de petits problèmes dans la narration, mais à part ça, j’ai passé un très bon moment de lecture. Hope est attachante, même si on a parfois envie de la secouer un peu et de mettre une baffe à sa place à sa fille – dont le comportement s’arrange un peu au fil du roman, je vous rassure. Les personnages sont touchants et agréables, plein d’humanité. Cette quête du passé, qui se lie au présent, est pleine d’intensité et nous apprend, si c’était nécessaire, que le passé nous permet de nous construire.

Kristin Harmel s’attaque ici à un sujet vu et revu au fil des années, mais avec ses personnages et cette histoire particulière qu’elle nous raconte, parvient à nous intéresser malgré tout. On passe un bon moment de lecture, un bon moment de détente. Un livre cocooning qui fait du bien et qui nous entraîne aisément à la suite de Hope. Je conseille !

Ma note : 4/5

Traduit de l’anglais par Christine Barbaste. Publié le 18 septembre 2014.

Les concentrés chez Nathan

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Les concentrés de chez Nathan, ce sont des documentaires pour les 9 ans et plus, dans un format mini, très pratique pour les emporter partout. Ce sont des sujets extrêmement divers qui sont ainsi traités, comme l’Egypte ancienne, les rois et reines de France, le cinéma ou les grands explorateurs. Remplis de dessins ou de photographies, abordant un point spécifique à chaque page ou double page – un lieu, un personnage, une période, un fait historique etc. – ils sont extrêmement attractifs par leur mise en page soignée. Des éléments essentiels, des anecdotes et autres informations sont présentées sur le côté gauche de la page, on trouve une frise, qu’elle soit chronologique ou reprenant des points importants en bas de page. C’est très bien fait, les sujets sont bien traités, et les dessins plaisants. En début d’ouvrage, une énigme à résoudre est proposée aux lecteurs, qui leur permettra de trouver un mot de passe, servant à télécharger une application gratuite pour tester ses connaissances sur le sujet abordé dans le livre : une excellente idée pour donner envie aux enfants de s’intéresser à de nombreux sujets !

Une réussite donc, que ces petits concentrés. Petit zoom sur quelques exemplaires :


 

Histoire de France, textes de Sandrine Mirza, illustrations d’Etienne Jung, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2014

concentrés histoire de franceCe concentré d’Histoire de France est très intéressant de par la manière dont le sujet est traité. Ici, point de périodes historiques décrites, mais des dates, des événements marqués dans le temps qui nous sont expliqués, s’échelonnant de -40 000 à 2002, de l’apparition de l’homme de Cro-Magnon au passage à l’Euro. De manière intelligente, assez succincte, bien que complète, pour ne pas décourager le public ciblé, ce petit concentré d’Histoire de France aborde les dates principales, permettant d’avoir une vision chronologique des événements qui ont marqué notre Histoire et qui expliquent le monde dans lequel nous vivons. Il se termine par des récapitulatifs sur les grandes dates de la littérature, de l’architecture et des sciences et techniques et par une double-page ludique intitulée « L’Histoire de France en dix records ». Les dessins sont plaisants, fidèles à ce qu’ils représentent, comme le portrait de François Ier de Jean Clouet, et accompagnent agréablement les textes.

 


 

Le cinéma, textes de Jean-Michel Billioud, illustrations de Raphaël Gauthey, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2014

concentrés cinémaLe cinéma revient sur la manière de fabriquer un film, puis sur des dates importantes qui ont marquées son histoire, sur les différents genres de films qui existent, et enfin sur les personnages qui composent ou ont composé ce monde fascinant. Il se termine par « Le cinéma en dix records », anecdotes qui raviront tous les petits curieux. Bien conçu, ce concentré permet aux plus jeunes de s’initier au monde du cinéma en comprenant d’abord comment un film est fabriqué, processus long et coûteux, puis l’immerge dans cet univers à travers de nombreux exemples de films de genres différents et de personnages l’ayant marqué, de Walt Disney à Léonardo Dicaprio, en passant par Marilyn Monroe et Woody Allen. Evidemment non exhaustif, ce petit documentaire permet une découverte de ce monde particulier, ce monde de rêve et de paillettes.

 


 

Les Etats-Unis, textes de Gérard Dhôtel, illustrations de Stéphane Nicolet, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2014

concentrés etats unisLes Etats-Unis… Un pays qui fait souvent rêver les plus jeunes, comme endroit où tout est possible ! Ce petit concentré revient sur les points principaux qui le caractérisent : les informations générales d’histoire, d’économie et de géographie, suivi des dates importantes ayant marquées son histoire, ses personnages emblématiques, pour finir avec ses lieux incontournables. Un tour d’horizon d’un pays pas comme les autres, fait qui se confirme par « Les Etats-Unis en dix records » en fin d’ouvrage ! Avec une mise en page simple et attractive, ce documentaire revient de manière efficace sur ce qui constitue la culture américaine et ses spécificités. Les informations sont nombreuses mais pas foisonnantes, elles sont présentées de manière succincte, avec beaucoup d’anecdotes plaisantes à découvrir. On découvre des lieux emblématiques comme la route 66, des personnages incontournables de son Histoire comme John Fitzgerald Kennedy et comprenons ce qu’est le rêve américain. Bref, c’est bien fait, bien présenté et intéressant !

 


 

La musique, textes de Catherine Pouligny, illutrations de Raphaël Gauthey, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2015

concentrés musiqueAprès le cinéma, la musique ! Où on nous explique les différents styles de musique, ce qu’on écoutait dans l’Antiquité ou à la Renaissance, comment est né le rock. Où on revient sur les grandes figures de cet art, de Jean-Sébastien Bach à Daft Punk, en passant par Ella Fitzgerald et les Beatles. Où on s’arrête sur des œuvres incontournables, avec Les Quatre Saisons, La Neuvième Symphonie, Imagine, We are the champions et London Calling. Où on termine par « La musique en dix records pour les petits curieux friands d’anecdotes. Un livre qui nous livre une histoire de la musique, tous genres confondus, sur plusieurs siècles, et même plusieurs millénaires. Ce petit concentré ne déroge pas à la règle d’être concis mais pas ennuyeux pour un sous, prenant autant en compte la musique classique et les artistes devenus mythiques que la musique actuelle. Un beau concentré !

 


 

Monuments de France, textes de SandrineMirza, illustrations de Vincent Desplanche, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2015

concentrés monuments franceUn concentré sur les monuments de France, en voilà une bonne idée ! En classant les monuments chronologiquement, ce petit livre revient sur les grands monuments qui constituent l’identité culturelle et historique de notre territoire. On visite le Pont du Gard, les hospices de Beaune, le château de Chantilly et celui de Vaux-le-Vicomte, Versailles, le Palais Garnier, la Tour Eiffel et le Centre Pompidou pour n’en citer que quelques uns. Comme cette collection l’oblige, l’auteur allie histoire, architecture et anecdotes, rendant passionnant ces monuments. Incontournable avant une visite, pour donner envie aux petits curieux de suivre ses parents lors d’une visite culturelle !

 

 

 


 

 

L’Univers, textes de David Wilgenbus et Mathieu Hirtzig, illustrations de Francis Gardiol, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2015

concentrés universVous voulez tout savoir sur l’univers ? Ou vos enfants s’intéressent à ce sujet intriguant ? Ce petit concentré est fait pour vous ! En 80 pages, il revient sur la formation de l’univers et tout ce qu’il y a à savoir sur ce sujet – Big Bang, galaxies, supernova, trous noirs, vie dans l’espace, etc. – puis il s’arrête sur les dates clés ayant transformé notre perception de l’univers et des avancées scientifiques sur le sujet. On s’intéresse ensuite aux grands noms s’étant intéressés à cette discipline, comme Galilée, Newton, Einstein ou Gagarine. Enfin, ce concentré nous fait un peu voyager dans l’espace, sur différentes planètes. Un tour complet du sujet, traité de manière ludique et concise, avec de jolies illustrations et une chouette mise en page. Pour tous les férus d’astronomie !

 


 

Paris, textes d’Olivier Bauer, illustrations de Sébastien Telleschi, Nathan, collection Les Concentrés, Paris, 2015

concentrés parisParis… Reconnue comme la plus belle ville du monde, elle fait autant rêver les plus jeunes et les moins jeunes ! Voici de quoi régaler les premiers, qui vont tout apprendre sur cette ville magique. Ce concentré commence par nous donner des informations générales sur cette ville, comme son statut de capitale, les Parisien, la Seine, les quartiers et les jardins. Puis il nous entraîne quelques siècle plus tôt, en revenant sur les dates clés ayant marqué l’histoire de cette grande ville, de la bataille de Lutèce en 52 avant J.-C., à mai 1968 et ses révoltes étudiantes, en passant par le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, l’Exposition Universelle de 1889 et la libération de Paris le 25 août 1944. Ce concentré nous fait ensuite rencontrer les personnalités ayant marqué la vie et l’histoire de Paris, de Sainte-Geneviève, patronne de Paris, à Serge Gainsbourg, en s’intéressant aussi à Victor Hugo, Edith Piaf ou Coco Chanel. Une petite visite de Paris et de ses monuments s’impose alors : nous voilà partis à la Tour Eiffel, sur les places royales, au Panthéon, au Musée du Louvre, à Montmartre, à la Défense, et j’en passe ! Une vision exhaustive de Paris, ville magique s’il en est, à la culture et à l’Histoire foisonnante, adaptée aux enfants qui se régaleront d’anecdotes et d’illustrations joliment réalisées.

Toutelaculture.com, le meilleur de la culture à Paris de Bérénice Clerc et Yaël Hirsch, illustré par Vaïnui de Castelbajac

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Bérénice Clerc, Yaël Hirsch, Vaïnui de Castelbajac (illustrations), toutelaculture.com, le meilleur de la culture à Paris, Les Guides du Chêne, éditions du Chêne, Paris, 2013

toutelaculture.comPeut-être ne connaissez-vous pas le site web toutelaculture.com, ce qui est une grave erreur… pour les parisiens, tout au moins ! Ce site regorge d’informations, de dossiers, d’idées pour bouger à Paris. Et bien, réjouissez-vous, un guide papier paru aux éditions du Chêne vient de paraître, avec tout plein de bonnes adresses à Paris ! Le guide incontournable, à glisser dans un sac, pour savoir quoi faire à chaque instant dans la capitale, qu’on y vive ou qu’on y soit de passage !

Vous l’aurez compris, j’ai été conquise par ce guide. D’abord par son découpage en 10 chapitres, autant de thèmes, de ballades, d’ambiance, selon ce qu’on souhaite découvrir dans la ville. Ainsi, vous trouverez “Paris Babel”, “Les gamins de Paris”, “La nature à Paris”, “La spiritualité à Paris”, “Chiner à Paris”, “Le romantisme à Paris”, “L’Amérique à Paris”, “ La culture publique”, “La culture underground”, et “La nuit à Paris”. En bref, il y en a pour tous les goûts, pour toutes les humeurs et toutes les envies. Chaque chapitre est constitué d’une balade, afin de se laisser simplement guider, d’un carnet d’adresses, d’une rencontre, d’un article pour “creuser ta culture” et enfin des incontournables. C’est attrayant et donne envie de tout faire et tout voir !

Des photos viennent illustrer ce guide, ainsi que de jolis dessins de Vaïnui de Castelbajac, pleins de vie et d’humour. Ce petit guide n’en est que plus agréable à feuilleter ! Un index des lieux par arrondissements vient achever l’ouvrage, le rendant plus abordable encore.

Petit bémol : il n’y a pas de fourchette de prix pour les restaurants, même s’il est parfois précisé que les prix sont plus ou moins abordables. Mais ne vous y trompez pas, il y a beaucoup de bons plans !

Bref, un guide très sympa et très bien conçu, sur une ville que je ne me lasse pas de découvrir. Un très bel objet que je vous conseille à tous, même si vous avez l’impression de déjà bien connaître Paris. Sûr que dès que les beaux jours seront là, je tenterai de nombreuses balades !

Et comme nous le dit si bien le sous-titre de cet ouvrage, “Soyez libre, cultivez-vous !”

Ma note : 5/5

Lune Mauve – La disparue de Marilou Aznar

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Marilou Aznar, Lune Mauve – La disparue, Casterman, Paris, 2013

Lune Mauve de Marilou Aznar

Lune Mauve de Marilou Aznar

Cette lecture fait suite à mes deux journées au Salon du Livre, comme ce fut le cas pour I hunt killers de Barry Lyga. C’est Myriam de Un jour. Un livre. qui m’a parlé de ce livre, me disant qu’il était tout en haut de sa PAL et qu’elle comptait bien se le faire dédicacer par l’auteur au salon. Après ma lecture des trois premiers chapitres, disponibles en ligne, je me suis dit qu’il fallait que je le lise, et la possibilité de me le faire dédicacer m’a poussée à l’acheter directement au salon. Rencontrer Marilou Aznar fut vraiment un très bon moment, et rien que pour cela, craquer et acheter ce roman fut rentabilisé. Mais après avoir achevé la lecture de ce roman en deux jours – c’est décidément mon rythme du moment – je peux vous dire qu’il vaut vraiment le coup !

Séléné n’a pas 16 ans et intègre un lycée très huppé parisien, Darcourt. Originaire de Bretagne, c’est un choc des cultures qu’elle subit. Hébergée par Milou, sa grand-mère, et laissant derrière elle son père, éminent universitaire, à Rennes, elle tente difficilement de trouver ses repères dans ce nouvel environnement. Elle pensait qu’être la cousine de la très huppée Alexia d’Hauterive lui permettrait de s’intégrer, cependant il n’en est rien. Celle-ci l’ignore, voire la snobe et la ridiculise. Mais si Séléné en est touchée, elle n’en montre rien, car elle a un sacré caractère. Avec ses amis Nora et Adrien, elle tente de survivre à la cours d’Alexia, comprenant le très énigmatique Thomas, et ce malgré les rêves en lien avec sa mère, disparue des années plus tôt, et les tableaux qu’elle peignait qui la hantent. Petit à petit, sur fond de drames de lycéens, le mystère s’épaissit… Qui est cette fille aux longs cheveux gris qui la suit et lui suggère de ne se fier à personne ? Qui est le beau Laszlo, qui semble s’intéresser à sa cousine, puis, contre toute attente, à elle ? Pourquoi sa mère s’est volatilisée des années plus tôt ?

C’est un exercice bien difficile que d’écrire cette chronique sans trop en dire… Marilou Aznar nous offre un roman pour jeunes adultes très bien écrit, aux personnages très attachants. Ce n’est pas juste un énième livre de science fiction pour ados, mais un livre qui mêle les ressentis de jeunes lycéens face à la difficulté de s’intégrer, de se faire des amis, face au trouble des sentiments, aux scandales et aux humiliations,  au suicide, à la dépression et à la mort. Elle réussit très bien à rendre compte de cette réalité. D’ailleurs, dans ce lycée très huppé, une jeune fille qui aime beaucoup les ragots n’hésite pas à ouvrir un blog qui calomnie les jeunes du lycée, dans le style de Gossip Girl – ceux qui ont lu les livres ou vu la série comprendront. Ce rendu réaliste des sentiments m’a également fait penser au Monde de Charlie, gros coup de coeur de janvier. Ceci vous montre à quel point j’ai apprécié ce roman !

La partie science-fiction se révèle dans la seconde et troisième partie du roman. Car l’auteur découpe son ouvrage en trois parties, ce qui est très cohérent face aux changements que connaît Séléné. Je ne m’y attarderait pas, ayant trop peur de trop en révéler, mais les liens avec les anciennes civilisations de Babylone ont enchanté l’ancienne étudiante en histoire de l’art et d’archéologie que je suis ! J’ai hâte de lire la suite, afin de découvrir les développements apportés sur ces points.

Les personnages sont pour certains attachants, pour d’autres horripilants, mais tous très bien construits. Séléné, bien entendu, mais également Adrien, Nora, Thomas – personnage plein de surprises mais je n’en dirai pas plus -, Alexia et le très énigmatique Laszlo. Si pendant un temps, j’ai eu peur que l’intrigue tombe dans le très commun triangle amoureux, si présent dans les romans Young Adult, j’ai été rapidement rassurée à ce sujet, et l’intrigue est d’ailleurs déconcertante et complètement inattendue ! Marilou Aznar réussit à nous surprendre, ce qui a dû être un très grand challenge, challenge relevé avec brio !

J’ai particulièrement apprécié que l’intrigue se passe en France… C’est devenu tellement rare, même pour un auteur français.

Je n’en dirai pas plus, j’ai peur d’en avoir déjà trop dit… Certains trouveront que la première partie est un peu longuette, personnellement, je trouve qu’elle est nécessaire pour mettre en place l’intrigue. Le roman est très bien construit, les trois parties structurent bien le récit. Chapeau bas !

A lire absolument !

Ma note : 5/5

La vie rêvée d’Ernesto G. de Jean-Michel Guenassia

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Jean-Michel Guenassia, La vie rêvée d’Ernesto G., Albin Michel, Paris, 2012

Chose promise, chose due ! Voici la critique du dernier roman de Jean-Michel Guenassia. Je vous en avez déjà parlé il y a quelques semaines, dans ma chronique sur son premier roman, Le Club des Incorrigibles Optimistes. Et bien, ce nouveau roman est largement à la hauteur du premier !

Nous suivons Joseph Kaplan sur 100 ans, de 1910 à 2010. Joseph est un médecin juif originaire de Prague qui part à Paris dans les années 30 pour finir ses études. Ses pérégrinations l’amènent à travailler à l’Institut Pasteur à Alger et à vivre la Seconde Guerre dans ce pays qui n’est pas épargné par les tristes événements de cette guerre. Puis c’est le retour à Prague, convaincu par le communisme après les horreurs commises par les nazis. Mais rapidement, il connaîtra les désillusions de ce régime et rencontrera un héros communiste déchu, un certain Ernesto G.

Bref, c’est une traversée dans l’Histoire du siècle dernier au travers d’un héros incroyable, à la hauteur des événements historiques qu’il traverse. Il y a tout dans ce roman : amour, amitiés, Histoire, questionnements existentiels, espoir, désillusions, et j’en passe ! Le tout avec comme fond musical la musique argentine des années 30 sur laquelle Joseph aimait tant danser et qu’il écoutera jusqu’à la fin.

J’en étais convaincue et ça se confirme : Jean-Michel Guenassia est un merveilleux conteur qui nous entraîne dans les tourments de l’Histoire au travers de ceux de Joseph Kaplan, dans un tourbillon de nostolagie. C’est magnifique, c’est un de mes gros coups de coeur littéraires du moment. Surtout qu’on y retrouve certains des personnages secondaires du Club des Incorrigibles Optimistes, ce qui nous permet de mieux les comprendre – et nous donne envie par là même de relire ce roman – et ce qui donne une cohérence incroyable aux deux romans.

Cette phrase du résumé de l’ouvrage reflète parfaitement cette oeuvre : “On retrouve ici toute la puissance romanesque de Jean-Michel Guenassia qui (…) nous entraîne dans la délicate nostalgie des hommes ballottés par l’Histoire, les hommes qui tombent et qui font de cette chute même et de leur désenchantement une oeuvre d’art.”

La vie rêvée d’Ernesto G. vient de remporter le prix Chapitre du roman, après avoir été lauréat du Goncourt des Lycéens en 2010 pour Le Club des Incorrigibles Optimistes. Tout est dit !

Ma note : 5/5

Saga Parisienne, 1942 / 1958 Un balcon sur le Luxembourg, de Gilles Schlesser

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Gilles Schlesser, Saga Parisienne, 1942 / 1958 Un balcon sur le Luxembourg, Parigramme, Paris, 2011.

Voici le premier tome d’une saga qui promet d’être palpitante. On suit la famille Ormen qui compte des membres bien différents en son sein. L’histoire débute en 1942 avec la rafle du Vel d’Hiv. Les Bronstein sont les voisins de Pierre Ormen et de sa femme. Ils possèdent un Picasso, qui disparaît après la rafle qui les mène au Vel d’Hiv puis dans les camps. Pierre est romancier et résistant, son frère Amédée est collabo. On suit cette famille, les enfants de Pierre, le père et la belle-mère de Pierre et Amédée, le fils Bronstein ayant échappé à la rafle, pendant la guerre et après. Paris est également un personnage important de cette histoire familiale, siège de toutes les mésaventures, du succès de Pierre qui cache bien ses pires secrets, à celui de sa fille Marie, violonniste au succès mondial, en passant par Amédée qui n’a aucun respect pour les hommes, par Ariane, la femme de Pierre, et les jumeaux qu’ils ont eus ensemble, par la soeur de Pierre qui a été maltraitée, par l’ambivalente belle-mère… Ça tournoie, on est entraîné dans cette histoire à un rythme effréné, les années passent très vite, et on se retrouve à la fin du livre en 1958 sans l’avoir réalisé… Au terme de la saga, retrouveront-ils le Picasso des Bronstein ?

C’est bien écrit, ça se lit très bien, on est emporté facilement dans cette histoire. Un petit regret : ça va peut-être un peu trop vite pour moi parfois…

Les deux tomes qui viennent compléter la saga, 1959 / 1981 D’une rive à l’autre et 1981 / 2003 Au rendez-vous de l’heure bleue, sont d’ores et déjà disponibles et nous permettent de suivre cette famille jusqu’à nos jours. Une belle chronique familiale au rythme de l’histoire de Paris.

Ma note : 4/5