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La maison de vacances d’Anna Fredriksson

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Anna Fredriksson, La maison de vacances, Denoël, Paris, 2016

la maison de vacancesEn voyant la couverture de ce roman, je me suis dit que ce serait sans doute un roman frais, léger, parfait pour décompresser. Et bien pas tant que ça en définitive puisque l’auteur y traite de sujets délicats : la perte d’un être cher et la question épineuse de l’héritage. Malgré tout, elle parvient à y insuffler une note légère de part son écriture, même si de nombreuses situations m’ont fait crisser des dents.

Eva vient de perdre sa mère, dans des conditions difficiles. Elle s’en occupait depuis des années. Parce que si elle a un frère, Anders, et une sœur, Maja, elle a complètement coupé les ponts avec eux treize ans auparavant. Et il en allait de même pour sa mère. En plus d’être un moment difficile, les obsèques voient la famille réunie, et la question difficile de l’héritage posée : que faire de la maison de vacances de leur mère situé sur une île de l’archipel de Stockholm ? Pour Maja et Anders, il n’y a aucune question à se poser : elle doit être vendue afin que chacun récupère sa part. Eva ne voit pas les choses ainsi : s’étant occupé de sa mère et de la maison pendant des années, étant la seule à s’être rendue dans la maison, la maison doit lui revenir. Et puis, il s’agit quand même de la maison de sa mère : y envisager des inconnus y vivant et profitant des agréments qu’elle offre, c’est tout simplement inconcevable. Parce qu’elle est à bout de nerf, Eva décide de lâcher son boulot de professeur et de se réfugier dans la maison, oublier le reste et profiter des souvenirs qu’elle recèle. Mais Maja et Anders, avec enfants et conjoints, débarquent sur l’île. Eva y voir une intrusion. Maja et Anders leur droit légitime et la nécessité d’arranger la maison avant la vente, qu’Eva n’accepte toujours pas. Les relations sont de plus en plus tendues. Mais si ces quelques semaines au milieu des souvenirs et des non-dits pouvaient finalement panser les blessures et faire avancer cette famille sur le chemin de la réconciliation ?

Ah, les relations familiales ! C’est bien connu, le décès d’un aïeul et les questions d’héritage cristallisent les tensions dans une famille. Et sont sources de conflits. Mais Anna Fredriksson ne traite pas le sujet de cette manière, facile et prévisible. Elle nous dépeint une situation qui, au lieu de diviser une famille qui l’est déjà, ne peut que s’arranger au vu des circonstances. Mais c’est bien loin d’être évident, chacun des protagonistes ayant son lot de défauts et de rancoeurs : Eva est taciturne, solitaire et assez fade, ne voulant pas de compromis et très marquée par la disparition de sa mère ; Maja est assez imbue d’elle-même, n’accepte pas les reproches et veut tout diligenter, et elle en veut beaucoup à sa sœur et à sa mère pour une vieille histoire sans trop d’importance ; Anders est à la botte de Maja, ne veut pas de conflit et vit une vie en apparence rêvée mais qui ne l’est peut-être pas tant que cela. Et à la lecture de leurs tribulations, on a l’impression qu’ils sont tous un peu dans leur bon droit, mais ils font finalement tous preuve de maladresses.

Eva est assez mollassonne et on a parfois envie de lui dire de se bouger un peu, de dire les choses et de faire évoluer la situation. Et on a très souvent envie d’envoyer balader Maja, un peu trop sûre d’elle-même, énervante à souhait. Et c’est cela qui est très chouette dans cette histoire, on a une distance due à notre position de lecteur qui nous permet d’évaluer la situation et de se rendre compte des avis et actions légitimes des uns et des autres. C’est une histoire universelle, qu’on sera pour la plupart amener à vivre ou qu’on a déjà vécu, de manière directe ou indirecte. Et le constat est notable : la perte de l’être cher et les rancunes accumulées exacerbent les tensions et les émotions et rend ce genre de situation intenable. L’auteur parvient à rendre son récit assez léger de part son écriture, ce qui enlève de la tension à une histoire qui en a déjà assez.

En somme, un roman au thème délicat mais traité de manière sensible par l’auteur, une histoire de famille dont se délecteront tous les amateurs de fresques et tableaux familiaux.

Ma note : 4/5

Traduit du suédois par Lucas Messmer. Paru le 17 mars 2016

Salon du Livre 2013

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Bonsoir à tous !

Je tenais à partager avec vous mon Salon du Livre, ce rendez-vous que j’attends avec impatience tous les ans. Cette année, il a été particulièrement riche. En effet, je n’ai pas pu m’empêcher d’y aller deux jours, j’y ai fait de belles rencontres et de jolies acquisitions, que je tiens à partager avec vous. J’ai pris quelques photos, mais Myriam du blog Un jour. Un livre. a fait plein de petites vidéos pour capter l’ambiance de ce rendez-vous des amoureux des livres, je partagerai le lien vers son montage dès qu’il sera disponible.

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Je vais essayer d’être concise, ce qui ne sera pas une mince affaire ! Je suis arrivée bien chargée au Salon, avec quelques livres sur moi pour me les faire dédicacer. J’ai ainsi eu la chance de rencontrer C. J. Daugherty, l’auteur de la saga Night School, que j’ai chroniqué très récemment (premier tome ici, second tome par ). J’ai ainsi pu constater par moi-même la gentillesse de cette romancière, très disponible pour ses fans, avec toujours un petit mot gentil. En somme, une bien agréable rencontre !

Livres dédicacés au cours du salon

Livres dédicacés au cours du salon

Après cela, je me suis précipitée au stand Albin Michel afin de rencontrer Jean-Michel Guenassia pour faire dédicacer Le club des incorrigibles optimistes et La vie rêvée d’Ernesto G., dont les chroniques sont également disponibles sur le blog. Mis à part le petit incident « Amélie Nothomb », qui est arrivée pour sa dédicace juste au moment où j’allais m’entretenir avec Jean-Michel Guenassia, et où je me suis fait bousculée par un cameraman, une journaliste et des hordes de lecteurs, j’ai également beaucoup aimé m’entretenir avec ce romancier dont j’admire beaucoup les écrits. Très généreux, il prend la peine de s’entretenir quelques minutes avec chacun de ses lecteurs, donc si vous avez l’occasion un jour de le rencontrer, n’hésitez pas !

Enfin, j’ai fait l’acquisition sur le stand Casterman du roman Lune Mauve de Marilou Aznar, dont j’ai lu les premiers chapitres disponibles en ligne (ici), dans le but de me le faire dédicacer. En effet, ces premiers chapitres m’ont donné envie d’en lire plus, alors j’ai profité de l’occasion de rencontrer l’auteure pour faire l’acquisition de ce roman. A nouveau, j’ai passé un très bon moment avec la romancière qui a pris le temps d’écrire un mot de quelques lignes (en mauve, bien sûr, agrémenté d’un petit tampon d’une lune mauve, tout dans le détail !), de discuter avec moi de ma lecture des premiers chapitres. Comme vous vous en doutez, Lune Mauve est tout en haut de ma PAL, qui ressemble après ce week-end de folie à la Tour de Pise ! Marilou Aznar tient également un blog, que je vous invite à visiter !

De très belles rencontres avec des auteurs généreux, que demander de plus ? Et bien, sans rien demander, il y a quand même eu plus ! J’ai fait la connaissance d’autres blogueuses, notamment Justine de Fairy Neverland, Lucie de Lulai Lis et Audrey de LectricePassionnée, et j’ai passé ces deux journées avec Myriam, mon ancienne acolyte de l’Ecole du Louvre, qui m’a presque convaincue de créer ma propre chaîne YouTube… J’ai été ravie de rencontrer d’autres blogueuses passionnées de lecture, j’espère les voir lors de prochaines manifestations !

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J’ai également rencontré des éditeurs charmants et disponibles, à l’écoute des blogueurs, ce que j’ai beaucoup apprécié, à l’heure des polémiques autour de l’intérêt de nos blogs et de partenariats avec les maisons d’édition, ce qui fait très peur à la presse plus classique. Vaste débat, qui d’ailleurs a été abordé au cours du salon, mais dans lequel je ne me lancerai pas ici. Revenons-en à notre sujet : j’ai ainsi rencontré Glenn Tavernec, le directeur de la Collection R de Robert Laffont, qui nous a parlé des prochaines parutions de la collection et nous a donné tout plein de marque-pages de la collection. Sur le stand Pocket Jeunesse, j’ai également fait la connaissance de Marie, qui encourage les blogueurs à partager leurs critiques avec elle, et qui m’a donné envie d’acheter tout son stand… Mais je me suis contrôlée, bien que ma bibliothèque ait été dévalisée entre temps ! Mais j’y reviendrai. Enfin, j’ai été également très bien accueillie sur le stand des éditions du Masque, autour des collections MSK (young adult).

J’ai aussi participé à une conférence sur « Dracula, entre mythe et réalité », sur la grande scène du salon. Le but était de savoir quel lien existe entre le personnage inventé par Bram Stocker et le prince de Roumanie qui a réellement existé. Conférence très intéressante, aux intervenants très au point sur le sujet, une belle leçon d’histoire, un très bon moment en somme.

Et pour finir, j’ai assisté à une reconstitution d’une scène de crime, en direct du stand de J Editions, avec l’intervention de la Gendarmerie Nationale, à l’occasion de la sortie d’un nouveau roman policier de Christian Jack, qui dédicaçait ses romans ensuite.  Cette démonstration était vraiment très intéressante, une initiative vraiment originale pour nous montrer comment une scène de crime est abordée par les forces de l’ordre et les équipes scientifiques. Un petit épisode des Experts en live !

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Deux très belles journées, donc, avec plein de souvenirs et de jolies images dans la tête, et plein de livres à lire ! Parce que, comme vous vous en doutez et comme je l’ai suggéré, j’ai effectué quelques acquisitions lors de ce salon. Pour commencer, Lune Mauve de Marilou Aznar comme je l’ai déjà mentionné, mais aussi I hunt killers de Barry Liga, vendu au salon avec un scellé de preuves, se rapportant à l’enquête en cours de le roman. Je vous reparlerai de ce roman très vite, puisque je l’ai déjà bien entamé, mais je peux déjà vous dire que c’est une belle découverte ! J’ai également fait l’acquisition de Glow de Amy Kathleen Ryan, de Starters de Lissa Price, et enfin d’un guide sur Londres illustré par Pénélope Bagieu, dont je suis une grande fan (je me suis malgré tout débrouillée pour manquer sa séance de dédicaces…). Mais ma visite du salon m’a amenée à vouloir lire tout un tas d’autres roman, que je me suis empêchée d’acheter ! Alors une descente à ma bibliothèque a été nécessaire et j’ai ainsi emprunté de nombreux ouvrages que je n’aurais pas le temps de lire en trois semaines… On va essayer ! J’ai ainsi emprunté Hush Hush de Becca Fitzpatrick, Fantômes d’hiver de Kate Mosse, Incarceron de Catherine Fisher, Tout ce qui brille de Anna Godbersen et Black-Out de Connie Willis.

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Avec tout ça, vous devriez être noyés par de nombreuses chroniques d’ici les prochaines semaines ! Je ne peux que vous incitez à ne pas manquer la prochaine édition de ce salon l’année prochaine, car rien n’aurait pu entacher l’ambiance de deux journées et mon excitation d’être entourée d’autant de romans et de personnes fascinantes, même pas les petits désagréments organisationnels et le prix des titres d’accès !

Night School Héritage de C.J. Daugherty

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C.J. Daugherty, Night School Héritage, Robert Laffont, Collection R, Paris, 2012.

nightschoolheritageMa précédente chronique faisait état de mon avis plus que favorable pour le tome 1 de la saga Night School de C. J. Daugherty. Après ma lecture du tome 2, je peux dès à présent vous dire que cette saga est pleine de promesses !

Attention, cette chronique risque de contenir quelques spoilers, surtout pour ceux qui n’auraient pas lu le premier tome…

Allie s’apprête à entamer un nouveau trimestre au sein de l’école Cimmeria. Si elle avait eu du mal à comprendre la décision de ses parents de l’y inscrire, elle y a à présent trouvé sa place. Son retour succinct chez ses parents lui a permis de comprendre quelques unes des raisons de sa présence au sein de cette institution et des dangers qu’elle va devoir affronter de par son statut particulier. Le retour à Cimmeria est loin d’être de tout repos : si elle y retrouve ses amis – Jo et Rachel, mais surtout Carter et Sylvain – le travail est plus dur que jamais. L’incendie du trimestre dernier a fait des ravages et tout le monde doit mettre la main à la patte ; les cours reprennent et la charge de travail est toujours aussi substantielle ; et surtout, Allie est intégrée à la prestigieuse Night School. Mais quand il paraît évident qu’un espion à la solde de l’intriguant Nathaniel se cache parmi eux, la suspicion est partout : à qui faire confiance ? Pour Allie, le danger est partout et son désir de comprendre les comportements de ses proches, les motivations de Nathaniel et les raisons qui l’amène à la vouloir dans ses rangs vont lui faire vivre un trimestre très mouvementé. Surtout quand les intrigues amoureuses se mêlent au reste…

Ce deuxième tome tient ses promesses : on continue à suivre les aventures d’Allie, et comme elle, on cherche à mettre au clair toutes les zones d’ombre que C. J. Daugherty continue à faire planer sur les motivations de ses personnages. J’aurais aimé avoir plus de réponses… mais le tome 3 ne devrait pas trop tarder, l’attente n’en est que plus excitante… et dure !

Dans ce tome, Allie s’interroge un peu plus longuement sur les motivations de son frère qui a rejoint les rangs de Nathaniel, ce qui manquait un peu au premier tome. Et tout est loin d’être résolu !

Toujours aussi bien écrit, le rythme du livre est enlevé et on suit avec plaisir les péripéties d’Allie, autant amoureuses, amicales, estudiantines, que celles liées au sombre et mystérieux Nathaniel. J’ai trouvé quelques passages un peu “gnan-gnan” où j’avais envie de secouer Allie, et comme je l’avais vu venir dès les premiers chapitres du premier tome, le triangle amoureux Allie-Carter-Sylvain s’est bien mis en place… Mais il faut bien de la romance dans ce type de roman, et je trouve que l’auteur s’en sort haut la main. Ce type d’intrigue amoureuse peut être largement plus “dégoulinant”, C. J. Daugherty n’est pas tombée dans ce travers, elle réussit à nous faire douter autant qu’Allie, sur ce sujet et sur bien d’autres.

Bref, encore un roman que j’ai dévoré en quelques jours, et si la surprise du premier tome est passé, l’attachement que j’éprouve envers les personnages s’en trouve renforcé, c’est pourquoi la fin du tome m’a beaucoup touchée… Mais je n’en dirai pas plus ! Vivement que la Collection R annonce la sortie du tome 3 !

Ma note : 4/5

Night School de C.J. Daugherty

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C.J. Daugherty, Night School, Robert Laffont, Collection R, Paris, 2012.

night-school-t01J’ai attendu très longtemps de lire ce livre, principalement par peur d’être déçue après toutes les critiques élogieuses que j’avais pu lire. Pour ceux qui suivent ma page Facebook, vous aurez noté que j’ai commencé ce roman il y trois jours, je pense que la vitesse à laquelle je l’ai dévoré vous montre à quel point je ne suis pas déçue !

Allie Sheridan est une jeune fille à “problèmes”. Depuis la mystérieuse disparition de son frère, elle enchaîne les arrestations. Quand elle est une nouvelle fois arrêtée après être entrée par effraction dans son lycée, s’en est trop pour ses parents qui ne savent plus quoi faire. Ils décident de l’inscrire dans un internat en dehors de Londres, Cimmeria. Catastrophe pour Allie, elle se retrouve contrainte et forcée de s’installer et trouver sa place dans ce nouvel environnement très différent de ce qu’elle connaît. Mais contre toute attente, elle s’y plaît : elle parvient à se faire des amis, s’habitue facilement au rythme soutenu des études et au règlement bien plus sévère que ce qu’elle a pu connaître jusqu’à présent.

Mais bien rapidement, elle comprend que ses camarades, ses professeurs, et même ses parents, lui cachent des choses. Cimmeria n’est pas ce qu’il paraît et les secrets pullulent à chaque coin de couloir. Et que penser de cette étrange “Night School”, club très select aux rituels très secrets dont les élèves qui y sont recrutés semblent être au centre de tous les mystères de l’école ? Allie va se retrouver au centre de complots et de secrets auxquels elle ne comprend rien, tout en ne sachant à qui se fier…

Ah ! Un roman Young Adult sans vampires, sans loups garous, sans sorciers et qui n’est pas une dystopie ! Et oui, ça existe encore ! J’ai beaucoup aimé l’univers créé par C.J. Daugherty et ses personnages, en premier lieu Allie, mais également le mystérieux Carter, la fragile Jo, le sensuel Sylvain, l’intellectuelle Rachel et la peste Katie. Tous les ingrédients d’un bon roman YA sont là : des amours contrariés, un triangle amoureux, plein de mystères, du danger, des amitiés, et un environnement propice à emporter l’imagination de tout lecteur : un manoir ancien, aux portes et couloirs dérobés, entouré de bois mystérieux… Ces derniers points m’ont procuré des sensations semblables à mes lectures de Harry Potter, ou alors c’est ma formation en histoire de l’art qui me trahit – vivre dans un manoir de plusieurs siècles ne serait pas pour me déplaire !

Si on peut s’attendre à certains événements, l’auteur réussit à nous embarquer dans son histoire, le rythme est soutenu sans être haletant à chaque instant, le roman est bien écrit, la lecture est fluide et très agréable. Que demander de plus ?

La fin ne nous révèle pas tout et laisse présager d’un second tome aux nombreuses révélations. J’espère que certains points laissés dans l’ombre dans ce tome seront élucidés dans le second, sinon ma prochaine critique ne sera peut-être pas aussi dithyrambique… Mais vous le saurez bientôt, puisque Héritage sera ma prochaine lecture ! L’auteur sera présente au Salon du Livre la semaine prochaine, et je tiens tout particulièrement à avoir lu le second tome avant de la rencontrer (quelle bonne excuse pour s’autoriser de plus longs moments de lecture alors qu’une montagne de choses à faire s’accumule autours de vous !).

Pour résumer, je vous conseille chaudement la lecture de ce livre. C’est léger, bien écrit, divertissant, plein de mystères et de secrets qu’ont veut percer avec Allie, bref, c’est addictif !

Ma note : 5/5