Rencontre avec Sarah Vaughan

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A l’occasion de la sortie française de son dernier roman, j’ai eu la grande chance de rencontrer Sarah Vaughan, l’auteur de La meilleure d’entre nous et de La ferme du bout du monde (qui vient donc de paraître), tous deux parus chez les Editions Préludes. Cette rencontre autour d’un thé et de macarons a été une belle opportunité et un très beau moment de partages. Sarah Vaughan est à l’image de ses romans : d’une générosité sans faille, ouverte, disponible et accueillante. Je la remercie, ainsi qu’Anne Boudart des Editions Préludes, pour ces instants précieux. Je vous propose donc un résumé des échanges avec cet auteur de talent.

la ferme du bout du monde

La ferme au bout du monde

Ce roman a été inspiré par sa mère, son enfance et les souvenirs d’enfance de l’auteur. Elle a souhaité réfléchir à la psychologie féminine et aux répercussions que peuvent avoir les actes passés sur le présent.

Cette ferme au fin fond de la Cornouailles est le personnage le plus important de l’histoire car elle est le témoin de l’Histoire. Cette région attirent alors même qu’elle est extrêmement rude. L’auteur est fascinée par les vieilles architectures, ce qui l’interrogent sur ceux qui les ont habités, y sont passés.

Son intérêt pour l’Histoire et les secrets lui vient de son ancien métier : elle était journaliste. Elle est fondamentalement curieuse.

Ce roman est sans aucun doute le plus difficile qu’elle ait eu à écrire. C’est ce roman qui l’a réellement faite écrivain. Les recherches nécessaires, ainsi que la construction du roman, avec ces incessants allers-retours entre le passé et le présent, en sont la cause. Ce roman est bien plus structuré que La meilleure d’entre nous, plus sophistiqué et travaillé.

 

Les personnages

Si ses personnages sont perdus au début de l’histoire, Sarah Vaughan est motivée pour les faire évoluer. Cela leur crée un challenge qu’elle veut leur voir surmonter. Ils doivent se dépasser. S’il en ressort souvent une emprise négative des hommes, celle-ci est intéressante pour la structure psychologique des personnages qui en deviennent plus sympathiques. Leur quête est plus élaborée et sortir de cette emprise négative est bien plus satisfaisant.

Elle travaille ses personnages de manière à ce que ce soient eux qui lui disent quoi écrire et dictent l’histoire. Si ils sont assez travaillés, cela fonctionne très bien.

Elle s’investit beaucoup dans les personnages et s’y attache. Pour ce roman, il n’a pas été difficile de les laisser prendre leur envol après sa publication. En effet, contrainte de retirer 55.000 mots après 18 mois d’écriture, elle n’était pas mécontente de voir son roman enfin publié ! Elle pense souvent à ses personnages.

 

Cornouailles

Si l’auteur a choisi ce lieu pour situer son histoire, c’est d’abord parce que c’est l’endroit qui la rend le plus heureuse, de manière viscérale.

 

La Seconde Guerre mondiale

Pour l’auteur, la génération qui a vécu ce conflit est bien la dernière à avoir été courageuse. Sa grand-mère et ses voisins n’aimaient pas en parler. Mais de petits détails ressortaient de temps en temps. Par exemple, sa grand-mère n’a pas dormi dans son lit pendant 261 jours à cause des bombardements. Son voisin a été officier pour le DDay. Il est important pour elle de récupérer la parole des anciens avant qu’elle ne disparaisse. L’oubli du passé est bien trop rapide, d’où son souhait de faire revivre le temps d’un roman cette période historique. Elle veut raconter les histoires de personnes auxquelles on ne s’intéresse pas, dont on ne raconte pas le vécu.

 

Inspirations

Certains auteurs l’ont marqué dans sa jeunesse, à commencer par Jane Austen, conseillé par sa mère alors qu’elle n’avait pas pu lire des livres pour enfants comme elle le souhaitait. Ensuite, elle a surtout été inspirée par Daphné du Maurier, Thomas Hardy (Tess d’Unberville), Sebastian Faulks (Birdsong). Ce sont des romans qui révèlent l’intériorité des personnages féminins. D’autres auteurs qui parlent de femmes l’ont aussi marquée : Sarah Waters, Hilary Mantel ou encore Kate Atkinson.

 

Prochain roman

Son prochain roman se passera entre Oxford et Westminster et elle se servira de son expérience journalistique comme inspiration principale. Les lieux sont forts, ce qui n’est pas innocent. Elle envisage de choisir Paris comme lieu d’ancrage de ses personnages dans un prochain roman.

Hâte de lire à nouveau ce merveilleux auteur !

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