Le secret du mari de Liane Moriarty

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Liane Moriarty, Le secret du mari, Albin Michel / Le Livre de Poche, Paris, 2015 / 2016

le secret du mariEn ouvrant Le secret du mari, je ne sais pas bien à quoi je m’attendais, mais pas vraiment à cela. Si j’ai été assez déçue des premières pages, avec un personnage se référant beaucoup à la religion, je me suis finalement laissée happer par le récit. Un livre qui nous montre que tout le monde cache un secret, même tout petit, et que finalement ce sont ces secrets qui nous définissent, et les aléas de la vie qui nous font emprunter un chemin plutôt qu’un autre, entraînant toute une succession d’événements imprévisibles.

Cécilia est la mère parfaite de trois filles, aussi jolies que différentes. Elle tient sa maison de manière exemplaire, participe à la vie communautaire, est présidente de l’association des parents d’élèves, la meilleure représentante des Tupperwares, et a en prime un magnifique mari qui adore leurs filles. Alors qu’une de ses filles s’intéresse au mur de Berlin, dernière lubie en date, elle décide d’aller déterrer du grenier le fragment du mur ramené lors d’un voyage des années plus tôt. A cette occasion, elle tombe sur une lettre écrite par son mari, et qui lui est destiné, mais n’est à ouvrir qu’après sa mort. Que faire ? L’ouvrir ? Respecter le choix de son mari ? Lui en parler ? Le doute l’assaille, et cette lettre la hante… Que peut bien lui cacher son merveilleux et parfait mari ? Nous suivons également Tess, mariée à Will, avec qui elle a un petit garçon. Elle travaille dans une entreprise qu’elle a créé avec Will et sa cousine et meilleure amie, de qui elle est inséparable, Felicity. Or, en ce lundi fatidique, celui où Cécilia qu’elle ne connaît pas encore a trouvé cette lettre, Will et Felicity lui annoncent quelque chose qui contrarie sa vie et la pousse à rejoindre sa mère à Sidney, qui vie dans le communauté de Cécilia. Enfin, Rachel ne s’est jamais remise de l’assassinat de sa fille, près de trente ans auparavant. Alors que son fils lui annonce que sa femme, leur fils et lui déménagent à New-York pour au moins deux ans, son monde s’effondre, son petit-fils étant devenu sa raison de vivre. Et si les secrets de chacun pouvaient bouleverser l’histoire de tous ces hommes et femmes, épouses et maris, pour le meilleur et pour le pire ?

La force de ce roman est sans conteste de lier le destin de ces trois femmes, si différentes les unes des autres. Si Tess restera toujours une pièce rapportée du puzzle, l’auteur parvient à emmêler leurs destins et à une idée commune : un secret peut vite être dévastateur. Mais vaut-il mieux le garder secret, justement, ou le révéler ? C’est bien le dilemme qui va se poser à l’un de nos personnages…

Dans ce roman, le suspens insufflé par l’auteur se lie à un récit plus classique, avec ces trois femmes qui affrontent la vie et ses aléas, ses nouvelles rencontres, ses échecs, ses joies. Liane Moriarty parvient à nous tenir jusqu’à la dernière page, même si l’on comprend très vite les tenants et aboutissants de ce secret – l’auteur nous dévoile certains éléments cruciaux dès la moitié du roman. Mais c’est moins cela qui est important que ce que vont en faire les personnages. Comment vont-ils réagir ? On tourne les pages avec fébrilité pour comprendre, pour savoir ce qu’ils vont advenir, ce qu’ils vont décider : Tess va-t-elle rester à Sidney ? Cécilia va-t-elle ouvrir le lettre ? Et le cas échéant, que fera-t-elle de son contenu ? Le fils de Rachel va-t-il déménager ? Et trouvera-t-on enfin qui a assassiné sa fille ?

C’est un roman qui peut paraître lourd, à l’atmosphère plombante. Et bien, il n’en est rien. L’auteur, en mêlant émotions et quotidien, parvient à prendre un ton assez léger, qui fait la particularité du roman, et qui me rend la tâche compliquée pour en parler ! Ni un roman policier, ni un roman de littérature générale, mais un peu les deux, il tient le lecteur de bout en bout, de par ce secret, oui, ce secret qui nous intrigue, mais aussi par l’humour et les émotions que l’auteur distille dans son récit, bien ficellé et écrit.

Le petit plus, c’est cette ligne en filigrane qui suit le récit, celui de la chute du mur de Berlin qui intrigue tant la jeune Esther. Nous apprenons d’abord de nombreuses choses sur ce mur, mais l’auteur l’utilise de manière métaphorique pour tendre son récit et donner du poids à certains éléments.

Le petit moins, c’est cette religion très présente dans le récit, qui m’a légèrement dérangée. Mais elle ne contrarie pas le récit, j’en conviens tout à fait, et permet souvent de remettre en question cette communauté bien pensante et très moralisatrice, mais pleine de défauts, à commencer par l’égoïsme et la condescendance.

Bienvenue dans une petite communauté aux secrets bien enfouis, qui fait plus ou moins bon à révéler ! Plongez-vous dans un récit qui passionne, qui intrigue, qui surprend !

Ma note : 4/5

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