La Végétarienne de Han Kang

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Han Kang, La Végétarienne, Le Serpent à plumes / Le Livre de Poche, Paris, 2015 / 2016

la végétarienneVoici un roman très différent de ce à quoi je suis habituée, lu dans le cadre du Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Si une certaine poésie se dégage de ce court roman, je n’ai pas réussi à complètement m’immerger dans l’histoire, peut-être trop éloignée de notre culture occidentale.

Yonghye est une femme un peu particulière. Très effacée, elle s’occupe de son mari, comme une épouse se doit de le faire dans la culture sud-coréenne. Mais un jour, elle fait un rêve. Un rêve qui la marque tellement qu’elle en devient végétarienne. Du jour au lendemain, elle vide complètement le réfrigérateur et les placards de toute viande et de tout ce qui peut contenir des protéines animales. Son mari n’y comprend rien et il est complètement perdu, face au virement de cette femme qu’il n’a jamais complètement comprise. Cette quête d’absolu qui guide Yonghye est totale, et ces rêves qui la hantent l’amène à se dépouiller de tout, de ces habits d’abord, puis de la nourriture, qui vont la porter vers la folie et contre la société.

La construction du roman est intéressante, puisqu’on n’entend jamais directement la voix de Yonghye. On écoute d’abord son mari, puis son beau-frère, le mari de sa sœur, qui se prend de fascination pour le corps de Yonghye et sa quête de pureté et de végétal, et enfin de sa sœur, quand Yonghye se rapproche petit à petit de la folie. Et comme ses proches, on comprend mal ce qui anime Yonghye. Comme eux, on ne comprend pas ses rêves, on cherche une motivation sensée à son désir d’être végétarienne, une signification à ses actes qui frôlent toujours plus la folie. L’auteur nous montre ce que peut être de se détacher de la société qui nous entoure, de ses diktats, et nous montre l’importance de la nature. Mais dans le cas de son personnages principal, c’est de la folie pure, et c’est ce qui m’a le plus gênée. Parce qu’au final, je ne me suis attachée à aucun de ses personnages. S’ils sont tous attachants dans leurs fêlures, la culture qui les anime est trop éloignée de la nôtre. On peut croire que ce n’est pas une raison pour ne pas apprécier une histoire, mais ici, entre l’histoire assez particulière et ce point-là, ça n’a pas trop fonctionné pour moi.

Par contre, la plume de l’auteur est très poétique, et le roman reste très agréable à lire. On se perd dans les mots, et certaines situations, si on ne peut y déceler que de la folie, n’en restent pas moins très belles. L’art du beau-frère et sa scénographie restent empreintes de poésie, malgré leurs caractères subversifs. Il est évident qu’il faut appréhender ce roman comme une fable poétique, mais je n’y ai malheureusement pas été sensible.

Ma note : 3/5

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