J’étais là de Gayle Forman

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Gayle Forman, J’étais là, Le Livre de Poche, Paris, 2015

j'étais làJ’ai déjà lu quelques ouvrages de Gayle Forman, dont certains m’ont beaucoup touchés, et d’autres un peu déçus. J’ai du mal à évaluer J’étais là, il est un peu de ces deux sensations : s’il m’a touché, il m’a aussi un peu déçue, peut-être parce que je ne suis pas parvenue à m’attacher au personnage de Cody.

Cody, dix-huit ans, vit un véritable enfer depuis que Meg, sa meilleure amie de toujours, s’est suicidée. Elle ne comprend pas pourquoi elle a bien pu faire cela. A sa connaissance, elle n’était pas dépressive. Alors Cody déraille un peu. Elle ne va plus suivre ses cours à l’université locale, sur laquelle elle s’est rabattue après que ses projets d’étudier à Seattle non loin de Meg sont tombés à l’eau. Elle vit donc auprès de sa mère, qu’elle n’a jamais eu le doit d’appeler maman, sans son père qui a mis les voiles depuis bien longtemps, à essayer de remplir son devoir lors des cérémonies à la mémoire de Meg. Mais c’est difficile, elle est emplie de colère et d’incompréhension. Si Meg allait si mal, pourquoi ne s’est-elle pas tournée vers elle ? Elle sait qu’elle a sa part de responsabilité et elle est dévorée par la culpabilité, surtout auprès des parents de la disparue. Quand ces derniers lui demandent de se rendre dans la ville où étudiait Meg afin de récupérer ses affaires, elle ne peut leur dire non. Et peut-être comprendra-t-elle qui a pu faire souffrir son amie au point de la pousser au suicide.

Gayle Forman s’attaque avec ce livre à un sujet difficile, celui du suicide, et des sentiments auxquels doivent faire face ceux qui restent : colère, culpabilité, impuissance, remords. Et elle ne le fait pas mal du tout, en suivant cette jeune femme, plein de fêlures avant même la disparition de son amie, qui peine à se (re)construire. Sa poursuite d’une vérité pousserait presque à croire qu’elle ne s’est pas suicidée, mais on comprend vite que l’auteur cherche plutôt à aborder la nébuleuse qui entoure l’acte de suicide, une espèce de communauté qui est encourage à passer à l’acte, ce réseau de sites internet qui donnent encouragements, moyens et manières de passer à l’acte. Elle amène une réelle réflexion dans son roman, et même après grâce à un petit texte où elle explique les motivations qui l’ont amenée à écrire sur un tel sujet.

Cependant, trouver un coupable aide-t-il réellement à se remettre d’une disparition ? Peut-être que le plus important dans ce roman, c’est l’acceptation d’un décès, la déculpabilisation, qui amène les proches à accepter de continuer à vivre et à être heureux. Le message est assez fort, mené par une écriture fluide et assez prenante qui embarque très facilement le lecteur.

Malgré tout cela, j’ai été un peu déçue par cette lecture. Si le personnage de Cody se doit de tergiverser,  je trouve que c’est parfois un peu trop appuyée, amenant par là un certain nombre de répétitions : mais pourquoi ne lui a-t-elle rien dit ? Pourquoi Meg a-t-elle effacée certains mails de sa boîte ? etc. Des interrogations légitimes mais un peu trop répétées. Et qui amènent donc quelques longueurs. Il faut peut-être du temps à Cody pour se décider à passer à l’action, mais la suivre faire des ménages pendant des semaines est un peu longuet. J’ai parfois trouvé qu’on tombait dans le misérabilisme : était-il nécessaire que Cody n’ait pas de père, ait une mère absente et frivole, qu’elle n’ait pas pu quitter sa ville et soit obligée de faire des ménages chez des camarades d’école ? Il fallait rendre son personnage un peu plus profond qu’une gamine qui aurait tout eu dans la vie, mais je trouve que c’était un peu trop. Mais peut-être est-ce juste que je n’ai pas réussi à m’attacher à ce personnage, et c’est parfois difficile d’en trouver les raisons.

Pour résumer, le thème difficile du suicide chez les jeunes est bien traité par l’auteur, et rien que pour cela, le roman vaut la peine d’être lu. Pour le reste, il faut faire abstraction des quelques longueurs qui émaillent le livre.

Ma note : 3/5

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