La meilleure d’entre nous de Sarah Vaughan

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Sarah Vaughan, La meilleure d’entre nous, Préludes Editions, Paris, 2015

la meilleure d'entre nousCe roman est extrêmement touchant par les personnages qui y évoluent. C’est une ôde à la gourmandise et aux changements de vie, à la volonté de faire évoluer son quotidien, de dépasser les entraves de nos propres vies. En quelques mots, un roman qui fait du bien !

La chaîne d’alimentation Eaden organise un concours de pâtisserie pour dénicher la nouvelle Mrs Eaden. Cette dernière, décédée il y a peu, a été la compagne du créateur de cette chaîne, son égérie, mais s’est aussi illustrée dans la pâtisserie par la publication de son Art de la pâtisserie publié en 1966 dans lequel elle ne parle pas uniquement de recettes mais aussi des effets de cet art, des beautés qu’il engendre, de la sérénité apportée par la confection de subtiles créations pâtissières. Innovante en son temps, cet ouvrage et son auteur peuvent paraître un peu désuets aujourd’hui, mais pourtant, tous ceux et celles en perte de repères s’y cramponnent.

Un concours, donc, pour devenir la nouvelle Mrs Eaden. Après une première sélection, les cinq candidats en lice devront s’affronter lors de journées banalisées dans les cuisines d’un manoir niché dans la campagne anglaise, durant plusieurs week-ends. Mais la participation à ce concours leur apportera beaucoup plus que ce qu’ils étaient venus chercher.

Le premier point que je souhaite souligner, c’est le caractère attachant des personnages en lice. Tout d’abord, Jenny, la cinquantaine, ses filles parties de la maison, un mari qui la délaisse, elle et ses petits plats, pour sa nouvelle passion, la couse à pied. Ensuite Claire, la plus jeune de la compétition, maman d’une enfant de 9 ans, qui travaille dans un magasin Eaden et qui ne parvient pas à croire que sa mère l’a inscrite au concours et qu’elle a été sélectionnée – ses sentiments oscillent entre colère, fierté et espoir. Karen, elle, prend grand soin de son physique en cachant bon nombre de secrets, qui menacent son entourage. Vicky a délaissé sa carrière d’enseignante pour s’occuper de son fils mais qui ne parvient pas à se contenter de son quotidien et en culpabilise. Enfin, Mike, seul homme de la compétition, a besoin de se prouver qu’il s’occupe bien de ses enfants, notamment par le biais de la cuisine, lui qui est veuf depuis peu.

Chacun d’eux présente des fêlures qui les minent, des faiblesses qui donnent l’ascendant aux conjoints, mères, enfants, ex. Chacun d’eux a bien besoin de défis pour avancer. Pour se relever. Pour continuer. Ce panel de personnages assez varié présente l’avantage de permettre à chaque lecteur de se retrouver un peu dans l’un d’eux ou de s’attacher à l’un plus particulièrement, si ce n’est à tous comme ce fut le cas pour moi.

L’histoire est très chouette, bien que roulant sur la mode actuelle de la cuisine et des concours (Top Chef and co). Si j’avais peur que l’auteur tombe dans les écueils de ces émissions, reste dans la superficialité, j’ai été agréablement surprise : elle dose très justement histoires personnelles et pâtisserie. On ne suit pas chaque étape du concours pour chaque candidat de A à Z, et l’histoire ne se contente pas de les suivre durant ces heures de compétitions. Ce concours n’est qu’un prétexte pour révéler les caractères de ces cinq personnages : on les suit en dehors, durant leurs préparations, on suit leurs combats pour lier leur passion et envie de réussir à leur quotidien.

La pâtisserie comme thérapie, c’est bien cela que propose Sarah Vaughan en retrouvant les petits bonheurs du quotidien. Une petite mise en garde : à la lecture de ce roman, ou vous passerez votre temps dans votre pâtisserie de quartier, ou vous finirez par avoir des hauts le coeur à l’évocation de crèmes, meringues et génoises. Ce fut un peu mon cas ce qui ne m’a absolument pas écoeurée du roman !

J’ai particulièrement apprécié les quelques passages où des moments de la vie de Kathleen Eaden nous sont dévoilés. Ils montrent les fêlures et les échecs de cette dame à qui chacun se réfère et souhaite ressembler, montrant que l’imaginaire et l’absence de connaissances sur une personne que l’on adule ne rend vraiment pas bien compte de la réalité. Elle aussi était “cassée” complexée par ses échecs et désirait surmonter son quotidien.

Pour résumer, une jolie gourmandise que ce succulent petit roman. Un livre qui fait du bien et (re)donne le sourire !

Ma note : 4/5

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