La route du Cap de Jennifer McVeigh

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Jennifer McVeigh, La route du Cap, Editions des Deux Terres / Le Livre de Poche, Paris, 2012 / 2014.

la route du capAvec La route du Cap, je m’attendais à un voyage romanesque palpitant, un peu dans le style de « Out of Africa ». Bien que ne m’étant pas trop fourvoyée, il me reste un arrière-goût d’amertume, un zeste de déception : ce roman ne m’a pas amenée là où je l’espérais… Mais il reste tout de même une belle lecture !

Reprenons du début. L’histoire. Frances est une jeune femme assez aisée vivant à Londres à la fin du XIXe siècle. Son père est assez peu apprécié de la haute bourgeoisie : d’origine irlandaise, il a constitué sa propre fortune seul. Le jour où il disparaît, la jeune femme se retrouve être un poids lourd, à la fois pour sa famille maternelle qui ne veut pas s’encombrer d’une jeune fille qu’ils n’ont fait que tolérer jusque là, et sa tante paternelle, qui vit dans un assez grand dénuement avec ses nombreux enfants à Manchester, lui propose de devenir gouvernante, ce qui ne l’enthousiasme pas beaucoup. Seule alternative : accepter la demande en mariage d’Edwin Matthews, ami de son père qu’elle a toujours méprisé pour son côté hautain et trop sérieux qu’elle lui connaît depuis l’adolescence. Faute d’alternative, la voici embarquée pour un voyage vers l’Afrique du Sud où son fiancé exerce la médecine. Afrique du Sud : pays de tous les possibles, où les mines de diamants ont fleuri, ainsi que l’utilisation d’une main d’oeuvre locale pour le gros oeuvre, à la limite de l’esclavagisme, et où la spéculation bat son plein, le tout orchestré par un seul homme. Mais ceci, évidemment, Frances le découvrira petit à petit. Seul son destin tragique l’occupe, et quant elle rencontre le ténébreux William Westbrook à bord du Cambrian, le bâteau les menant au Cap, son coeur s’emballe : à l’opposé de son promis, ce dernier cherche à faire fortune et ne s’en cache pas, est bon vivant et jovial, aime aller contre les étiquettes, si cela ne lui nuit pas trop. L’arrivée de la jeune femme au Cap, puis ses aventures dans le veld et à Kimberley, la ville minière du pays, lui permettront de grandir et de mettre en perspective ses attentes et la réalité du pays dans lequel la voilà expatriée… Et quand des cas de variole commencent à voir le jour dans la ville minière, menaçant l’industrie minière et les spéculations boursières, Frances devra décider de son avenir…

La première force de ce roman, c’est d’exploiter une histoire peu connue, celle de l’Afrique du Sud dans les années 1880 et l’exploitation de la population locale afin d’enrichir les colons anglais. Il se peut que ce soit tout à fait connu de tous, mais pour ma part, ce roman m’a révélé une facette de l’histoire de ce pays qui m’était inconnue jusqu’à présent (il faut dire qu’à part Nelson Mandela, ma connaissance de cette histoire est bien limitée…). Ce fut vraiment une belle découverte ; l’auteur n’utilise pas de gants pour décrire la misère des plus démunis, les blessures des sud-africains dans les mines, le cauchemar sanitaire, la pauvreté, le clivage des communautés, la convoitise et l’avarice. Les descriptions des paysages du veld sont impressionnantes : très clairement, on y est, on voit ce que l’auteur décrit.

Là où j’ai eu quelques difficultés, c’est au niveau de l’histoire personnelle du personnage principal. Entre la fin du voyage, et donc l’arrivée au Cap, et les mésaventures qui vont se succéder à Kimberley, il se passe bien peu de choses… Comme je l’ai mentionné, les descriptions des paysages sont sublimes, et il n’y a rien à reprocher à la plume de l’auteur, et à celle de sa traductrice, bien au contraire ; mais l’absence d’action m’a légèrement ennuyée, m’attendant à un roman romanesque, avec un grand R. Je pensais que les péripéties seraient multiples, mais au contraire… C’est évidemment un sentiment tout personnel, mais je me suis un peu ennuyée par moment. Je pense que c’est surtout dû au fait que je m’attendais à tout autre chose quand je me suis lancée dans cette lecture.

Maintenant, le final est vraiment intéressant, et même si je me suis doutée que ça finirait ainsi, je me suis laissée prendre dans l’histoire. Les 100 dernières pages sont très entraînantes, et ont rattrapé mon léger ennui des chapitres précédents. J’ai aimé le travail de l’auteur sur la question des faux-semblants, de la confiance, comment savoir qui est fiable, sur quoi l’on se base pour en juger ; les choix de Frances et leurs conséquences seront bien éloquents à ce sujet. Comme l’a dit Olivia de Lamberterie pour Elle à propos de ce roman, “Jennifer McVeigh conjugue avec talent raison et sentiments dans l’Afrique du Sud de la fin du XIXe siècle.” Je ne pourrais être plus d’accord avec cela, tout y est résumé.

Pour conclure, ce roman reste un beau roman agréable à lire, parfait pour de longues vacances et pour déconnecter avec les problèmes du quotidien.

Ma note : 3/5

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