La mort s’invite à Pemberley de P.D. James

Par défaut

P.D. James, La mort s’invite à Pemberley, Fayard / Le Livre de Poche, Paris, 2011 / 2013

la mort s'invite à pemberleyOrgueil et Préjugés de Jane Austen est un des livres que j’affectionne le plus. Alors, rien d’étonnant à ce que j’ai eu une très grande envie de lire ce livre de P.D. James qui reprend les personnages de ce classique pour les mettre en scène dans le genre dans lequel P.D. James excelle : le roman policier. Pari osé, l’auteur était presque certain de se confronter au tollé des “fans” de Jane Austen. Évidemment, ce n’est pas un nouvel Orgueil et Préjugé mais une histoire et un style bien différent et j’ai trouvé que l’auteur s’en était extrêmement bien sorti.

Pour l’histoire, six années se sont écoulées depuis les mariages des deux soeurs Jane et Elizabeth Bennet. Elizabeth vit heureuse avec Darcy à Pemberley House et y organise le bal annuel de Lady Anne, événement phare de la région. Alors que quelques convives sont arrivés à Pemberley la veille du bal, et notamment Jane et Bingley, leur ami Alveston, ainsi que le colonel Fitzwilliam, les occupants du château voient arriver la plus jeune soeur d’Elizabeth et Jane, Lydia, marié à l’infâme Wickham, dans un état impossible. Non reçue à Pemberley, elle comptait s’imposer pour le bal, lorsqu’un événement est venu pertuber son trajet – et ainsi la tranquillité et la félicité des habitants de Pemberley.

P.D. James réussit à reprendre les personnages créés par Jane Austen, avec leurs caractères, leurs détestations, leurs défauts et leurs travers, et à les transposer dans une enquête policière. Rien n’est laissé au hasard, et chaque point est tout à fait conforme à Orgueil et Préjugés. Et nous, lecteurs, retrouvons les personnages qui nous ont fait tant rêver : on admire Elizabeth, qui a perdu sa tendance à juger autrui, on est exaspéré par Lydia et sa propension à tout ramener à elle et à ne pas regarder plus loin que le bout de son nez, on s’impatiente devant la superbe de Wickham, mise tout de même à rude épreuve dans ce roman, on admire et on s’impatiente devant la gentillesse de Jane et Bingley. Et plus que tout, on passe beaucoup de temps à suivre Darcy et à s’intéresser à son cheminement et ses inquiétudes durant cette enquête de tous les dangers, qui pourrait bien mettre à jour certains secrets qu’il ne voudrait pas ébruiter. P.D. James ne fait pas que réutiliser les personnages créés par Jane Austen, elle en introduit de nouveaux, tout à fait cohérent et qui servent tout à fait l’histoire. Et a contrario, tous les protagonistes d’Orgueil et Préjugés ne font pas d’apparition dans ce roman, même s’ils sont tous mentionnés, au moins pour savoir ce qu’il est advenu d’eux (on pense à Mrs Bennet, à Mary et Kitty, Charlotte Lucas, devenue Collins, et à son époux haut en couleurs, ou encore à Lady Catherine de Bourgh).

Quelques petites critiques négatives néanmoins : l’histoire présente un certain nombre de longueurs, et de nombreuses répétitions, notamment dans la retransmission des événements de la nuit du bal qui ont amené la mort à Pemberley. Nous sommes dans une enquête policière, et je ne nie pas qu’avoir tous les éléments en tête ne nous permette de mieux nous y retrouver et de mieux comprendre l’issu du roman, mais je pense que l’auteur aurait pu à certains moments éviter de nous retranscrire à nouveau les mêmes faits de la bouche d’un nouveau protagoniste, ou dans un autre contexte. Mais je vais être honnête, ceci n’a pas tant que cela ralenti ma lecture !

La plume de l’auteur est tout à fait digne d’un roman du XIXe siècle, et Jane Austen elle-même aurait pu en être l’auteur. Ce livre s’inscrit à merveille dans l’époque qu’il dépeint, tant dans le style que dans les événements qui y sont racontés. En effet, on y découvre le système judiciaire anglais de l’époque, mais aussi les guerres napoléoniennes vues d’Outre-Manche, ou encore tout l’attrait du Nouveau Monde.

P.D. James a réussi son pari, sûrement parce qu’elle a conservé un genre qu’elle connaît bien : le policier. On retrouve donc avec grand plaisir M. et Mrs Darcy, et on passe un bon moment dans le Derbyshire, malgré les événements tragiques qui s’y déroulent. Et si votre lecture d’Orgueil et Préjugés est lointaine, une préface vient faire un résumé détaillé des événements marquants, permettant de se lancer dans la lecture de La mort s’invite à Pemberley sans contrainte. Alors, vous n’avez plus d’excuse !

Ma note : 4/5

Publicités

"

  1. Oh ça m’intrigue! J’ai toujours eu un faible pour les histoires contant ce qui se passait après! Bon, je note le titre dans mes tablettes, merci de la chronique 😉

    • Très contente si ma chronique de donne envie de le lire ! Mais comme je l’ai dit, il ne faut pas s’attendre à une suite conforme en tout point à Orgueil et Préjugés, il ne s’agit plus d’histoires d’amour, de rencontres et de mariages… Je ne voudrais pas que tu sois déçue !

      • oh non, je trouve que tu développes bien ce point et ça ne m’ennuie pas de ne pas retrouver une suite « exacte » (de plus, qui n’a pas eu envie en lisant O&P de frapper un des persos ? ^^) Tant que le ton est respecté – ça, ça m’embêterait plus – et d’après ce que tu dis, l’auteur s’est bien accompli de cette tâche 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s